TANNAGE DES PEAUX
emprunté pour cela à l’écorce des chênes réduite en poussière, et spécialement à celle du chêne à crochets. Cette poussière porte le nom de tan.
Les peaux destinées au tannage se divisent en trois catégories : les peaux fraîches, comme celles qui sont vendues par les bouchers, les peaux salées et les peaux desséchées. C’est dans ces deux derniers états que nous arrivent les peaux de l’Amérique. Les peaux de buffles et de bœufs servent à la fabrication des cuirs forts ; celles de vaches, de veaux, de cheval, à la fabrication des cuirs mous; celles de moutons, de chèvres, d’agneaux, de chevreaux, à la fabrication des cuirs minces et flexibles pour gants et maroquins.
o69. On amène les peaux sèches au même état que les peaux fraîches, en les immergeant dans l’eau pendant plusieurs jours, et en les étirant ou en les piétinant. Les peaux fraîches doivent être macérées pendant deux ou trois jours, pour perdre leurs principes solubles, et notamment le sang dont elles sont imprégnées. Celles qui sont destinées à donner des cuirs mous subissent quatre opérations consécutives. La première est celle du pelanage, qui a pour but de disposer les poils et les lambeaux de chair à abandonner facilement la peau. Elle consiste à faire passer successivement les peaux dans quatre ou cinq cuves ( pelain ) contenant un lait de chaux. Le pelanage dure de trois à quatre semaines.
Le pelanage terminé, on procède au débourrage ou épilage, opération qui consiste : 1° à enlever le poil en raclant la peau de haut en bas avec un couteau émoussé, dit couteau rond; 2° à frotter la peau avec une pierre en grès bien unie, de manière à faire disparaître les aspérités qui se trouvent du côté des poils- 3° a nettoyer complètement avec le couteau les deux côtés de la peau jusqu’à ce qu’elle soit bien blanche.
L’épilagese fait plus facilement quand on s’est servi, comme Il a indiqué M. Félix Boudct, delà soude caustique dans le pclamage. v
Les peaux ne sont pas encore suffisamment gonflées pour être soumises au tannage proprement dit. On produit ce gonflement • en les plongeant pendant quinze jours dans des cuves contenant une infusion de tannée (tan épuisé et altéré par un long séjour à i l’air). Cette dissolution, qui est acide et faible/est appelée jusée
Pendant celle opération, les peaux subissent un commencemen de tannage.
Le tannage proprement dit est la dernière opération. Il î lieu dans des fosses en maçonnerie où l’on dispose par couches alternatives les peaux et le tan. Toute la masse est ensuite humectée avec de l’eau déjà chargée de tan. Les fosses remplies renferment en général sept à huit cents peaux, et sont abandonnées à elles-mêmes pendant quatre à huit mois; pendant cet intervalle on ne relève les peaux qu’une seule fois pour mettre celles de dessus en dessous et réciproquement, et pour renouveler le tan.
Au sortir des fosses les cuirs forts ont une consistance spongieuse. On leur donne de la compacité en les martelant.
560. Le tannage des peaux destinées à la confection des cuirs forts est en général le même que celui que nous venons de décrire pour les cuirs mous. Cependant on substitue au pelanage Y échauffe, opération qui consiste à faire subir une légère fermentation putride aux peaux entassées dans une chambre chauffée à 25° environ.
Toutes les peaux ne sont pas tannées par l’écorce de chêne; celles qui sont destinées à la confection des maroquins sont tannées par le sumac; les cuirs de Russie le sont par Y écorce de bouleau.
Les opérations du tannage sont fort longues, comme on a pu le voir par la description que nous venons d’en donner; on a proposé plusieurs modifications destinées à les rendre plus rapides, mais jusqu’ici il n’en est pas dont le succès ait été consacré par l’expérience.
Nous ajouterons enfin qu’on peut rendre les peaux imputrescibles sans avoir recours au tannage : le mégissier et le chamoiseur emploient des peaux rendues imputrescibles par d’autres procédés.
bases organiques.
561. On rencontre dans certains végétaux des princip.es immédiats, qui ont pour caractères distinctifs d’agir sur le tournesol comme les alcalis minéraux, et qui sont capables de neutraliser les acides en donnant naissance à des sels cristallisables. Ils sont, en général, assez peu solubles dans l’eau, mais beaucoup