AtUN FABRIQUÉ ])£ TOUTES PIÈCES
1 . Lorsqu^on prépare l'eau forte en décomposant le nitrate de potasse par l'argile (Tom. 1^% kçon 5, pagi 4^)9 on obtient un résida fermé de potasse, d'alumine, de peroxide de fer et de silice, appelé ciment des eaMixfortierSy qu'il suf*fit de i^éduire en petits morceaux 9 d'arroseï^ avec de l'acide sqlfurique trè5*faible,.et de Isûs-
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set' efiSenrir à raîr, puur qu'ensuite, en le lessivant, et faisant concentrer la lessive, on ob-i tieiioe de bel alun.
Le ciment clés eaux fortiers est d'autant plus propre à la {^réparation de Talun, que le fer y est à l'état de peroxide , lequel est difficile à dis* soudre dans l'acide sulfurique.
a. On peut encore, en traitait dans des chaudières de plomb^ par l'acide sulfurique £aiible et chfttid, des argiles qui ont été préalablement grillées pour en suroxider le fer^ lessivant la matière insoluble, et ajoutant du sul&te de potasse ou d'ammoniaque à ia lessive, obtenir de l'alun.
DES ALUNS DU COMMERCt;,
cx)irsii>Éa£S RsiiATivEMEirr a l'art de la teinture.
lliiiun de Rome y que l'on fabrique à ia Tolfa et à la Solfatare, a été de tout temps considéré par les t^nturiers comme le meilleur qu'on puisse employer, car en en faisant usage lorsqu'il s'agit -de teintures délicates, telles que des jaunes de
APPLIQUÉE A LA TEWTURE. a5
gaude sur coton ou sur soie, des cramoisis à la cochenille sur soie, on est certain de réussir, tandis qu'on ne Test pas toujours en faisant usage de tel autre alun da fcommerce. Quelle est la raison de ce résultat? C'est une question qui n'est pas résolue, et je me vois encore ici obligé de renvoya les expériences que j'ai entreprises pour la traiter, à la seconde partie du cours. Quoi qu'il en soit, je vais présenter l'état de la science sur ce point important.
L'opinion la plus ancienne est que l'alun de Home doit sa supériorité à sa pureté , C'est-àdire à ce qu'il est absoluoienl exempt de spUate de fer, ou qu'il n'en contient qu'une extrême petite quantité. Cette opinion a été celle de Fougeroux de Bondaroix, de Macquer, de fier* graann, de Chaptal, de Berthollet, deVauque» lin , de Séguin , de Désormes, de Clément 4 etc. ,^ etc. Mais avant 1806, époque où MM. Tbénard et Roard présentèrent-une belle suite d'échan-^ tillons de laine, de soie et de ligneux teints comparativement avec de l'alup de Rome, de l'alun de Liège, de l'alun français et de l'alun purifié j l'opinion, dont nous parlons ne repo-^ $ait sur aucune expérience instituée dans la vue de la démontrer. Ce qui l'avait rendue très-
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probable à Yauqudin, à Séguin, c'est qu'il ré-> sultait des analyses qu'ils avaient faites des différehs aluns du commerce , que tous avaient la même composition, sauf que les uns, comme 1 alun de Rome, étaient dépourvus de sulfote de fer, ou n'en contenaient qu'une trace , tandis que les autres en contenaient une q wntité 6ensible, mais qui ne dépassait pas ;^ de leur poids, suivant Séguin.
Avant d'exposer une seconde opinion il est bon de revenir sur ce que nous avons dit (pages 9 et lo de cette leçon), au sujet de la forme cubique ou cubo-octaèdre que prend l'alun dans plusieurs circcmstances.
Siefifert, en 1776, parait le premier auteur qui ait traité ex professa de l'alun cubique ; mais ce produit était déjà connu. Siefiert le pré* ,para en mêlant la parties d'alun, i partie de chaux éteinte à l'air ; feisant dissoudre ce mé* lange dans l'eau bouillante, et ËUsant évaporer lentement la liqueur.
Leblanc, et après lui Yauquelin et Berthollet, ont attribué cette forme à une moindre propor-» tion d'acide, ou i une plus fojrte proportion de base que celle qui constitue Talun octaèdre^ et LeblanC; en donnant un moyen de préparer
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lalun cubique , dit que la solution de ce sel , soumise à une trop forte chaleur ou aux chocs de tébulUtion^ se sépare de son excès d'alumine, et ne fournit plus que de Tulun octaèdre.
Peu de temps après que Yauquelin eut publié les analyses qui établissaient l'identité de composition de Talun de Rome et des autres aluns, Hassenfratz fit Tobservation que le pre^ mier cristallisant en cube, il était probable, d'àprès les expériences de Leblanc, que la supé^ riorité de cet alun sur les autres tenait à un exccs de bascy et que Yauquelin pouvait avoir été trompé sur l'origine de la matière qu'il avait examinée sous le nom d'alun de Rome.
M. Darcet) non-seulement a adopté cette opinion , mais il a encore fabriqué en France de grande quaitfités d'alun cubique ou cubo-octaèdre, qu'il regarde comme identique à celui de Rome, parce que, suivant lui, ce dernier, dissous dans l'eau froide, donne une liqueur qui, évaporée spontanément, fournit d'abord des octaèdres, et ensuite des cubes. M. Darcet, en confirmant l'observation de Leblanc sur la décomposition que la solution de l'alun cubique éprouve par une élévation de température qu'il fixe 9 So'* environ, iri^is qui me paraît être
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celle nécessaire pour porter cette solution à Tébullition , explique par là comment les chimistes qui ont trouvé Taluu de Rome identique à Talun octaèdre , peuvent avoir été trompés. En effet, qu'ils aient filtré ime solution d'alun de Rome faite à une température suffisante pour la décomposer, et ils n'auront plus trouvé dans la liqueur que les proportions d'acide sulfurique , de potasse et d'alumine , qui constituent Falun octaèdre.
Enfin, M. Darcet pense qu'on peut remplacer avec avantage l'alun de Rome, non plus comme l'ont dit MM. Vauquelin, Séguin, Désormes, Clément, Thénard et Roard, par de l'alun octaèdre privé de fer, mais par la solution d'alun octaèdre opérée de 3o à 4^% à laquelle on a ajouté^ pour i p. d'alun, o,o3 de scrus-carbonate de soude sec : cette solution est employée depuis long-temps par les teinturiers sur ligneux et âur soie.
Enfin, il est une troisième opinion qui, quoique invraisemblable, doit être rapportée : c'est celle deCuraudau. Il reconnaissait la supériorité de qualité de l'alun de Rome en teinture , d'après sa propre expérience; mais suivant lui elle ne dépendait pas d'un excès de base, par la rai-
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son ) disait-il, que de ce même alun dissous dans de Teau acidulée d'acide sulfurique^ lui avait donné des cristaux doués de toutes les propriétés du meilleur alun de Rome ; il pensait que Talumine , base de ce dernier, provenant d'un terrain volcanique, avait été modifiée dHme manière toute particulière par la chaleur extrême qu'elle avait supportée, et que c'était cette modification qui la rendait si propre à fixer les principes colorans.
Je vais traiter maintenant ' u4. De la manière de distinguer l'alun de Rome des autres aluns, en supposant avec Hassenfratz et M. Darcet, qu'il est identique avec Talun cubique : je dis en supposant, parce que malheureusement je ne saurais affirmer que cette identité existé, n'ayant jamais eu à ma disposition de l'alun de Rome sur l'origine duquel je pusse compter ;
B. De la manière de priver l'alun octaèdre du sqlfate de fer qu'il peut contenir;
C. De la manière de distinguer l'alun octaèdre pur de celui qui contient du sulfate, de fer.
j4. On a pu distinguer, long-temps l'alun de Rome des autres aluns par la couleur rosée de
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la poudre qui le recouvré; mais aujourd'hui ce serait une erreur de croire que tous ceux qui ont oette teinte viennent de .Rome, car plusieurs £sd)ricafis français livrent au commerce des aluns qui en ont l'aspect parce qu'ils les ont co« lorés avec une poussière formée de peroxide de fer et d'alun , ou dé peroxide de fer et d'aluni alumine. Il Êiut donc d'autres caractères que ce^ lui qui est tiré de la couleur ; il est évident^ dV près ce qui précède , que l'on pourra recourir aux deux suivans, toujours en adoptant lama* nière de voir de Hassenfratz et de M. Darcet»
i®^ la forme. Tout alun cubique ou cubooctaèdre pourra être considéré comme alun de ftome : dans le cas où 1 alun serait en morceaut amorphes y on les ferait dissoudre à 4o^ dans feau, puis on exposerait la solution à l'évaporation spontanée, pour voir si elle donnerait des cubes, sinon au commencement, du moins à la fin de l'opération;
1^ Ala décomposition que la solution faite à 4o*> environ, éprouverait par une ébuUition de quelques instansi Alors elle se troublerait en laissant précipiter de l'alu.n alumine , et la !!• queiir filtrée donnerait des cristaux octaèdres. B. Pour purifier l'alun il suffit de le dissoudrie
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ttans I fois et demie son poids d*eau; par le refroidissement on obtient de Talun pur.
M. Seguin a vu i^ qu'en prenant 200 parties d'eau, et y faisant dissoudre à chaud 100 p. d*alun impur, on obtient 72 p. d'alun pur, cristallisé par le refroidissement ;
'iP Qu'en Élisant dissoudre 66 p. d'alun impur dans les eaux-mères précédentes, on ob« tient 60 p. d'alun pur ;
3o Qu'en faisant dissoudre 70 p. d'alun impur dans les eaux-mères précédentes, on obtient 70p. d'alun pur;
4^ Qu'en faisant dissoudre 70 p. d'alun impur dans les eaux«mères précédentes^ on obtient 66 p. d'alun pur;
5^ Qu'en faisant dissoudre 70 p. d'alun irtipiii* dans les eaux-mères précédentes, on obtient Ga p. dalun pur;
6^ Qu'en faisant dissoudre 70 p. d alun dans les eaux-mères précédentes, on obtient 68 p. d'alun qui retient du fer.
Cette purification est fondée sur la force de cristallisation de l'alun d'une part, et d'une autre part sur la faible proportion du sulfate de fer contenue dans l'alun et sa grande solubilité dans Teau.
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C. La présence d'une petite quantité de sulfate de fer danslesalunsoctaèdres^aune si grande influence dans plusieurs opérations dé teinture sursoie et sur ligneux, qu'il est nécessaire que le teinturier sache reconnaître la pureté de ses aluns avant de les employer. Heureuseoient que rien, n'est plus facile.
Après s'être procuré de l'alun parfaitement pur par le procédé précédent, on le dissout dans une quantité suffisante d'eau, et on prépare avec les aluns qu'on veut essayer, autant de dissolutions semblables à la première, quant à la proportion de l'eau ; puis on prend des volumes égaux de chacune d'elles , et on y verse quelques gouttes d'hydrocyanoferrate de potasse; l'alun pur ne change pas, du moins dans la première heure du mélange , tandis que les aluns qui contiennent du sulfate de fer prennent une couleur bleue parce qu'il se forme du bleu de Prusse.
En répétant la même épreuve avec l'infusion de noix de galle, on observe que l'alun pur ne se colore pas, tandis que ceux qui contiennent du fer deviennent bleuâtres ou verdàtres.
Enfin, un très -bon moyen, indiqué par MM. Thénard et Roard, consiste à aluncr.quel-
ques décjgrammes de soie dans les solutions précédentes, en les y laissant plongés 4 heures environ, et à les teindre ensuite dans une infiision de gaude. La soie alunée avec Palun pur se colore en jaune franc, tandis que celle qui l'a été avec de Talun impur prend un jaune plus ou moins olivâtre.
MM. Iliénard et Roard ont esHimé Que Talun de Liège, qui, à l'époque où ils ont travaillé , était le moins estimé dans le commerce, contenait ,iz de sulfate de protoxide de
fer;
Et que l'alun de Rome n'en contenait pas tout à-fait r^«.