‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 2)Chapitre 459 sur 544 · C. SAVON DE SUIF · texte numérisé non relu

C. SAVON DE SUIF

Ce savon est principalement préparé en Angleterre , dans le nord de l'Europe et de l'Amérique,

On peut saponifier le suif par des procédés semblables à ceux que nous venons de décrire.

Je ne doute pas qu'il n'y aurait plusieurs pratiques avantageuses à introduire dans la fabrication du savon. Ainsi, en commençant l'opération à une douce chaleur, en agitant très-souvent la matière, on économiserait, non-seulement du combustible , mais du temps. Il ne me parait pas douteux non plus que les opérations qui ont pour objet de séparer les lessives épuisées de leur alcali , ne soient trop multipliées.

DE DIFFÉRENTES MANIERES DE TROMPER l' ACHE- TEUR DANS LE COMMERCE DES SAVONS.

Celui qui achète un savon peut être trompé de diverses manières ; par exemple :

i^ Le savon aura été mêlé à des corps étrangers , tels que de la craie , de l'argile , des soudes lessivées , du chlorure de sodium , de l'amidon, de la fécule, ou des corps analogues;

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7? Il contiendra une plus grande quantité d'eau que celle que nous avons notée, pour le savon de potasse , le savon marbré et le savon blanc d'huile d'olive ;

3o II contiendra une portion de matière grasse non saponifiée;

4*^ Il aura été préparé avec une matière grasse d'un prix moins élevé que celui de la matière qui lui donne son nom.

Nous allons examiner successivement ces quatre cas.

i^ Il suffit de traiter 5 grammes de savon par Talcool bouillant , jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de résidu, ou , s'il y en a un, qu'il soit épuisé de toute matière soluble.

Si le savon est blanc et pur, la solution est complète ;

Si le savoii est marbré et pur, le résidu n'excède pas o,*'o5.

Dans le cas contraire , le savon aura été sophistiqué; le résidu sera pesé avec soin, puis traité par l'eau froide, pour savoir s'il cède à ce liquide du chlorure de sodium ou quelque sel à base de soude ou de potasse. S'il y est insoluble , on le traitera par l'eau bouillante ; et s'il s'y dissout, on verra si la dissolution devient

bleue avec Tiode, comme le fait Tamidon. Dans le cas où Feau ne le dissoudrait ni à froid ni à chaud /il faudrait le traiter par l'acide hydrochlorique, et voir si, comme la craie, il s'y dissout avec effervescence, etc.

a® Pour déterminer exactement la quantité d'eau contenue dans un savon, il faut, s'il est dur, le couper en petits rubans minces, en peser I gramme , et l'exposer au bain d'huile jusqu'à ce qu'il ne diminue plus de poids. La perte qu'il éprouve représente la quantité d'eau, et l'on voit si elle correspond aux proportions que nous avons données plus haut.

On peut encore déterminer celle-ci en décomposant le savon par l'acide hydrochlorique , quand on s'est assuré d'ailleurs qu'il est entièrement soluble dans l'eau. On fait évaporer la liqueur aqueuse , à laquelle on réunit le lavage des acides gras hydratés ; on pèse le résidu de chlorure de sodium ou de potassium. Enfin on pèse les acides gras. Avec ces données il est aisé de déterminer le poids des acides secs et de la potasse ou de la soude ; en retranchant la somme de ces poids du poids du savon analysé, on a la quantité d'eau que contenait ce dernier.

Nous avons vu que , lorsque la pâte du savon

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marbré est cuite, elle ne contient, saivant M. Darcet, que o,i6 de son poids d'eau. Nous avons TU en outre que , pour le marbrer^ il Êiut que la pâte ait assez de viscosité pour retenir la matière ferrugineuse colorante, autrement cette matière se déposerait , et Ton aurait alors du savon blanc. Il résulte de là que, dans la confec* tion du savon marbré, on ne peut dépasser une certaine proportion d'eau , et l'on admet gêné- - ralement qu'il ne peut guère en tenir plus de o,3o. Il n'en est pas de même du savon blanc ; il peut en absorber une quantité considérable; d'où il suit que celui qui achètera un savon sans l'essayer, courra moins la chance d'être trompé, en prenant du savon marbré qu'en en prenant du blanc.

Les* marchands qui vendent le savon blanc avec une surcharge d'eau , le conservent dans de l'eau saturée de chlorure de sodium. Si l'on plonge dans cette solution du savon blanc , au moment où il sort de sa mise , et qu'on l'y laisse un mois, il pourra éprouver une telle augmentation de poids, que loo parties de savon sec, qui ne devraient retenir que 83,5 d'eau, pèseront 254.

3^ Pour reconnaître si un savon contient une

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matière grasse non saponifiée, on le décompose par l'acide hydrochlorique , on lave les acides gras, on les unit à la baryte, et on traite la matière par Talcool bouillant , après l'avoir épuisée par l'eau bpuillante. L'alcool dissout la matière grasse noi) saponifiée; il est aisé dé la distin* guer d'une petite quantité de savon de baryte , qui s'est dissoute avec elle. La matière grasse non saponifiée doit se fondre à, une douce chaleur^

et ne pas rougir le papier de tournesol humide. 4^ Je ne prétends pas dire qu'il y ait fraude toutes les fois qu'on fait eutrer dans la préparation d'un savon une matière grasse, d'un prix moins élevé que celle qui donne son nom à ce savon ; par la raison que si nous supposon$ un savon formé d'acides stéarique, margarique et oléique, dans des proportions déterminées, provenant d'une matière grasse a, od ne pourrait regarder comme fraudeur celui qui en fabriquerait un identique avec des acides stéarique, mar^ garique et oléique provenant de matières b, Cy dy dont le prix serait moins élevé que celui de la matière a. Mais il est évident qu'il n'en serait plus de même, si le fabricant remplaçant la matière a, par des matières b, Cy dy d'un prix moins élevé qu'elle, £siisait des savons qui

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n'auraient pas les ménies propriétés que cdui de ia matière a.

£n général^ les raatièves qu'on peut employer dans ce dernier cas donnent au savon pli» de mollesse , parce qu'elles soAt abondantes en oléine; et il en est plusieurs, comme les huiles de poisson, let beurre gâté, qtn lui donnent une mauvaise odeur.

Pour reconnaître si un savon est pius mou qu'on autre, il faudra le décomposer par un acide y et prendire le point de fusion des acides gras>. Si leur degré- de fusibilité est le méme^ on sera certain que les deux savons seront également solides, en admettant cependant que leurs parties alcalines soient identiques*

Quant aux savcois qui ont de l'odeur , celles ci est très-propre à faire reconnaître la matière av^c laquelle ils ont été préparés^ Ainsi fodeur d'huile d'olive est sensible dans le savon préparé avec cette huile; le savon de beurre est rccon* naissable à l'odeur de l'acide butiriqve; ie savon d'huile de poisvson a une odeur de cuir ou d'acide phocénique; le savon de suif a l'odeur dé l'acide hircique. Ces odeurs se manifestent surtout, quand on traite, à une douce chaleur, les savons par les acides*

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DEUXIÈME SOUS -DIVISION

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