QUANTITÉS
Total général. .
65,50 1,0 il
OBSERVATIONS
(1) Cette quantité représente environ 794,632 hectolitres.
A cette quantité, il faudrait ajouter la production annuelle des raffineries de Nantes, qui doit s'élever, pour cette période, à 10 ou 15 millions de kilogrammes, soit 105,203 hectolitres. — Il faudrait ajouter enfin les introductions par chemin de fer qui atteignent aujourd'hui un chiffre considérable.
Quelques mots sur la carbonisation des os ne seront pas inutiles.
Les os, dégraissés et concassés, sont placés dans des marmites en fonte. Ces marmites superposées sont placées dans des fours
Four à carboniser 1rs os.
Marmites superposn n [>our la carbonisation des os.
dont le foyer A est au niveau du sol. Le noir dos obtenu e?t broyé sous des meules, puis bluté. Il est alors livré, soit en poudre fine pour la clarification des solutions de sucre dans les raffineries, soit en grains pour leur filtration.
Si nous voulons nous rendre un compte très-exact de la composition du noir animal, il nous faut prendre pour base l'analyse de l'os de bœuf par Berzélius ; elle est ainsi représentée :
Cartilage soluble dans l'eau bouillante 33,6
Phosphate de chaux . 6G,4
Carbonate de chaux 3,8
Phosphate de magnésie..
Sels alcalins
On s'explique facilement quelles modifications la carbonisation et le blutage doivent apporter à la composition de l'os.
Voici deux types que l'on peut considérer connue de bonnes moyennes commerciales :
DÉSIGNATION
O ce
SOLl BLES is l'eau.
sd a
l A. MINE et
le de fer.
Cfl .si
b] cf.
ce m Xx c
ïr. ce
— CJ
tâ
ce
iNoir en grain. .
Noir fin (1)....
(l) Si ie noir fin était fabriqué avec la totalité de l'os, il aurait la même
composition que le noir en grain.
Tels sont les noirs vierges. Examinons maintenant les changements qu'ils éprouvent lorsqu'ils ont .été soumis pendant
l'opération du raffinage ou de l'extraction du sucre indigène aux différentes opérations auxquelles ils étaient destines.
Je ne m'occuperai toutd'abord que du noir de clarification.
La clarification s'opère dans une chaudière à double fond, chauffée à La vapeur, en mélangeant à la solution de sucre brut une petite portion de lait de chaux, puis du sang dclibriné qu'on pourrait remplacer par du blanc d'œuf, ainsi que cela a lieu dans certaines raffineries de l'étranger. On élève la température. L'albumine est coagulée. Le caillot, divisé par le noir et la chaux, forme une masse fendillée qui, lavée et pressée, constitue le noir fin, donl
Chaudière à clarifier.
les raffineries de Paris, Marseille, Bordeaux, Nantes, etc., approvisionnent l'agriculture.
Les noirs purs de raffinerie sont de plusieurs qualités : aussi leur prix est-il lui-môme très-variable. Cela tient à la manière de travailler des fabricants. Il y a des raffmeurs, en effet, qui clarifient dans des chaudières où, pour 100 kilog. de sucre, ils jettent deux litres de sang de bœuf et deux ou trois kilog. de noir d'os en poudre. D'autres augmentent la quantité de noir d'os jusqu'à six, sept, huit kilogrammes : cela se faisait surtout il y a une vingtaine d'années. Il en résulte que le noir d'os résidu de raffinerie contient plus ou moins de sang, de sucre, etc., selon les fabriques où on le produit. J'ai vu une raffinerie de Nantes employer une quantité de sang considérable, de telle sorte que le phosphate de chaux était relativement peu abondant dans ses résidus (1), tandis que l'azote y dépassait la dose de 3 p. 100.
Quelquefois, dans le traitement des qualités inférieures de sucre, les raffineurs ont repris le noir ayant déjà servi à une clarification, et l'ont mis de nouveau en contact avec du sirop mélangé de sang et de chaux. La richesse en matière azotée augmentait alors beaucoup, et le phosphate de chaux diminuait proportionnellement. En tout état de cause, le noir ne saurait être employé plus de deux fois, car il perd rapidement sa propriété décolorante: en outre, il devient spongieux, élastique, difficile à laver et à presser. Du reste, les produits sucrés inférieurs étant numériquement moins importants que les autres, un tel résidu de raffinerie n'est entré que par exception dans la masse du noir animal livré pour l'amélioration du sol. Quoi qu'il en soit, et à défaut d'analyse, le cultivateur doit, en achetant un noir, tenir compte du procédé qui a servi à l'obtenir, car, selon ce procédé, l'azote ou l'acide phosphorique sont en quantité plus ou moins considérable dans l'engrais. Mais, ce qu'il doit se bien garder de faire, lui agriculteur, c'est de suivre l'exemple des marchands qui, en vue des mélanges auxquels ils se livrent, accordent un prix de convention à la finesse, au velouté de la teinte, et en général à des caractères extérieurs
[\j ïl p. 100 environ.
260 LEÇONS DE CUlMIE AGRICOLE.
n'ayant aucune utilité réelle pour le consommateur. En un mol, les engrais susceptibles de noircir de grandes quantités de tourbe ont un excédant de valeur commerciale dont l'agriculteur n'a pas à tenir compte.
Tous le voyez, Messieurs, autant de procédés, autant de noirs à composition distincte. Aussi les raffineries de Nantes n'opérant pas dans des conditions identiques, livrent-elles des résidus de clarification différents les uns des autres. Voici des chiffres que j'ai relevés sur mon registre d'analyse et que je crois utile de vous soumettre pour bien fixer vos idées sur ce point :
Tablkau.