CHLORE, SES COMPOSÉS PRINCIPAUX. — APPLICATIONS
CHLORE
Symbole Cl, Équivalent 3o,5.
154. Historique. — Le chlore a été découvert, en 1774 par ' Scheele, qui le prit pour un acide auquel il donna le nomVa- 1 Cl( e marm ou aade muriatique déphlogistiqué. Plus tard, Lavoisier et Bertliollet, se trompant aussi sur sa nature, l’appelèrent acide muriatique oxygéné.^ Mais, en 1811, Gay-Lussac et Thénard i en France, Davy^en Angleterre, démontrèrent que ce corps est un élément; Ampère lui donna le nom de chlore, tiré d’un mot grec qui signifie vert.
ioo. I ropnete* physiques. — Le chlore est un gaz jaune verdâtre, son odeur est très-désagréable. Il provoque la toux et exerce une action très-irritante sur les organes respiratoires St lensité est 2,44. 1 litre de ce gaz pèse 3«y 5. Spirat°lreS’ Sa
H a pu être liquéfié, il est soluble dans l’eau : le maximum
‘ «eue température, , ,Ure“s
• > / de gaz. La dissolution se prépare à l’aide d’un appareil
de Woolf (fig. 86), qui se termine par une éprouvette D remplie d’une dissolution de potasse destinée à absorber i excès de gaz
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l’ig. 86. — Préparation de la solution du chlore.
non dissous. Le premier flacon B est un flacon laveur. Le ballon A renferme les subslances qui doivent produire le chlore.
136. Propriétés chimique s. - Le chlore n’entretient pas la combustion; la flamme d’une bougie que l’on y plonge s étalé, rougit et s’éteint.
Le chlore a peu d’affinité pour l’oxygène ; il peut cependant former avec lui cinq composés peu stables, qui sont : les acides hypochloreux (CIO), chloreux (CIO3), hypochlorique (CIO*), chlo-
ri que (CIO5) et perchlorique (CIO1).
Son affinité pour l'hydrogène est très-puissante; il se combin directement avec lui pour former de l'acide chlorhydrique. A la lumière dilîuse, quelques jours suffisent pour que la combustio
s’effectue. Elle est instantanée à la lumière directe du soleil et se
produit avec détonation. L’expérience peut être faite M Ranger Se la manière suivante; le flacon contenant le mélangé de | clilor et d’hydrogène étant mis à l’ombre, on se place au soleil a une
CHLORE
certaine distance ci, à l’aide d’un miroir, on dirige sur lui un
rtfe esTE.501”65 ! dé,°na'i0n * H°U ‘““ment
Une bougie enflammée, une tige de fer rougie au feu, déterminent aussi la détonation dès qu’on les plonge dans un flacon renfermant le mélange de chlore et d’hydrogène.
celte affinité du chlore pour l’hydrogène est telle que, pour conserver la dissolution aqueuse, il faut la mettre dans des fla-
Inm^rpT-t 0n néglige Cette Précaution, l’action de la
umicre fah combiner le chlore dissous avec l’hydrogène de l’eau et met 1 oxygéné en liberté.
Dar eimX ‘T expliqu®.leP0“«'’- oxydant du chlore. Versons, par exemple, dans une dissolution d'acide sulfureux oueloues
gouttes d’une dissolution de chlore ; l’acide sulfureux est b entô
ÏZ TuTC\1-SMü"qae’ ParCC 5Ue ^compose
eau de la dissolution, s empare de son hydrogène et met en hber e 1 oxygène qui oxyde l'acide sulfureux.ta ferma i™ d acide sulfurique dans cette circonstance peut être n“se en évidence, en versant dans la liqueur quelques gouttes d une disse ut, on d axotate de baryte; il se forme immédiatement un
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rec t em en v e c^ e ^ ^f^3 très'énerSi(Iues et se combine dimoin“ et leph°Sphore> le «>ufre, le fer, le cuivre, l’anti-
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, ëme qu elle se fait avec flamme.
combtett’w. Pl°estea-,rèStne> Pr°ielé dans Ie «
-disent l’effet d^KaT””"' '““"-ésccnts et pro-
• Jf.r8'..P°1UVoir '^colorant et désinfectant du chlore
•olorant0 SU’o'1”0 P°‘,'1 I’llydr0gène cM’liquc son pouvoir dé- .Olorant. S. 1 on verso du chlore eu dissolution dans unc lein-
ture végétale (tournesol, campôclie, bois rouge, etc.), elle perd bientôt sa couleur. Les matières végétales se composent essentiellement de trois ou quatre principes : l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote ; dès que le chlore vient à enlever l’un d’eux, l’hydrogène, la matière végétale se trouve détruite et perd sa couleur.
Nous verrons plus loin ces propriétés décolorantes appliquées au blanchiment du lin et du coton.
On explique de la même manière le pouvoir désinfectant du chlore. Ce gaz agit sur les miasmes putrides d’origine organique répandus au milieu de l’air, et les détruit en s’emparant de leur hydrogène.
139. aBréparation. — 1° Par le bioxyde de manganèse et l'acide chlorhydrique. On met dans un ballon du bioxyde de manganèse et de l’acide chlorhydrique. Le chlore de l’acide chlorhydrique peut être considéré comme divisé en deux parties. La première forme du chlorure de manganèse avec le manganèse du bioxyde, et la seconde se dégage. Quant à l’hydrogène de l’acide chlorhydrique et à l’oxygène du bioxyde, ils se combinent ensemble pour former de l’eau.
MnO2 4- 2HC1 = MnCl + 2110 4- Cl
Bioxyde Acide Chlorure^ Eau. Chlore,
de manganèse. Chlorhydrique, de manganèse.
On se sert pour cette réaction d’un ballon D (fig. 87),. qui communique avec un flacon laveur destiné à arrêter l’acide chlorhydrique que le gaz pourrait entraîner. Ce flacon communique avec un tube C rempli de chlorure de calcium, qui sert à dessécher le chlore. Celui-ci ne pouvant être recueilli ni sur l’eau dans laquelle il se dissoudrait, ni sur le mercure qu’il attaquerait ou fait plonger un tube abducteur au fond d’un flacon A. Le chlore chasse graduellement l’air qui est plus léger que lui et finit par remplir tout le flacon. On arrête l’opération lorsque l’atmosphère intérieure a pris la couleur du chlore.
2° Au moyen du sel marin , de l acide sulfw ique et eu toxy e de manganèse. On peut aussi préparer le chlore sans employer directement l’acide chlorhydrique. Si Ion introduit dans le ba Ion D du sel mqrin ou chlorure de sodium, de aci e su ui q et du bioxyde de manganèse, l’oxygène de l’eau que contient
CHLORE
l’acide sulfurique oxyde le sodium du chlorure de sodium, produit de la soude qui se combine à l’acide sulfurique et forme du sulfate de soude. L’hydrogène, provenant de la décomposition
Voici la formule de cette réaction :
NaCl -(- S03,HG
Chlorure Acide
de sodium. sulfurique.
NaO,S03 4- HCl
Sulfate Acide
de soude. chlorhydrique.
. ®“de cWorhydnque une fois formé, la même réaction que précédemment donne lieu au dégagement du chlore ; seulement Je protochlorure de manganèse est transformé par l’acide sulfurique en sulfate de protoxyde de manganèse et laisse dégager son chlore. 6
MnCl S03,H0
Chlorure Acide
de manganèse. sulfurique.
= MnO,S03 -f- uci
Sulfate de protoxyde Acide de manganèse. chlorhydrique,
Te telle sorte que la réaction définitive par la formule suivante :
peut être exprimée
MnO*-f- NaCl -f 2S08,H0 = MnO,SO« -f NaO,S03 4- 2HO 4- ri
Bioxyde Chlorure Acide ^
de de sodium, manganèse.
Acide sulfurique.
Sulfate de protoxyde de manganèse.
Sulfate de soude.
Eau. Chlore
100. Usages fl U chlore. — La principale application du chlore consiste dans le blanchiment des tissus de lin et de coton. Encore ce corps est-il remplacé maintenant par le chlorure de chaux que nous étudierons un peu plus loin, en insistant sui les procédés du blanchiment. 11 sert au blanchiment du, papier ainsi qu’à la fabrication du chlorure de chaux et de l’eau de
javelle.
11 est employé comme désinfectant. Guy ton de Morveau a imaginé un appareil portatif pour faire les fumigations du chlore.
Cet appareil se compose d’un flacon de cristal F (fig. 88), qui contient du bioxyde de manganèse et de l’acide chlorhydrique. Ce flacon est enfermé dans un étui en buis BB, dont le couvercle est traversé par une vis V, qui se termine par une espèce d’étrier, auquel est fixé le bouchon b du flacon en verre. Ce bouchon, au lieu de remplir exactement le goulot cylindrique du flacon l , est conique et sa base supérieure a pour diamètre le diamètre du goulot ; l’autre base est plus petite, de telle sorte que, lorsqu’il est complètement entré dans le goulot de F, celui-ci est fermé ; mais si l’on vient à le soulever en dévissant V, le chlore produit dans F s’échappe par l’espace laissé libre entre lui et le goulot. Des ouvertures oo, pratiquées dans l’étui en buis, laissent sortir
le gaz au dehors. . .
Cet appareil n’est utile que lorsqu’il s’agit d assainir un espace
assez restreint, une chambre, par exemple. Pour des locaux plus vastes, on fait la réaction dans des vases ouverts, terrines ou pots de terre, dans lesquels on place le bioxyde de manganèse et l’acide chlorhydrique.
Du reste, ces fumigations sont souvent remplacées par des aspersions faites avec des dissolutions de chlorure de potasse ou de soude, mais plus ordinairement de chlorure de chaux.
tGl. On désigne, sous ces dénominations qui ne sont pas conformes aux règles de la nomenclature, des mélanges d hypochlorite et de chlorure. Le chlorure de chaux est un mélange d h\-
Fig. 8b. — Appareil de Guyton de Morveau pour les fumigations du chlore.
CIILORURE DE CHAUX. ^33
pochlorite de chaux et de chlorure de calcium; le chlorure de potasse ou eau de javelle , un mélange d’hypochloritc de potasse et de chlorure de potassium ; le chlorure de soude ou liqueur de
Labarraque, un mélange d’hypochlorite de soude et de chlorure de sodium.
Ces composés rendent à l’industrie, à l’hygiène et meme à la médecine les plus grands services ; ils agissent comme agirait le chlore libre pour décolorer et blanchir les tissus, pour désinfecter et détruire les miasmes putrides.
Parmi eux, le chlorure de chaux solide ou en dissolution est le plus important ; c’est de lui seul que nous nous occuperons.