‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 3)Chapitre 171 sur 268 · SAVON D’HUILE D’OLIVE · texte numérisé non relu

SAVON D’HUILE D’OLIVE

Le’savonjd’huile d’olive se prépare particulièrement à Marseille.

Il doit avoir la coupe douce > c’est-à-dire , qu’en le coupant au couteau il doit présenter une surface lisse, luisante, non grenue. On ne veut pas qu’il ait la même solidité que le savon de suif; dès lors il ne faut pas qu’il contienne une trop forte proportion de stéarate et de margarate de soude. Or, pour qu’il ait les propriétés qu’on y recherche , il faut avoir égard à la nature des huiles d’olive, qui peuvent être plus ou moins abondantes en stéarines , et à celle des soudes. Toutes les fois qu’on fait usage d’une soude artificielle , celle-ci n’agitque comme soude; lorsqu’on fait au contraire usage de soude naturelle , il peut arriver que l’on fasse à la fois du savon à base de potasse, en même temps

que du savon à base de soude, par la raison qu’il existe des sels de potasse dans les soudes naturelles ; mais parce que le chlorure de sodium décompose les savons à bases de potasse , et que , dans toutes les soudes naturelles ce chlorure existe, il s’ensuit que l’on peut n’ob^ tenir qu’un savon à base de soude avec une soude naturelle, quoique celle-ci contienne de la potasse.

Quoi qu’il en soit, c’est, dit-on, pour prévenir l’effet d’une proportion trop forte de stéarine, ou celui de l’absence de la potasse dans la soude, que l’on est dans l’usage aujourd’hui, à Marseille, d’ajouter aux huiles d’olive qu’on saponifie, ~ au moins d’huiles de graines.

On estime généralement que 100 parties, d’huile d’olive exigent 54 parties de soude brute, représentant 19, 44 de sous-carbonate sec ou 1 1 ,7 de soude pure.

On distingue deux sortes de soude : 1 * là soude alcaline ou douce , contenant de o,33 à o,36 de sous-carbonate, et quelques centièmes seulement de chlorure; a0 la soude salée, qui contient une quantité notable de ce dernier.

Nous allons parler de la fabrication du savon de Marseille, d’après M. Pontet, qui l’a suivie

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sur les lieux memes, avec toute l’attention necessaire pour la décrire en détail dans l’Encyclopédie méthodique.

( a ) On commence par réduire les soudes alcalines ou salées en petits morceaux ; on les mêle avec le tiers ou la moitié de leur poids de chaux caustique, qu’on a préalablement éteinte avec de l’eau.

On traite le mélange avec l’eau, et on obtient

Une première lessive , marquant de 20 à 25°;

Une seconde lessive — 10 à i5°j

Une troisième lessive — 4 à O.

Ces lessives sont recueillies séparément.

Les lessives de soude alcaline ne servent dans la fabrication du savon marbré que pour X empâtage de l’huile, mais elles peuvent servir pour toutes les opérations du savon blanc.

Les lessives de soude alcaline mêlées de soude salée , sont toujours employées au relargage, à la coction, et à la liquidation de la pâte du savon marbré.

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