‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 3)Chapitre 90 sur 268 · SUR LES CORPS DU SECOND GROUPE DE LA CINQUIÈME DIVISION · texte numérisé non relu

SUR LES CORPS DU SECOND GROUPE DE LA CINQUIÈME DIVISION

Que l’on considère les hydrates d’acides et de bases salifiables comme des sels, ou qu’on les en distingue, je pense qu’il faudra toujours étudier ces composés à l’article des acides et des bases salifiables auxquels ils se rapportent respectivement, plutôt que d’en remettre l’examen à celui des sels proprement dits. D’après cette considération , il semble qu’il eût été conséquent à la manière dont j’ai classé les matériaux de ces leçons, de traiter de l’alcool, de l’éther hydratique et de Léthal , considérés comme trois hydrates d’hydrogène bicarboné, à l’article de ce corps (tom. Ier, 9e leçon , chap. 5), au lieu d’en rejeter l’examen dans la cinquième division. J’avoue que si tous les chimistes s’accordaient à les considérer de cette manière, je n’aurais point hésité à le faire, et j’y aurais encore été engagé par la raison que l’éther, et surtout l’alcool, étant avec l’eau les dissolvans qu’on emploie le plus souvent dans les analyses chimiques, il y aurait eu un grand

avantage à en parler dès le commencement du cours; mais parce que cette manière de voir n’est point universellement admise, j’en ai été détourné à tort peut-être.

Quoi qu’il en soit, on peut justifier la place que j’ai donnée à l’alcool, à l’éther et à l’éthal par les raisons suivantes :

i° L’eau qui est unie à l’hydrogène bicarboné dans les trois composés que je viens de nommer a bien une autre influence pour en modifier les propriétés que n’en a l’eau pour modifier celles des composés binaires que nous avons étudiés dans la première division;

Ces trois corps ont les plus grands rapports de propriétés et de composition avec ceux du deuxième groupe que nous venons de décrire sous la désignation des lettres B et C.

De sorte que dans le cas où les rapprochemens que j’ai faits de ces corps avec les sels ne seraient pas admis, la réunion en trois groupes secondaires A, B, Cy de l’alcool, de l’éther hydratique, de l’éthal, des éthers hydrochlorique, hydriodique, de la cétine et des éthers hyponitreux, acétique, oxalique, etc., serait toujours considérée comme très-naturelle.

Il me reste à faire remarquer combien les

corps gras saponifiables du quatrième groupe secondaire D ont d’analogie avec ceux des trois autres.

Gomme ces derniers, ils sont neutres aux réactifs colorés, et contiennent un excès de matière inflammable formée de carbone et d’hydrogène.

Soumis à l’action d’une base salifiabie éner&i-

que, leur matière se divise en deux portions bien distinctes : l’une, qui est acide, sature la base, et forme un stéarate, un oléate, un phocénate, etc., etc. ; l’autre, qui ne l’est pas, en fixant de l’eau, constitue la glycérine. Les éthers du troisième groupe secondaire C se comportent d’une manière très-analogue, car, dans les memes circonstances, une portion de leur matière qui est acide donne naissance à un hyponitrite, à un acétate, etc., etc., tandis que l’autre portion qui ne l’est pas , en fixant de l’eau , produit de l’alcool.

L’analogie de la cétine, placée dans le deuxième groupe secondaire B, avec ces mêmes éthers, est évidente : la traite-t'On par la potasse, elle donne naissance à du margarate et à de l’oléate, tandis que la portion de sa matière qui excède la composition des acides margarique et oléique pro»

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duit, en fixant de l’eau, non de l’alcool, mais de l’éthal qui lui est analogue, ainsi qu’à l’éther.

Enfin, j’ai fait voir que les corps gras saponifiables donnent les acides qui les caractérisent, non-seulement par la saponification , mais encore par l’action de l’oxigène, par celle de l’acide sulfurique, etc.; d’où j’ai conclu que plus il y a de circonstances diverses où un composé se résout dans les memes corps composés, plus on a de raison d’envisager ces derniers comme les principes immédiats du premier.

Je rapprochai non -seulement les stéarines, l’oléine, la cétine, la phocénine, la butirine et l’hircine, de Féther hyponitreux et des éthers dits végétaux, à l’époque où l’alcool passait pour un des principes immédiats de ces derniers (Recherches sur les corps gras d’origine animale ; Paris, chez Levrault, 1823), mais j’allai plus loin encore dans mes Considérations générales sur l’analyse organique et ses applications (Paris, Levrault, 1824), je considérai l’hydrogène bicarboné :

i° Comme un corps combustible simple, comme un métal électro- positif lorsqu’en se combinant au chlore, à l’iode, il forme un chlorure, un iodure d’hydrogène bicarboné;

26 Comme un carbure d’hydrogène qui , en fixant des proportions définies d’eau , donne naissance à l’éthal , à l’éther et à l’alcool ;

3° Comme une base salifiable qui neutralise les acides hydrochlorique et hydriodique dans les éthers de ce nom;

Et je généralisai cette vue en disant qu’on peut considérer l’éther hyponitreux et les éthers végétaux comme des composés d’un acide hydrogène bicarboné Ôl eau ; en un mot, comme des sels hydratés, tandis que les éthers hydrochlorique et hydriodique peuvent l’être comme des sels anhydres ;

4° Enfin je conjecturai qu’il doit y avoir dans la nature organique un grand nombre de corps analogues aux sels. Cette conjecture a été vérifiée pour l’ure'e, que M. Wôhler a prouvé être un cyanite d’ammoniaque (tom. 2, leçon 17, pag. 17).

MM. Dumas et Boullay fils, dans un travail qu’ils ont présenté à l’Académie des sciences, à la fin de 1827, sont arrivés à des conclusions tout-à-fait semblables après avoir établi les faits suivans :

Les éthers hyponitreux, acétique, oxalique, benzoïque, sont représentés par les acides de

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ce nom -f- l’éther hydratique , et non l’alcool, comme on le croyait avant eux.

L’hydrogène bicarboné doit être considéré comme line base alcaline, qui, à volume égal, produit avec les acides le même degré de saturation que le gaz ammoniac.

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