‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 4)Chapitre 187 sur 613 · C. SELS ET EAU A L'ÉTAT DE VAPEUR · texte numérisé non relu

C. SELS ET EAU A L'ÉTAT DE VAPEUR

Les sels pourvus d'eau d'hydratation, une fois qu'ils l'ont perdue, absorbent l'eau à l'état de vapeur qui est répandue dans l'atmosphère; et il en est même qui peuvent être employés pour dessécher les gaz.

Cet effet est indépendant de la solubilité, car des sels peu solubles, comme le sulfate de chaux , produisent cet effet avec une énergie remarquable lorsque leurs particules n'ont pas été trop frittées par l'action de la chaleur.

Il y a des sels qui attirent l'eau avec assez de force pour l'enlever à l'atmosphère, et se résoudre en liqueur. Ils sont appelés dèliquescens.

On sait qu'à une même température l'atmo-

sphère ou un espace vide d'air peut recevoir de la vapeur d'eau en quantités continûment croissantes depuis le terme de la sécheresse extrême jusqu'à celui de la saturation; on sait encore que l'hygromètre à cheveu est propre à indiquer le rapport de saturation de la vapeur à l'espace ; qu'il marque i oo° dans un espace saturé de vapeur, et zéro dans un espace complètement desséché. Maintenant , la déliquescence des sels étant due à leur affinité pour l'eau, on conçoit que, toutes choses égales d'ailleurs, plus la vapeur sera raréfiée, moins un sel aura de disposition à l'absorber; qu'en conséquence il pourra y avoir des sels qui seront déliquescens jusqu'à un certain degré de l'hygromètre, et qui cesseront de l'être au-dessous, en descendant de l'humidité extrême vers la sécheresse.

A l'humidité extrême, tous les sels solubles sont déliquescens; il faut donc bien se garder, dans les ateliers de teinture, de placer ceux qu'on veut conserver à l'état solide dans une atmosphère qui serait à ioo° hygrométriques.

La température a la plus grande influence sur la déliquescence des sels; et cela est facile à concevoir, puisque l'affinité est la cause pre-

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mière de ce phénomène, et qu'elle varie avec la température. Quand on parle de la déliquescence dune substance, il faut donc noter le deçré du thermomètre où elle a lieu , pour que l'observation soit complète.

S'il est vrai, ainsi que nous l'avons dit, que le ternie d'ébullition d'une solution saline soit d'autant plus reculé que la matière dissoute a une plus grande affinité pour son dissolvant, il est évident qu'il y aura un rapport entre la déliquescence d'un sel à une température T et le degré d'ébullition de sa solution saturée à cette même température T : c'est aussi ce que M. Gay- Lussac a observé.

Que l'on sature de l'eau avec un sel à la température T, que l'on en prenne le terme d'ébullition , et l'on verra que si elle bout à 1 1 1° sous la pression de om",76o, le sel sera très-déliquescent à la température T; si elle bout de 101 à 1020, il ne le sera que très-peu ; enfin si elle bout à ioo°, il ne le sera pas sensiblement.

Enfin, si on mouille les parois d'une cloche de verre avec une solution saline saturée à la température T, et qu'on y renferme un hygromètre : lorsque celui-ci sera stationnaire, il est évident qu'il y aura équilibre entre l'affinité du

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cheveu pour l'eau et la tendance qu'a l'eau à se séparer de la solution ; par conséquent, audessus de ce degré, le sel sera déliquescent, et au-dessous il ne le sera pas. Par exemple, M. Gay-Lussac a vu qu'une solution de chlorure de sodium saturée à la température de 1 5° fait monter l'hygromètre à 900; par conséquent, dans une atmosphère à i5° de température, le chlorure sera déliquescent si cette atmosphère est au-dessus de 900 hygrométriques, et il ne le sera pas au-dessous.

Il existe des sels qui abandonnent de l'eau par leur exposition à l'atmosphère, quand celleci n'est pas très-humide. Ces sels sont dits efflorescens; ils deviennent opaques, et il en est qui se réduisent même en poudre.

Les sels déliquescens et efflorescens contiennent toujours une forte proportion d'eau ; dans un grand nombre , elle excède la moitié de leur poids. C'est pour cette raison que le teinturier doit toujours, quand il fait usage de ces corps, tenir compte de l'eau qu'ils peuvent contenir; et cela est nécessaire surtout quand il emploie des sels tels que le sous-carbonate de soude , qui renferme 0,62 de son poids d'eau de cristallisation. Il est nécessaire, d'après cela,

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dans les recettes, de dire si le sel efflorescent prescrit pour une opération doit être pris à l'état anhydre ou de cristaux.

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