EXTRACTION DES HUILES VÉGÉTALES
que l’on soumet à l’action de presses hydrauliques horizontales.
On appelle huile d’olive vierge celle qui est fabriquée avec des olives récoltées à la cueillette et non à la gaule, soigneusement triées et portées sous une presse aussitôt après leur réduction en pulpe. L’huile vierge est verdâtre et, malgré son goût de fruit, elle est très-recherchée pour les aliments.
L’huile ordinaire de table s’obtient en délayant dans 1 eau bouillante la pulpe des olives qui ont fourni 1 huile vierge et en la soumettant à la pression. Elle est d une belle couleur jaune, moins agréable au goût que la précédente, et se rancit plus facilement. On l’emploie aussi pour graisser les laines et les machines.
Enfin, l’huile dite huile de recense ou huile lampante , et qui n’est utilisée que dans les savonneries, s’obtient en pressant à nouveau les tourteaux ou grignons non entièrement épurés par les deux pressions précédentes, en les broyant, puis en les faisant chauffer avec de l’eau et les exprimant de nouveau.
655. Extraction «les huiles dites huiles de graines. — Cette extraction se pratique dans le département du Nord sur une très-grande échelle. Aux environs de Lille, on voit un trèsgrand nombre de moulins qui sont, pour la plupart, employés à mettre en mouvement des pilons destinés à concasser les graines et des presses qui en expriment l’huile.
Dans les grandes exploitations, le broyage se pratique au moyen de deux machines distinctes : la première est un laminoir ou concasseur en fonte (fig. 274), alimenté par une trémie en bois a, au fond de laquelle tourne un petit cylindre cannelé, dont la vitesse de rotation est réglée de manière à ne laisser passer qu’une quantité de graines proportionnée .à l’action des cylindres b qui tournent très-lentement. Les graines ainsi concassées sont ensuite portées sous des meules verticales, clla pulpe qu’elles produisent est soumise à une pression énergique. La graine d’œillette, pressée à froid, donne une huile vierge qui peut servir à l’alimentation. Quand on veut sacrifier les qualités culinaires
Fig. ÏVt. — Concasseur des graines oléagineuses.
au rendement, il faut soumettre préalablement la pulpe à une température de 60 à 80° dans des chaufïbirs à vapeur.
Les tourteaux, broyés et pressés de nouveau, donnent une huile de qualité inférieure, appelée huile de rebut.
656. Depuis quelques années, M. Diess a utilisé, pour l’extraction des huiles, 1 action dissolvante que le sulfure de carbone exerce sur elles. Après avoir extrait des graines tout ce qu’elles peuvent donner d’huile par action mécanique, il soumet les tourteaux à l’action du sulfure de carbone qui dissout les corps gras qu’ils contiennent encore. Puis on distille le mélange ; le sulfure de carbone, vu sa grande volatilité, s’évapore complètement et laisse l'huile comme résidu.
657. Épuration «les huiles. — L’emploi de la chaleur a l’inconvénient de fournir des huiles un peu altérées, susceptibles de rancir facilement, et contenant un mucilage, une matière albuminoïde, dont la présence est nuisible à leur emploi dans l’éclairage : les mèches qu’elles alimentent charbonnent.
Pour remédier à cet inconvénient, Thénard a indiqué un excel-
Fig. 275. — Épuration des huiles.
lent moyen d’épuration. Il hat l’huile en présence de 1 1/2 à 3 centièmes d’acide sulfurique. L’acide carbonise le mucilage et le précipite. Le battage se fait dans des tonneaux ou plus avantageusement dans un bac allongé (fig. 275), où la matière est constamment brassée par un agitateur hélicoïdal. L’huile devient d’abord verte ; sa nuance tourne ensuite au brun, et, au bout de vingt-quatre heures, les parties albumineuses et le mucilage carbonisé se déposent. On ajoute, par hectolitre, 25 à 30 litres