C LEÇONS DE CHIMIE
cependant trois oxydes, dont le plus important est celui qu'on désigne ordinairement sous le nom de protoxyde ; 1 oxyde inférieur étant désigné par le nom de sous-oxyde. C’est là une dérogation aux règles de la nomenclature, dérogation dont nous avons déjà
vu plusieurs exemples.
L’argent ne s’oxyde pas à l’air humide; il ne peut s oxyder qu’à la température excessivement élevée que produit la flamme du chalumeau à hydrogène et oxygène.
L’acide azotique dissout l’argent ; l’acide sulfurique ne le dissout que s’il est concentré et bouillant; l’acide chlorhydrique l’attaque à peine. L’acide sulfhydrique le noircit rapidement, en produisant à sa surface du sulfure d’argent. C’est par la presence de l’acide sulfhydrique dans l'air que l’on doit expliquer que les objets en argent s’y noircissent à la longue. On leur rend facilement leur couleur et leur brillant en les frottant avec une toile fine légèrement imbibée d’une dissolution concentrée d’ammo-
L’arrrcnt se ternit lorsqu’on le laisse en contact avec des chlorures alcalins, comme le sel marin, parce qu’il se forme à la surface une pellicule de chlorure d’argent. C’est pour cela qu on doit laver l’intérieur des salières d’argent.
EXTRACTION DE L’ARGENT
489 L’argent métallique est assez rare dans la nature ; on le rencontre cependanten Amérique, au lac Supérieur. Il se trouve ordinairement à l’état de sulfure double d’argent et d arsenic ou de sulfure double d’argent et d’antimoine, et aussi a 1 état de
chlorure, de bromure et d’iodure. . ,,
11 y a deux méthodes pour traiter les minerais , d argent el es consistent toutes deux à faire passer l’argent a 1 état dechlorur nue l’on dissout dans le chlorure de sodium, et a précipiter ensuite l’argent de cette dissolution à l’aide d un métal plus ch o curable. On met ensuite la matière en contact avec ie mercure q“i s’allie à l’argent, et l’on obtient celui-ci comme résidu pai
rlîsHllation de 1 amalgame. . .
Les deux méthodes, dont nous venons d’exposer le pnncip ,
diffèrent par les moyens employés.
490 MO.hodc «.n»e. - U mélhode suivante est appU-
EXTRACTION DE L’ARGENT
guce à Freyberg, en Saxe, sur des minerais assez pauvres et formés de sullure d’argent disséminé au milieu de pyrites de fer mélangées à un peu de pyrites cuivreuses.
Le minerai est d’abord concassé et soumis à un triage qui en sépare, autant que possible, le sulfure de plomb et le sulfure de cuivre. On y ajoute ensuite 10 pour 100 de sel marin, et on grille le mélange dans un four à réverbère. Le soufre des pyrites se transforme par le grillage en acide sulfureux et en acide sulfurique : ce dernier décompose le sel marin et forme du sulfate de soude; quant au chlore du sel marin décomposé, il s’unit à l’argent et forme du chlorure d’argent. Il se produit en môme temps du sulfate de fer et de l’oxyde de fer.
Après le grillage, la masse est pulvérisée et portée à l’amalgamation. Cette opération se fait dans des tonnes où le minerai chloruré, préalablement humecté d’eau, se trouve soumis à l’action décomposante de lames de fer qui précipitent l’argent du
ch orure; 1 argent précipité s’allie au mercure que renferment aussi les tonnes.
Ces tonnes D (fig. 226 et 227), sont mobiles autour d’un axe horizontal porté sur deux tourillons; à leur extrémité se trouve
Fig. 226. - Métallurgie de l’argent {Méthude saxonne).
une route dentée K, qui leur communique le mouvement qu elle reçoit elle-même d’une roue L fixé sur l’arbre F Au lessus de chacune d’elles se trouve un bassin rectangulaire A~ ouvert ù la partie inférieure et se terminant nar 11”,^ goudronnée C, qui peut en conduire le contenu dans la tonne^ -.ette manche relevée et pliée à son extrémité, comme on lovoit
sur la gauche de la figure, sert en même temps à fermer le bassin A.
On met dans les caisses A le minerai chloruré et de l’eau; et après un contact de vingt-quatre heures, qui suffit, grâce à des agitations fréquentes de la masse, à opérer la dissolution du
Lâ
Fig. 227. — Métallurgie de l’argent (Méthode saxonne).
chlorure d’argent dans le chlorure de sodium, on laisse écouler le contenu de chaque caisse dans la tonne correspondante. Après une rotation de deux heures, on arrête chaque tonne et on y Introduit du mercure et du fer en petites rondelles. On met 1 appareil en mouvement pendant vingt heures; le fer réduit d ahord le chlorure d’argent, et l’argent s’allie au mercure. On debonde ensuite les tonnes et on fait écouler leur contenu ans les auges prismatiques li, qui sont au-dessous déliés . ama game va au fond, les boues surnagent et, après un repos e quelque temps, on les fait écouler dans la rigole G, par le conduit F. .. .
L’amalgame recueilli est filtré à travers les sacs de loue qui
laissent passer l’excès de mercure, puis il est distillé. L apparei de distillation se compose de fourneaux en maçonnerie dont chacun porte à sa partie inférieure un tiroir A (fig. 228), roulant
EXTRACTION DE L’ARGENT. 339
sur deS galets, et dans. lequel est disposée une cuvette cylindri-
nf n • GI1f 0n(’G • au miIieu de cette cuvette, qui contient de l’eau qui est refroidie extérieurement par un courant d’eau froide’
es' œtr ies piateauxde « -
en fonte F plonUl ooT en on te I ferment chacun des fourneaux cylindriques Le feu
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L,g. 228. - Distillation de l'amalff|imj d'aigent.
•usieurs fusions à l’air jusqu’à ce qu’il ne contienne ni ” Four 100 de cuivre - il oW r - contienne plus 1 » 750 millièmes llVré au com™rce au t.
4àl . SIetliode américainn a., ri -
=x"Jue’ les minerais sont encore plus pauvres’onV.
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devenu intime, on ajoule une petite ° mélang0
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marin, se transforme en chlorure de cuivre el donne naissance à du sulfate de soude. Le chlorure de cuivre, au contact du sulfure d’argent, donne du sulfure de cuivre et du chlorure d’argent qui se dissout dans l’excès de sel marin. On introduit une première portion de mercure qui, par le piétinement des mules, s’incorpore à la masse et, réagissant à la fois sur le chlore et sur l’argent, donne du chlorure de mercure et de l’amalgame d’argent. Des additions successives de mercure achèvent la transformation qui demande plusieurs mois. Au bout de ce temps, quand l’opération est terminée, on lave à grande eau, les matières salines et terreuses sont entraînées, l’amalgame seul reste. Il est soumis à la distillation dans un appareil analogue à celui que
l’on emploie en Saxe. * ,
492. Usages «le Varient. — L’argent, à 1 état de pure e, es^ trop mou pour pouvoir être employé dans l’industrie. Mais, allie avec le cuivre, il a une densité qui permet de le faire servir a a fabrication des monnaies, des bijoux, des fourchettes et cuillers
de table, de la vaisselle plate, etc. . .
On sait que le titre d’un alliage est le rapport qui existe entre le poids d’argent que contiennent 1000 parties d’alliage et 1000.
Voici les titres des principaux alliages d’argent :
Monnaies d’argent de France
Médailles
Vaisselle et argenterie
Bijoux
(argent 900, cuivre 100).
(argent 950, cuivre 50).
■ 9osull (argent 950, cuivre 50).
(argent 800, cuivre 200).
Comme il serait difficile d’obtenir toujours rigoureusement ces titres la loi accorde une tolérance au-dessous et au-dessus du litre légal. Sa tolérance est de au-dessus et au-dessous pour la monnaie et les médailles, de 5 au-dessous pour la bijouterie, la vaisselle et l’argenterie.
Les objets d’argent doivent tous porter un contrôle posé, pa l’administration après quelle a fait vérifier le titre. Lorsqu une pièce fabriquée par un orfèvre est au-dessous du titre legal, on
la brise pour empêcher sa mise en circulation.
La détermination du titre de l’argent est effectuée dans ce* bureaux d’essai1.