V. PRÉPARATION DES ACIDES STÉARIQUE , MARGA- RIQUE ET OLÉIQUE
Il faut commencer par se procurer du savon de suif; on y parvient facilement en chauffant 4 parties de suif avec 4 parties d'eau tenant i partie de potasse caustique en dissolution ; on remplace l'eau à mesure qu'elle s'évapore. Lorsque le savon est bien fait, ce qu'on reconnaît à ce qu'il est entièrement soluble à chaud, on cesse de chauffer, et on attend qu'il soit bien séparé de son eau - mère , afin de mettre celleci de côté.
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Premier procédé.
!C potasse, stéarate de potasse = <bistéarate de pof tasse:
(potasse, margarate de pot. = J bimargarate de ( potasse; oléate de potasse = j P<*laf?p' *■ (suroléate.
Si on y ajouts une quantité d'eau qui ne soit pas trop grande, il l'absorbe sans se dénaturer; mais le liquide exerce toujours sur la potasse une certaine affinité qui affaiblit celle du bistéarate, du bimargarate et du suroléate pour la potasse qui les neutralise. Si on ajoute une plus grande quantité d'eau, qu'on agite bien les matières, ou, mieux encore, si l'on verse dans une grande quantité de ce liquide froid le savon qu'on aura fait dissoudre préalablement dans de l'eau bouillante, il arrivera que peu à peu la plus grande partie du stéarate et du margarate, et une très-faible quantité d'oléate, seront réduites i° en potasse qui restera en dissolution avec la plus grande partie de l'oléate, i° en bistéarate, bimargarate et suroléate qui se précipiteront à l'état d'une matière nacrée. Jamais on ne parvient à obtenir la séparation complète du bistéa-
rate et du bimargarate de potasse que le savon pourrait donner, par la raison que l'oléate de potasse , plus la potasse , ont une telle affinité pour eux, qu'une portion reste en dissolution. Aussi observe-t-on qu'en neutralisant l'excès de l'alcali mis à nu , on favorise le dépôt d'une nouvelle quantité de matière nacrée; mais, encore une fois, par ce moyen on ne parvient jamais à isoler la totalité des acides stéarique et margarique de l'acide oléique.
Je suppose qu'on soit parvenu au point d'avoir une liqueur qui ne donne plus de dépôt nacré, alors on la fera concentrer après l'avoir filtrée ; et en y versant de l'acide hydrochlorique, on en séparera les acides stéarique, margarique et oléique à l'état d'un liquide huileux. En exposant celui-ci à des températures de plus en plus basses, en ayant le soin de séparer chaque fois la partie solide de la partie liquide, on finira par obtenir de l'acide oléique qui ne se congèle qu'à plusieurs degrés au-dessous de zéro.
Je reprends maintenant le traitement de la matière nacrée formée de bistéarate, de bimargarate et d'une petite quantité de suroléate de potasse. Pour comprendre la séparation de ces
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deux corps, il faut savoir que ce bimargarate de potasse, et surtout le suroléate, sont plus solubles dans l'alcool que ne l'est le bistéarate de potasse. Il en résulte que si vous traitez la matière nacrée sèche par de l'alcool bouillant,'; par exemple si vous faites trois traitemens en employant chaque fois 10 parties d'alcool pour une de matière nacrée, vous la dissoudrez toute, ou presque toute; l'alcool, en se refroidissant, déposera du bistéarate et du bimargarate, mais retiendra la plus grande partie du suroléate avec un peu de bistéarate et une certaine proportion de bimargarate. En traitant le dépôt par l'alcool, comme la première fois, on finira par obtenir du bistéarate dont l'acide est fusible à 700. D'un autre côté, lorsqu'on aura un bimargarate dont l'acide n'éprouvera pas de changement dans sa fusibilité de 6o°, après qu'on l'aura eu soumis à plusieurs traitemens alcooliques, on aura le bimargarate pur. On obtiendra les acides stéarique et margarique hydratés en décomposant le bistéarate et le bimargarate par l'acide hydrochlorique.
Deuxième procédé. — On peut arriver à séparer le stéarate et le margarate de l'oléate de potasse d'une manière plus expéditive, en
traitant le savon desséché par de l'alcool d'une densité de 0,822 froid. Celui-ci dissout beaucoup mieux l'oléate de potasse qu'il ne dissout le margarate et le stéarate; on fait donc réagir les corps; et lorsque l'alcool est saturé, on le décante, et on le remplace par de nouvel alcool, et cela jusqu'à ce que ce liquide ne dissolve presque plus rien. Alors on a un résidu formé de stéarate et de margarate neutres, et de trèspeu d'oléate également neutre. En le traitant par l'alcool bouillant comme la matière nacrée, on isole les sels l'un de l'autre. Quant à la solution qui contient la plus grande partie de l'oléate, on la fait évaporer à sec; et en appliquant de l'alcool au résidu on en sépare une certaine quantité de margarate : en faisant ensuite évaporer la nouvelle solution et traitant la matière qu'elle a laissée par l'eau et l'acide hydrochlorique, on obtient un acide oléique que l'on expose au froid, comme il a été dit plus haut.
Troisième procédé. — On peut encore, en soumettant à la presse les acides séparés du savon par l'acide hydrochlorique, les réduire i° en une matière fusible de 5o à 55° environ, composée d'acides stéarique et margarique et d'une très-petite quantité d'acide oléique; 20 en
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une matière liquide formée d'acide oléique et d'une petite quantité d'acides margarique et stéarique.