NOMS DES OS
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Bœuf fossile des cavernes d'Oreston.
Bœuf fossile (partie spongieuse). ..
Rhinocéros fossile de Sansan (Gers).
traces
Hyène fossile des cavernes de Kirk-
— (partie spongieuse)
Tortue fossile (vertèbres)
L'examen de ces résultats prouve, Messieurs, que dans un os fossile, le tissu organique a été plus ou moins détruit el remplacé par diverses matières minérales distinctes, selon les terrains au sein desquels la fossilisation s'est opérée. La portion subsistante de ce tissu a toutefois conservé ses propriétés caractéristiques ordinaires, et il peut, comme l'osséine fraîche, se transformer facilement en gélatine.
A cette occasion, je rappellerai que les os d'hommes et d'animaux tirés des pyramides d'Egypte, renferment encore, après trois mille ans, tout le tissu cellulaire qui leur est propre (i), et je vous ferai remarquer, Messieurs, pour en terminer avec ces considérations générales sur la fossilisation, que par la nature des substances déposées dans le tissu de l'os ou substituées à sa propre substance, le géologue et le chimiste
(1) Sur la demande de l'Académie d'agriculture, j'ai analysé en 1817 une terre qui, depuis un temps immémorial, donnait d'excellentes récoltes en grain sans avoir jamais été fumée. Elle contenait de petits morceaux d'o«, et en In faisant bouillir pendant longtemps avec de l'eau, j'obtins une dissolution qui précipitait par l'infusion de noix de galle. On a conjecturé d'après cela que le lieu d'où elle provenait avait élé autrefois un champ de bataille. Berzélius. •Traité de chimie.
trouvent des indices du terrain où se sont effectuées les transformations qu'ils étudient.
M. Delesse (1) a établi que les corps organisés fossiles renferment tous une notable proportion d'azote. Divers os de vertèbres fossiles ont été analysés par ce savant. Il a constaté tout d'abord qu'un os humain provenant des catacombes de Paris et dont l'origine remontait à plus d'un siècle, renfermait encore 32,25 millièmes d'azote. Il y en avait seulement 0,89, pour le mégathérinm,0,il, pour le paheotherium du gypse parisien et moins de 0,20 pour les sauriens appartenant à l'époque du lias.
Les dents et les défenses, qui sont plus compactes que les os et généralement protégées par de l'émail, conservent beaucoup mieux leurs matières organiques. Une dent de l'hyène des cavernes contenait 26,95 millièmes d'azote; il y en avait encore 0,84 dans le Bone-bed, qui est en grande partie formé de dents de poissons, et qui se trouve à la partie supérieure du Keuper.
Les défenses conservent moins bien leurs matières organiques que les dents, car dans une défense du Mastodonte du calcaire miocène de Sansan, il y avait seulement 0,56 d'azote.
Les enveloppes calcaires des mollusques appartenant à différentes époques géologiques, ont été également essayées. Leur proportion d'azote varie peu et elle est toujours très-faible. Ainsi, dans les cérites tertiaires, dans les mollusques des faluns, dans les polypiers du terrain Dévonien, dans le rostre des bélemnites, la proportion d azote varie peu et reste inférieure à 0,20.
Mais la science, Messieurs, ne s'est pas bornée à éclairer l'industrie et l'agriculture sur les gisements de phosphates provenant de l'enfouissement des os; elle a fait plus, et il appartenait à la géologie en particulier de démontrer encore une fois la sublime prévoyance de la nature, qui tient en réserve pour les besoins de l'humanité, des trésors inappréciables. A côté des débris fossiles de ces gigantesques reptiles — Yichthyomums et
1 Comptes rendus (te l'Académie des sciences, n. 8. Août 1 800.
le plesiosaurus (1) — que M. Buckland a si bien étudiés dans les dépôts voisins de la série secondaire du globe, ce savant
Ichthyosaurus coinmiiuis.
géologue a découvert, en effet, de véritables excréments fossiles riches en phosphate de chaux. Sous le nom de coprolithes.
Plesiosaurus dolichodeirus.
ils sont aujourd'hui assez bien connus pour qu'il me soit possible d'appeler votre attention sur leur structure et leur composition chimique .
Je dois toutefois, Messieurs, faire ici une réserve. On a souvent confondu et on confond encore, sous le nom générique de coprolithes, des masses noirâtres trouvées dans des couches
(1) 11 y a tant d'espèces de sauriens fossiles, que nous ne pouvons qu'en choisir quelques-uns des plus remarquables pour faire connaître quelles conditions dominaient l'animalité à cette époque où la dusse des reptiles occupait le sommet de l'échelle animale, atteignant souvent des dimensions dont rien riopfirochc parmi ies divers ordres actuels, et qui semblent caractériser le moyen âge de la chronologie géologique qui sépare les formations de transition des formations tertiaires. — Buckland, La géologie et la minéralogie dansleurs rapports avec la théologie naturelle.
DOUZIÈME LEÇON. ili.'i
el dans des conditions identiques, mais dont l'origine n'est probablement pas toujours la même. De là les noms de coprolithes — véritables excréments fossiles, — et de pseudo-coprolithes, — masses phosphatées d'origine vraisemblablement organique, mais ayant subi des modifications souvent nombreuses avant d'affecter la forme des nodules et que nous trouvons fréquemment aujourd'hui. — Examinons tout d'abord les coprolithes proprement dits.
C'est en 1822 que M. Buckland, en explorant la caverne de Kirkdale, dans le Yorkshire, où il découvrit de nombreux ossements fossiles, y trouva aussi des excréments d'hyènes parfaitement reconnaissables et dans lesquels abondait le phosphate de chaux, ainsi que cela est naturel pour les animaux dont la nourriture se compose en partie des ossements qu'ils rongent (!).
Quelque temps après, le 6 février 1829, M. Buckland fit connaître la découverte qu'il avait également faite de nombreux coprolithes — fossiles fœces — provenant du lias du Lyme-regis (Dorsetshire), et la description donnée par ce savant (2) permettait non-seulement de connaître par l'analyse chimique l'origine de la substance coprolithique, mais encore d'étudier, de spécifier môme, en raison de ses formes, le volume et l'intestin des reptiles qui l'avaient produite.
J'avoue, Messieurs, que l'ouvrage si intéressant de M. Buckland, que j'ai en ce moment sous les yeux, rend ma tâche difficile. Je voudrais pouvoir vous relater mille détails cités par ce savant, et je sens néanmoins qu'il me faut borner cette exposition à des données générales. Je laisserai parler M. Buckland lui-môme; voilà ce qu'il dit des coprolithes :
« Au milieu des variations de leur volume et de la multiplicité de leurs formes, les coprolithes offrent l'apparence générale de cailloux oblongs ou de pommes de terre réniformes; leur longueur est ordinairement de 2 à 4 pouces, et leur diamètre de I à 2. On en trouve, mais en petit nombre, qui
(1) Buckland, Reliquiœ Diluvianœy 1823.
(2) Buckland, Transactions de la Société géologique de Londres, 1829, vol. 3, p. 224.
sont beaucoup plus grands et en proportion avec la taille gigantesque des plus grands ichthyosaures ; il yen a de plus petits, qui offrent les mêmes rapports avec de jeunes individus de la même espèce et avec des poissons de petite taille ; leur couleur ordinaire est le gris cendre, parfois mêlé de noir; d'autres fois, ils sont entièrement noirs. Leur substance offre une texture terreuse, compacte, pareille à celle de l'argile durcie, et leur cassure est conchoïdale et luisante ; la coupe de ces excréments arrondis fait voir qu'ils ont été moulés en une lame aplatie et contournée en spirale du centre à la circonférence. Leur extérieur offre la trace des rides et des impressions les plus légères qu'ils ont dù recevoir, alors qu'ils étaient à l'état plastique dans les intestins des animaux vivants.
« Les coprolithes contiennent en abondance, et dispersés irrégulièrement, des écailles et souvent des dents et des os de poissons, qui ont traversé, sans être détruits par la digestion, le tube intestinal tout entier des sauriens, de la môme manière que l'émail des dents et certains fragments d'os, qui n'ont pu être digérés, se retrouvent dans les excréments des hyènes, soit à l'état récent , soit h l'état fossile. »
Et plus loin :
« L'origine de ces fossiles singuliers est suffisamment établie par la fréquence avec laquelle on les rencontre dans la région abdominale des squelettes fossiles d 'ichthyosaures. Un échantillon, donné par le vicomte Golc à la collection géologique de l'université d'Oxford, offre une preuve sans réplique que les coprolithes ne peuvent être considérés comme des matières étrangères accidentellement mises en contact avec les corps organisés fossiles, puisque cette grande masse coprolithique est complètement enfermée dans la cavité que forment la colonne vertébrale et les deux séries droite et gauche des côtes, dont le plus grand nombre a conservé, à pou de chose près, sa position naturelle.
« Dans ces faits, dit en terminant M. Huckland, nous avons rencontré des témoignages qui nous permettent d'affirmer la présence d'arrangements pleins d'utilité et d'admirables compensations jusque dans les organes si périssables, mais en même temps si importants, qui concourent à opérer les fone-
tions digestives. Nous avons pu reconnaître avec certitude la nature de leurs aliments, la forme et la texture de leur canal intestinal ; nous avons pu dessiner leur tube digestif dans les trois formes successives qu'il subit d'une extrémité à l'autre de ba longueur : d'abord, estomac volumineux et prolongé ; puis iléum aplati et contourné en spirale jusqu'à ce qu'il se termine en un cioaque d'où les coprolithes tombaient dans la vase qui donna naissance au lias. Là, ils sont demeurés ensevelis pendant des siècles sans nombre, jusqu'à ce que la main des géologues ait été les arracher aux profondeurs où ils étaient enfouis, pour les appeler à rendre témoignage des événements qui se sont accomplis au fond des mers primitives durant les longues périodes antérieures à l'avénemcnt de l'homme sur la lerre. »
Je dois mentionner également, Messieurs, que les coprolithes des diverses classes d'animaux ne diffèrent pas seulement par leur forme, ils ont aussi des compositions chimiques distinctes. Il y a, sous ce dernier rapport, une très-notable différence entre les coprolithes des mammifères, ceux des ois( ux et ceux des reptiles. En les comparant entre eux, on reconnaît que les coprolithes des mammifères diffèrent peu de ceux des poissons. Dans les coprolithes de reptiles, la quantité de phosphate et de carbonate calcaire paraît moindre; enfin, les coproiithes d'oiseaux sont caractérisés par l'acide urique (1). M. Delesse a reconnu (2) que les principes organiques de ces curieuses substances ont assez bien résisté à la fossilisation, puisque dans un coprolithe du tourtia, il y avait 0,37 d'azote ; il en avait encore 0,33 * p°>ss«ndans un coprolithe de saurien qui était très-ancien et remontait au Muschelkalk.
M. Thompson Herapath (3) a publié les analyses suivantes qui offrent un véritable intérêt :
(lî Alcide d'Orbigny, Paléontologie.
(2) Loc. cttato.
(3) Inc. citaio.
COPROLITHE