‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 3)Chapitre 206 sur 268 · DU BOIS JAUNE · texte numérisé non relu

DU BOIS JAUNE

Le bois jaune est celui du morus tinctoria , plante de la famille des orties ; il est originaire du Brésil et des Antilles. Quoiqu’il ne soit employé en grande quantité que depuis quelque temps , cependant il semble qu’il ait été apporté en Angleterre avant 1692; du moins Pommet , dans son Histoire des drogues, imprimée cette année, mentionne- 1— il sous la dénomination de bois jaune , un bois que les Anglais employaient alors en teinture et dans l’ébénisterie ; mais il en ignorait tout-à-fait l’origine.

Le bois jaune est sous la forme de grosses bûches ; il doit être compacte , dense , d’une couleur jaune sans mélange de rouge.

On trouve souvent dans l’intérieur des bûches une matière pulvérulente jaune ou d’un blanc tirant sur la couleur de chair, et une matière ‘rouge dont l’aspect est résineux.

COMPOSITION IMMÉDIATE

J’aurais voulu que mes recherches sur le bois

jaune, ainsi que celles que j’ai commencées sur les autres matières colorantes dont il me reste à parler, m’eussent permis d’établir dès à présent la composition immédiate de chacune d’elles; mais, quoique livré depuis long-temps à ce travail, qui comprend plusieurs points des plus difficiles de la chimie organique, je ne suis point en mesure de donner des conclusions définitives sur ce sujet. Je me bornerai à exposer les résultats principaux de mes observations, ainsi que les questions auxquelles elles conduisent : si mon espoir est fondé, plusieurs de ces dernières seront résolues lorsque je publierai la seconde partie de ce cours, et alors je compléterai autant que possible les aperçus que je vais présenter.

Lorsqu’on fait concentrer et refroidir con» venablement une décoction ou une infusion aqueuse de bois jaune, on obtient une matière qui semble avoir cristallisé confusément. Elle est jaune, mais elle peut présenter accidentellement quelques parties rougeâtres et orangées. Les propriétés de cette matière sont assez remarquables, sous le rapport de la science et sous celui de la teinture, pour que je l’aie distinguée par un nom particulier; mais d’un autre

côté, comme il y a quelque raison de croire qu’elle est immédiatement formée de plusieurs principes, j’ai pensé que le nom ne devait point avoir la terminaison ine que tous les chimistes français s’accordent aujourd’hui à donner aux diverses espèces de principes immédiats organiques. D’après ces considérations, j’ai appelé mo~ rin la matière que je vais décrire, matière que Je- connais depuis 1 8 1 4 ? et que j’ai signalée en 1 8 1 8 ( Yoy. Annales de chimie et de physique y. t. 9, p. 33o)„

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