‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 3)Chapitre 195 sur 268 · USAGES ET PRÉPARATION · texte numérisé non relu

USAGES ET PRÉPARATION

La laque en bâtons a été employée d’abord en nature pour teindre la laine en rouge; on préférait, bien entendu, celle qui avait le plus de rouge dans l’intérieur et qui était à l’extérieur d’un brun noirâtre. Tantôt on la renfermait simplement dans un sac de toile que l’on mettait dans la chaudière ; tantôt on la traitait par l’eau bouillante; celle-ci était séparée par décantation et concentrée à l’air.

Hellot faisait bouillir -gros de racine de grande consolide en poudre par pinte d’eau ; la liqueur

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passée dans un linge était mise, chaude encore, en contact avec la laque pulvérisée et tamisée. Après une digestion de la heures, la liqueur était décantée; il y mêlait de l’eau, puis une très-petite quantité d’une forte solution d’alun. Le mucilage de la consolide se précipitait avec de l’alumine et la couleur de la laque ; il faisait égoutter ces matières sur un filtre, puis il les séchait au soleil. La meilleure laque en bâtons lui donnait J de son poids de précipité.

En 1793, la Compagnie anglaise des Indes orientales envoya en Angleterre , sous le nom de lac-lake ou laque de résine laque , une préparation faite par M. Stéphens. Peu de temps après, on mit dans le commerce, sous le nom de lac-dye , une préparation absolument analogue, faite par M. Turnbulb Le lac-dye ne paraît différer du lac-lake, que parce qu’on apporte plus de soin à le préparer.

Voici deux procédés au moyen desquels on peut faire du lac-dye, tels que je les ai vu pratiquer par une personne qui avait séjourné au Bengale plusieurs années, et qui s’était occupée, avec beaucoup d’intelligence, de la préparation de l’indigo, du lac-dye , etc.

Ier. Après avoir détaché la laque en bâtons

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des bois auxquelles elle est adhérente, on la casse en morceaux dont la grosseur ne doit pas excéder celle du ehenevis. On la lave à l’eau, puis on la met dans une terrine de grès bien cuite, avec deux fois son volume d’eau claire, très-légèrement alcalisée de sous-carbonate de potasse ou de soude. Après avoir laissé macérer les matières pendant la nuit, on frotte le lendemain la laque contre les parois de la terrine avec la main ou une brosse de crin. Lorsque l’eau est bien chargée de couleur, on la décante de dessus le résidu, et on la passe dans un linge clair.

On fait six ou huit traitemens semblables , mais avec de l’eau non alcalisée ; enfin, lorsqu’on a séparé le plus qu’il est possible de matière colorante de la laque, que tous les lavages sont réunis, on les précipite par très-peu d’eau d’alun à 2°. Dès que le précipité est bien déposé, on décante l’eau, et on jette le résidu sur des filtres. Quand il est égoutté , on l’enlève , on le presse après l’avoir enveloppé dans de la toile , puis on le divise en pains carrés , qu’on fait sécher.

2e On met j partie de laque réduite en petits morceaux dans un tonneau , avec L |o parties

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d’eau alcaline marquant £ degré. On agite pendant demi-heure ; puis on laisse les matières réagir pendant 5 heures, en ayant soin de les agiter de temps en temps.

La liqueur bien claire , après un repos d’une heure , est décantée et passée dans un tamis de crin.

On la précipite avec de l’eau d’alun acidulée, marquant 3° ; on agite pendant 5 ou 6 minutes; on laisse reposer, on décante l’eau qui doit être incolore , et on traite le dépôt comme on le fait dans le premier procédé.

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