‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 4)Chapitre 188 sur 613 · I.' ACIDE MIS EX COXTACT AVEC LE SEL EST IDEN- TIQUE A. CELUI DU SEL · texte numérisé non relu

I.' ACIDE MIS EX COXTACT AVEC LE SEL EST IDEN- TIQUE A. CELUI DU SEL

Il peut arriver,

i° Qu'il n'y ait pas d'action; exemple : acide silicique et silicate de chaux à froid ;

a0 Qu'il y ait une simple dissolution, sans qu'on puisse dire qu'il y ait combinaison définie; exemple: l'acide nitrique hydraté et le nitrate de potasse ;

3° Qu'il y ait production d'un sur-sel, si le sel mis en expérience était neutre ou avec excès de

base ; exemple : l'acide sulfurique et le sulfate de potasse neutre;

4° Qu'il y ait production d'un sel neutre, si le sel mis en expérience était avec excès de base; exemple : l'acide carbonique et le souscarbonate de potasse.

DEUXIÈME CAS

l'acide mis en contact avec le sel est différent DE CELUI DU SEL.

Il peut arriver

i' Qu'il n'y ait pas d'action;

Exemple : Acide nitrique et sulfate de baryte.

2° Qu'il y ait combinaison, c'est-à dire qu'un sel très-stable soit dissous sans décomposition par un acide beaucoup plus faible que le sien ;

3° Qu'il y ait suroxidation de l'acide ou de la base sans que ces corps se séparent, du moins en totalité.

Exemples : Sulfite de baryte converti en sulfate par l'acide nitrique; sulfate de protoxide de fer converti en sulfate de peroxide par l'acide nitrique. Dans le premier exemple, la neutralité du sel ne change pas; dans le second, il y

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a plus de peroxide de fer produit que l'acide sulfurique n'en peut neutraliser;

4° Qu'il y ait décomposition. Alors il pourra se faire

A. Que l'acide expulsant et la base salifiable n'éprouvent aucun changement dans leur composition;

B. Que l'acide expulsant et la base salifiable éprouvent un changement dans leur composition.

A. L 'acide expulsant et la base salifiable n'éprouvent aucun changement dans leur com~ position.

Nous admettons que lorsqu'une base alcaline est en dissolution dans un liquide en présence de deux acides dont les proportions sont telles, que chacun les neutraliserait s'il était seul, elle se partage également entre eux, sauf le cas oh l'affinité de ïun de ces acides est beaucoup plus forte que celle de l'autre.

Nous admettons, conformément à ce principe posé par Berthollet, que lorsqu'un acide en expulse un autre d'une base à laquelle il est uni pour en prendre la place, c'est, sauf l'exception précitée,

i° Que V acide expulsant est plus fixe ou moins expansible que Vautre; ou si les deux acides sont gazeux et peu solubles, que la proportion de l'acide expulsant est beaucoup plus forte que celle de l'autre;

2° Que V acide expulsant forme avec la base un composé insoluble, ou moins soluble que Vacide expulsé ;

3° Que l'acide expulsé est insoluble, ou peu soluble , tandis que l'acide expulsant forme avec la base un composé soluble.

i° Sels et acide plus fixe , ou moins expansible que le leur: ou si les deux acides sont gazeux et peu solubles, la proportion de l'acide expulsant est beaucoup plus forte que celle de l'autre.

Premier exemple. — Si l'on met avec du carbonate de potasse dissous dans l'eau, de l'acide nitrique ou même de l'acide acétique en quan^ tité suffisante pour en neutraliser la base, il se produit une effervescence plus ou moins grande, suivant la concentration des liqueurs et la température ; l'acide carbonique est expulsé, tandis que l'acide nitrique ou acétique s'unit à l'alcali.

L'acide carbonique est gazeux sous la près-

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sion de om,76o et aux températures ordinaires de l'atmosphère; mais vous savez qu'à zéro il est liquide sous la pression de 36 atmosphères. Pour qu'il soit à l'état solide dans le carbonate de potasse cristallisé, et à l'état liquide dans la solution aqueuse de ce sel, il faut donc que l'alcali auquel il est uni exerce un puissant effort sur lui.

Supposons maintenant que l'on opère le mélange de l'acide nitrique et du carbonate de potasse dans une capacité où ils soient pressés à la température de zéro par 4o atmosphères au moins, l'acide carbonique ne prendra point l'état gazeux. Vu la faiblesse de l'acide carbonique sous la pression ordinaire, on pourra admettre qu'il est simplement dissous dans de l'eau qui contient en même temps du nitrate de potasse; ou, d'après le principe de Berthollet, on considérera la potasse comme neutralisée par la moitié de chacun des acides, et l'autre moitié de ces mêmes acides comme étant libre, ou à peu près, parce que nous ne connaissons pas de surnitrate ni de surcarbonate de potasse. Que les matières, au lieu d'être exposées à une pression de 4° atmosphères, ne le soient plus qu'à la pression d'une seule, et il

arrivera, conformément au principe, que la moitié (a) de l'acide carbonique qui est libre se dégagera, et par la même raison l'autre moitié (b) que nous supposons unie à la potasse. En effet, la moitié (a) étant dégagée, il reste la moitié (b) et une quantité d'acide nitrique libre qui y est équivalente; dès lors la potasse qui était neutralisée par (b) d'acide carbonique doit nécessairement, d'après le principe, se partager entre les deux acides; dès lors la moitié de (b) doit se dégager. En continuant ce raisonnement, il est évident que tout l'acide carbonique se dégagera, tandis que la totalité de la base restera unie à l'acide nitrique ou acétique.

Deuxième exemple. — L'acide sulfurique hydraté décompose le nitrate de potasse par la même raison, mais il faut élever la température; et quand on veut retirer l'acide nitrique hydraté, il faut employer deux fois plus d'acide sulfurique qu'il n'en faut pour neutraliser la potasse (Tom. Ier, 5e leçon, pag. l\o).

Troisième exemple. — L'acide borique et l'acide silicique, qui sont très -faibles toutes les fois qu'ils agissent par la voie humide, décomposent cependant les sulfates de potasse, de

soude, etc., à une chaleur rouge, où ces sulfates n'éprouveraient pas d'altération s'ils y étaient exposés seuls. Dans cette circonstance la chaleur, en favorisant la force expansive de l'acide sulfurique, ou plutôt celle de l'acide sulfureux et de l'oxigène qui le constituent, affaiblit tellement son affinité pour la base qui lui est . unie, que l'affinité de l'acide borique ou silicique détermine sans peine l'expulsion du premier.

On voit que les trois exemples sont gradués de telle sorte, que le premier présente un acide si expansible, qu'il se dégage à la température ordinaire, et qu'il peut l'être par des acides faibles; le second présente deux acides puissans, dont le plus vo'atil a besoin d'une température plus élevée que celle de l'atmosphère pour être dégagé; enfin le troisième présente des acides qui passent généralement pour être des plus faibles, mais qui, par leur fixité, expulsent de ses combinaisons salines l'acide sulfurique, c'est-à-dire un des acides les plus puissans.

Enfin , examinons le cas où les deux acides sont gazeux et peu solubles, mais où l'un est employé en une proportion plus forte que l'autre.

Lorsqu'un sel formé d'un acide gazeux peu

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soluble est dissous dans l'eau, il pourra être déplacé par un autre acide gazeux également peu soluble qu'on fera passer dans la solution saline, conformément au principe de Berthollet.

C'est ce que j'ai démontré, par exemple, pour un courant d'acide carbonique que l'on fait passer dans une solution d'hydrosulfate de potasse. L'acide hydrosulfurique, en présence de l'acide carbonique , perd de son affinité pour la potasse; dès lors il se dégage par petites quantités qui sont entraînées avec la portion d'acide carbonique qui ne se fixe pas : bien entendu que la décomposition ne s'opère qu'autant qu'on emploie une quantité d'acide carbonique beaucoup plus grande que celle nécessaire à la saturation de la base.

En appliquant le même principe au cas où l'on ferait passer un courant d'acide hydrosulfurique dans une solution de carbonate, on aurait, suivant M. Gay-Lussac, un résultat analogue, mais il faudrait plus de temps. Et si l'on opérait avec une solution de sous- carbonate de potasse ou de soude suffisamment concentrée, il arriverait que la moitié de la base se convertirait d'abord en hydrosulfate, et qu'il se préci-

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piterait ensuite du carbonate neutre peu soluble, ainsi que je l'ai observé il y a long-temps.

2° Acide expulsant formant avec la base d'un sel soluble un sel insoluble.

La disposition qu'a un acide de former avec la base d'un sel dissous dans l'eau un sel insoluble, peut être assez forte pour déterminer la décomposition du premier sel : c'est ainsi que l'acide sulfurique précipite la base de l'acétate de baryte en s'y unissant; mais, pour peu que le sel soit soluble, je ne dis pas dans l'eau, mais dans l'eau acidulée par l'acide expulsé, la décomposition ne sera plus complète, mais partielle. H ne faut donc jamais perdre de vue, dans une réaction, la tendance que le nouveau sel peut avoir à rester en solution , non dans l'eau pure, mais dans la liqueur formée d'eau et de l'acide expulsé.

3° L'acide expulsé est insoluble, ou bien moins soluble que l'acide expulsant et que le nouveau sel.

Lorsqu'un sel formé d'un acide peu soluble ou insoluble est dissous dans l'eau, on doit considérer l'insolubilité de l'acide comme une

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force opposée à la stabilité du composé dans lequel il entre ; de sorte que si on ajoute à la solution un acide qui forme un sel soluble avec la base alcaline, l'affinité de cet acide pourra affaiblir assez l'affinité mutuelle de la base et de l'acide insoluble pour que celui-ci se précipite.

Premier exemple. — Acide nitrique , sulfurique, etc., versé dans une solution concentrée et chaude de borax. Il se produit un nitrate et un sulfate de soude; et par le refroidissement il se dépose de l'acide borique surhydraté.

Deuxième exemple. — A plus forte raison , les acides absolument insolubles, tels que le colombique, le silicique, seront- ils précipités des colombates, des silicates de potasse, de soude, par les acides sulfurique, nitrique, etc.

B. E acide expulsant et la base salifiable éprouvent un changement dans leur composition.

Le principe que nous avons émis précédemment est aussi applicable à ces cas en général. Par exemple, on peut expliquer la décomposition du carbonate de potasse par l'acide hydrochlorique , comme nous avons expliqué

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celle produite par l'acide nitrique, lorsqu'on admet que l'acide hydrochlorique agit en donnant naissance à de l'eau et à un chlorure.

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