‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 2)Chapitre 467 sur 544 · PASTEL · texte numérisé non relu

PASTEL

le vais présentôr Textrait des recherd^es que je fis à ce sujet en 1808 et 1,811.

Les feuilles de pastel réduites en pulpe dans un mortier de marbre blanc ^ puis soumises à la presse y donnent un suc trouble et un résidu ligneux.

suc TROUBLE.

Le suc trouble, passé dans un papier, est réduit, i^ en une matière qui reste sur ie filtre, et qui était appelée par les anciens chimistes fécule verte; a^ en un suc transparent*

i^ Fécule verte.

Elle est formée de

Chlorophylle ott viridine, Matière cireuse, Indigotine, Substance azotée.

Lorsqu'on la traite par l'alcool bouillant , les trois premières substances sont en p^irtie dissoutes; par le refroidissement, presque tpute la cire et Jl'indigotine se précipitent, et la cblo* rophylle resté en solution.

APP£fQt7ÉE A LA TEINTURE. 7^

La matière azotée qui est indissoote retient de Findigotine et de la chlorophylle, et est presque toujours mêlée de sels insolubles et de débris ligneux.

!Â^ Suc transparent Il est formé de

Substance azotée coagulable par la chaleur,

Principe colorant bleu uni à un acide qui le rend rouge.

Principe jaune^

Substance azotée soluble dans Feau bouillante, trèsprobablement distincte de la substance azotée coagulable.

Matière gommense ,

Sucre liquide,

Acide organique libre, fize»

Acide acétique libre,

Principe odorant des crucifères,

Principe volatil ayant Todeur de l'osmazome,

Citrate de chaax,

Sulfate de chaux.

Phosphate de chaux.

Phosphate de magnésie , '

Phosphate de fer,

Phosphate de manganèse ,

Acétate d^ammoniaque,

Sulfate de potasse,

nitrate de potasse, * ' Chlorure de potassium.

j8 30* LEÇON BE CHnflE

Lorsqu'on élève la température du sue de 44 à 55^, on sépare la substance azotée coagula^ ble: elle est colorée i® par une portion àxi principe bleu y uni à un principe qui le rend rouge; a° par une portion à\x principe jaune .

Le suc filtré et concentré dépose du citrate de chaux et du sulfate de chaux colorés en rose.

Le suc filtré et mêlé à l'alcool donne

(a). Une solution alcoolique ,

(b). Un résidu insoluble dans Talcooi.

(a). Solution alcoolique. .

Elle donne à la distillation un produit alcoolique contenant

De Tacide acétique »

De Facétate d'ammoniaque.

Le principe odorant des crucifères ,

Le principe volatil ayant l'odeur de i'osmaxome.

Le résidu de la distillation, mêlé à l'eau, précipite une matière dun brun marron, et l'eau retient de Vacide orgor^ nique fixe, du principe jaune, du principe bleu, de la sub^ stance axotée, du chlorure de potassium,

La matière iun brun marron cède à l'eau o,44 de prin^ cipe colorant, d'un (xcide organique fixe, et de substance azo^ tée. Cette solution a toutes les propriétés qu'on a attribuées à celle de VesOradif.

Le résidu de la matière d'un brun marron est réduit par l'alcool :

APPLIQUEE A LA TEINTURE. yg

jo £|i une matière insoluble représentant o,i3 da poids de la matière d'un brun marron , et qui est formée d'un grand excès de substance azotée uni à un peu d'acide et de principes colorans ;

a» En une partie soluble.

La solution de cette partie soluble, concentrée, puis mêlée à l'eau y est réduite en un liquide étvjh rouge brun, et en une êuUière brune qui se sépare sous la forme de pellicules et de flocons, comme Vextracttf oxiginé.

Matière brune {extracdf oxigéné)*

Elle est essentiellement foftnée de substance azotée, de principes colorans, et d'un peu d'acide. L'alcool la partage en deux combinaisons :

L'une insoluble, avec excès de substance azotée;

L'autre soluble, formée de substance azotée et d'un excès de principes colorans et d'acide.

La solution de cette combinaison présente cela de remarquable, qu'elle se concentre sans se troubler; tandis que si on y ajoute de Teau, elle se couvre d'une pellicule et dépose des flocons qu'on a nommés improprement extrac^ tifoxigéné, et qui ne sont autre chose que de la substance azotée unie aux principes colorans et à l'acide. Ce précipité n'est donc point produit par l'oxigénation , du moûts instantanée, d'un prétendu principe extracUfi mais c'est un composé de 3 ou 4 principes, qui se dépose par suite de l'affaiblissement de la force dissolvante du liquide qui le tient en solution, et dont les principes colorans peuvent d'ailleurs avoir été, préalablement à la précipitation, altérés par l'oxigène.

8o 30* LEÇON DE CHIMIE

Liquide Jtun rouge hrun^

hes principes immédiats organiques qui se trooyent dans cette dissolution ne diffèrent de ceux de la matière brune que par leurs proportions respectives : les principes colorans et l'acide prédominent sur la substance asotée.

La grande affinité 4es principes immédiats de ces différentes combinaisons de principes colorans» d'acide ^Mie substance azotée , m'a fait penser que celle qui se trcNive dans le liquide brun pouvait précipiter la gélatine. Cest aussi ce qui a lieu.

Conséquences relatives à ce qu'on a appelé

EXTRACTIF.

Fourcroy ayant remarqué que les extraits végétaux, c'est-à-dire la partie fixe des sucs végétaux ou des solutions aqueuses des écorces, des bois , etc. , provenant des diverses espèces de plante^, présentaient un certain nombre de propriétés communes, les a attribuées à un prin* cipe particulier qu'il a nommé extractif, et qu'il a caractérisé de la manière suivante :

i^ Il ne se trouve jamais isolé dans les végé» taux ; toujours il est uni ou mélangé avec plusieurs substances différentes, et existe dans tou- ^s les parties des plantes , mais spécialement dans les parties colorées solides ;

%^ Il est solide , d'un brun tirant sur le rouge ;

APPLIQUÉE. À LA TEINTURE. 8t

il a une saveur amère, ou acre /ou acerbe^ et toujours acide;

3"^ Il est soluble dans l'eiau ;

4** Il est précipité de leau par le sulfate d'a*^ lumine, Thydrochlorate d*étain, etc.;

5^ Il teint en brun fauve ]a laine, le coton, et le lin alunés;

6® Il se sépare de i'eau en pellicules ou en flocons bruns lorsque sa solution est éraporée : Fourcroy attribue cet effet à l'union de Toxîgène atmosphérique avec l'extractif : Yexiractif oxigéné ainsi prodiiit est insoluble dans l'éau;

7° Il s'oxigène et se précipite lorsqu'on verse du chlore dans sa solution ;

8^ Il donne de l'acétate d'ammoniaque à la distillation.

Ce sont surtout la propriété de teindre les étoffes, celle de devenir brun et insoluble dans l'eau en s'oxigénant^ que Fourcroy a considérées comme les caractères de XeoQtractif.

Si nous appliquons cette manière de voir aux phénomènes quem'a présentés le suc de pastel, et surtout à l'examen de la partie de son suc qui est soluble dans l'alcool , il isera évident que les phénomènes que Fourcroy a attribués à un

8t 30* LEÇM hE CHIMIE

principe tniique, Vextractif, sont du0 à un corn^ posé triple ou quadruple d'une substance azo^ té€y tVun €tcidej et de un ou deux principes co- Ifirans.

En effet, ce composé traité par l'eau et l'alcool se réduit, en dernier résultat, en deux combinaisons, Tune insoluble ou peu soluble dans Teau, formée de principes colorons, d'acide, et d'un exèks de substance azotée; l'autre soluble, forqaée des mêmes principes, mais at^ed excès de principes cohrans et d'acide. Elle a la propriété de précipiter la gélatine.

La chaleur ne coagulant pas la totalité des matières azotées qui peuvent être en dissolution dans l'eau avec des acides ou des alcalis : d'une autre part, la plupart des sucs végétaux dans lesquels on a indiqué l'extractif étant acides, et contenant des principes colorans doués d'une grande affinité pour les substances azotées et les acides , on conçoit bien la nature de Vextractif telle que je viens de l'envisager.

On conçoit la production de pellicules, de flocons, sans l'action de l'oxigène, soit par un m&iblissemeot du dissolvant , soit que par la concentration l'affinité mutuelle des principes immédiats de l'^or/^'iic^ acquérant de l'énergie.

APPI^IQIJEE À hk TEIlirTORE. 81

détëroiiiie la précipitation de leur combinaison mutuelle.

On conçoit enfin la. propriété qu^a Vextractif de teindre les étoffes alunées, de précipiter par le chlore , de donner de l'acétate d'ammoniaque à la distillation.

Qbs,€rvff,tion.

Il ne faut pas croiï^e que jamais Foxigène at'mosphérique ïie putsâe avoir aucune influence sur les sucs ou les infusions des végétaux , et ne puisse donner lieu à la précipitation de queU que matière, surtout lorsqu'on fait évaporer ces liquides ^ chaud ; car il y a deux cas remarqua- I^les* GAI çetta influence s'iei^^rce :

i^ Lofsque des sucs incolores exposés à i'àk développent une matière jaune ;

^^ Lorsque plusieurs infusions de matières colorantes jaunes sont évajpprées à sec , que le résidu est repris par l'eau : le principe colorant f

jaune s'altère alors et passe au roux. Cette alté* ratioA est Je r^^iilt^t de l'actiqn simultan/ie de XçffishpQ et d^ )a chaibi^n

(b). Résidu dû suc de pastel insotuble dans

VaîcooL

Ce résîduy déUyé dans l'eau et filtré, donne on résidu géîaimeux et une solution de couleur brune.

Risidu gélatineux.

Il est formé essenCteHetnent de sulfaU, de phosphate, et d*ttBe petite quantôé 4e air>Ytf^d^ chaux plus ou moins colorés par un peu de matière organique.

Solution 3b ôQuleur brune.

Par la concentration et l'addition «d'une petite quantité d'eau , on en sépare une portion de résidu gélatineux.

La solution est formée de phosphates de chaux, de ma^ gnésie, de/er et de manganèse; de sulfates de chaux et de pùlasse, de nitrate de potasse, d*une matière qui m'a paru gommeuse, de principes colorons jaune et rouge, unis à la substance azotée, que je crois distincte de celle qui se coagule par la chaleur; d'un acide organique dont une partie au moins n'est pas neutralisée par des bases.

PRléPARATIONS DE PASTEL.

Indigo du pastel.

On peut, à la rigueur, préparer de Yindiga avec les feuilles du pastel; mais l'indigotine est en si faible proportion dans ce produit^ ainsi que des expériences que je fis en 1807 et 1809 me l'ont appris^ que je pense qu*on s*est fait

▲PPUQUEE A LA TEJNTUHC 85

illusion , quand on a parlé des avantages qu'il y aurait en France à fabriquer l'indigo avec cette plante, pour remplacer eelul qui nous vhebt des colonies.

Pastel en pains.

Is pastel eu padns^^ doitpomt être confondu avec Vindigo du pastet; car le premier se pré* pare tout simplement de la manière.suivante.:

On fauche le pastel; on lave les feuilles; on^ les fait sécher rapidement au~soleil, en ayant soin de les retourner pour éviter Iw moisissures; on les passe àr un moulin afin de les réduire en une pulpe grossière. On met cette pulpe en tas, que Ton couvre pour éviter qu'ils ne soient mouillés par la pluie. Après i5 jours» on mêle la couche extérieure de chaque tas ayec celles du centre; on en fait des pelotes que l'on sèche ensuite au vent et au soleil. Ces pelotes sont entassées les unes sur les autres; elles éprouvent un commencement de fermentation ; elles dégagent de l'ammoniaque. Si la fermentation est trop lente, on l'augmente par de lé^gers arrosemens. L'opération est achevée quand les pelotes ont perdu leur agrégation.

30* LEÇUH I>B CHIMK

Le pa$tel est employé pour monter les euves è l'indigo dites au pastel ; il agit et comme matière combustible, et parsoo indigotine.

Non-seulement le pastel en pains est employé k cet usage, mais encore le pastel simpleinent dessécbé, et dans ce dentier (»s l'effet de U cuve est plus prompt que quand on emploie le premier.

CHAPITBE m.

DU VOUÈDÈ.

On ïait usage en Normandie , pour monter les cuves au pastel , d'une plante du genre isatis, qui, suivant les uns, est une espèce distincte de Yîsatis tinctoria, tandis que, suivant les autres, elle n'en est qu'une simple variété.

On peut l'employer en pains ou simplement

Sa composition immédiate est la même que celle du pastel, seulement elle m'a donné à l'analyse moins d'indigotine , ce qui est conforme

APPLIQUÉS À LA TEINTCAE. 87

aux observations que Hellot a faites sur sou. usage en teinture.

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