‹ Lecoņs de chimie appliquée à l'industrieChapitre 4 sur 295 · CONSTITUTION DES CORPS · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DES CORPS

ment présente les propriétés du corps tout entier. C’est ainsi qu’après avoir réduit en poussière un morceau de sucre on retrouve, dans chacun des grains que l’on a formés, les propriétés caractéristiques du sucre.

La faculté que possèdent les corps de pouvoir être divisés en un certain nombre de parties est désignée sous le nom de divisibilité. On pourrait croire à priori que cette divisibilité est infinie, parce que, quelque petit que soit un corps, on peut encore le supposer par lapensée divisé en un certain nombre départies plus petites que lui. Mais comme on ne saurait expliquer les phénomènes de la chimie en admettant que cette divisibilité soit infinie, on admet, au contraire, qu’au delà d’une certaine limite la matière est indivisible. Les petits corps indivisibles auxquels on arrive ainsi sont désignés sous le nom d’atomes et de molécules ; ils sont réunis entre eux par une force que l’on appelle cohésion.

C’est aux variations de cette force qu’il faut attribuer les différents états de la matière.

5. La matière qui forme tous les corps se présente en effet à nous sous trois états différents, que l’on désigne sous le nom d’états solide, liquide et gazeux. L’eau à l’état de glace est un corps solide, elle coule dans nos fleuves à l’état liquide et se trouve dans l’atmosphère à l’état de gaz ou de vapeur.

Dans les solides (métaux, pierres, etc.) les parties matérielles sont unies de telle sorte qu’on ne peut les séparer sans effort, sans triompher de la cohésion qui les maintient unies entre elles. En vertu de cette force, le corps solide affecte toujours une forme et un volume déterminés qui resteront constants, si une cause extérieure n’intervient pas pour les modifier.

Dans les fluides, qui comprennent les liquides et les gaz, les particules matérielles sont parfaitement mobiles, en sorte qu’on les sépare sans difficulté et qu’abandonnées à elles-mêmes elles glissent facilement Tune sur l’autre. Les liquides et les gaz n’ont pas de forme propre ; ils prennent celle du vase qui les renferme.

Dans les liquides la cohésion est moins forte que dans les solides, mais elle existe encore. Dans les gaz, au contraire, nonseulement les particules ne sont plus réunies par aucune cohésion, mais elles sont dans un état de répulsion permanente; ce qui fait que les gaz tendent sans cesse à augmenter de volume, et que cette tendance se traduit par une force exercée sur les

parois du vase qui les renferme, force que l’on désigne en physique sous le nom de pression ou de force élastique des gaz.

Un corps n’affecte pas exclusivement un des trois états; l’eau nous fournit l’exemple d’un corps pouvant passer successivement de l’un à l’autre, et ses changements d’état correspondent à des variations dans l’intensité de la cohésion. Ces variations sont ordinairement produites parla chaleur.

G. C’est en chauffant les corps solides qu’on arrive à les fondre; c’est en chauffant les liquides qu’on les transforme en fluides aérif'ormes ou vapeurs. Personne n’ignore que la glace fond sous l’influence de la chaleur, et que, sous la même influence, l’eau qui en provient se réduit elle-même en vapeur.

7. Beaucoup de corps solides se dissolvent dans les liquides, comme le sucre se dissout dans l’eau ; les molécules du solide se séparent les unes des autres et se disséminent dans toute la masse du liquide ; cette séparation ne peut se faire que sous une influence contraire à la cohésion et capable d’en triompher. Nous désignerons celle force sous le nom de force dissolvante.

11 y a ici encore absorption de chaleur, et, si le phénomène se produit souvent sans qu’il y ait intervention apparente du calorique, il n’en est pas moins vrai de dire que la fusion du corps nécessite l’absorption d’une certaine quantité de chaleur, qui est empruntée au liquide lui-même. Pour s’en convaincre, il suffit de remarquer que le fait de la dissolution est accompagné d’un abaissement de température. Si l’on mélange, par exemple, parties égales d’azotate d’ammoniaque et d’eau à 10° au-dessus de zéro, le sel se dissout et la température s’abaisse jusqu’à 13° au-dessous de zéro l.

La quantité maximum de substance solide qu’un poids déterminé de. liquide peut dissoudre varie avec la nature du liquide, avec celle du solide, avec la température. Lorsqu’un liquide a dissous d’un corps tout ce qu’il peut en dissoudre, on dit qu’il est saturé. Généralement l’élévation de la température recule la limite de saturation. Il est cependant certaines substances qui sont moins solubles à chaud qu’à froid : ainsi la chaux est plus soluble dans l’eau froide que dans l’eau chaude : le sulfate de soude est plus soluble dans l’eau à 33° que dans l’eau à une température inférieure ou supérieure.

l Pour plus de détails, voir nos Leçons de physique, livre II, ch. ni.

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