SAVONS A BASE DE POTASSE, OU SAVONS MOUS
SAVON d’âXONGE.
On peut préparer, avec l’axonge et la potasse, un savou pour l’usage de la toilette.
Un savon que j’avais préparé moi-méme, ayant été soumis à la presse, m’a donné :
Eau 18,95
Acides stéarique, margarique et
oléique. 6.5,74. . . 100
Potasse. . . ; t . i5,3i . . . 23, 3o
L’ayant pressé de nouveau il a donné :
Eau h,75
Acides 71,97. * • 100
Potasse. 16,28 . . . 22, 6i
On voit qu’il contenait un excès de potasse
et que cet excès était dissous, du moins en partie, dans l’eau, puisqu’en en séparant une portion de ceiîe-ci par la pression, la quantité de potasse s’est trouvée plus petite dans le savon pressé deux fois.
SAVONS MOUS d’huiles DE GRAINES.
On prépare ces savons avec des huiles de chenevis, de lin, d’œillet, de coîzat, de navette.
Les huiles de chenevis, de caméline, de lin et d’œillet, sont appelées huiles chaudes par les Flamands, et huiles jaunes par les Picards.
Les huiles de colzat et de navette sont appelées par les premiers huiles froides ,, et par les seconds, huiles vertes.
Les épithètes de chaudes et froides , données aux huiles de graines , signifient que les premières ne se figent pas, comme le font les secondes, à la température de zéro environ.
On mélange en général les huiles, de manière qu’en été les huiles froides dominent sur les chaudes, et qu’en hiver le contraire a lieu. La raison en est que y dans le premier cas , le savon serait trop mou, à cause de la prédominance de l’oléate sur le margarate , tandis qu’en hiver, l’abaissement de la température suffit , avec une
faible proportion de margarate, pour donner au savon la consistance convenable.
Dans le nord de la France , on fabrique les savons mous avec ces huiles et la potasse des Yosges ou celle du nord de l’Europe.
On commence par rendre l’alcali caustique, au moyen de la chaux. On peut opérer dans des cuves de pierre calcaire.
On saponifie l’huile dans des chaudières, qui peuvent être en fer battu, ou en briques avec un fond en cuivre. On y verse d’abord la moitié de l’huile environ qu’on veut saponifier et une certaine quantité de lessive. On chauffe jusqu’à l’ébullition ; la matière se gonfle beaucoup et on ajoute peu à peu le reste de l’huile et de la lessive. Lorsque la matière est bien liée , c’est-à-dire homogène et demi- transparente, on concentre le savon pour en séparer l’excès deau. On juge qu’il est cuit , si en en prenant une petite quantité, il se fige dans un certain temps, que la pratique a appris à connaître.
Lorsque le savon a été fait avec une huile jaune, et qu’on veut lui donner une couleur verte, on ajoute, sur la fin de la cuisson, de l’acide sulfo-indigotique.
Enfin on le colore encore, i° avec un mélange
APPLIQUEE A LA TEIWTUilE.
de i partie cle sulfate de protoxi de fer, de ~ partie de noix de galle et de ' partie de bois de eampêche; 20 avec du sulfate de cuivre, etc.
Le savon d’huile de chenevis est d’un brun noir. Aussi Fappelle-t-on savon noir.
Le savon vert ou noir suffisamment concentré, est transvasé au moyen de poches de cuivre jaune, de la chaudière où on l’a cuit, dans des cuves de pierre calcaire, où il se refroidit, et d’où on le tire ensuite, pour le mettre dans des tonneaux.
Les savons mous sont formés de quantités assez variables d’eau, d’acides et de potasse. On en trouve qui contiennent
Chevrcul.
Eau ....
Acid, m.arg.
et oléiq. 44,0
IOO 42,88
IOO 39,2 100
Potasse . .
Ils sont principalement employés pour fouler et dégraisser les étoffes de laine, et quelquefois meme pour le blanchissage du linge sale.
Le savon noir d’huile de chenevis sert particulièrement à dégraisser la laine en èchets; il n’est guère d’usage pour les draps, à cause de la mauvaise odeur qu’il leur communique.
§ IL