‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 4)Chapitre 48 sur 613 · V. PRÉPARATION · texte numérisé non relu

V. PRÉPARATION

On peut se procurer le sodium au moyen de deux procédés principaux : A de la décomposition de la soude opérée par la pile voltaïque ; B de la décomposition de îa soude opérée par le fer ou le charbon.

A. On peut faire agir l'électricité voltaïque sur un morceau d'hydrate de protoxide de sodium humecté ou sur la dissolution aqueuse de cet alcali.

Dans le premier cas, deux (ils de platine, qui communiquent avec les pôles d'une forte pile, sont mis en contact avec un morceau d'hydrate de protoxide de sodium assez humecté à sa surface pour le rendre conducteur; l'oxigène de l'eau et celui du protoxide de sodium se dégagent au fil positif; l'hydrogène se dégage au fil négatif, et le sodium s'y rassemble sous la forme de petits globules qu'on enlève avec soin pour les mettre dans du naphte.

Dans le second cas, on met du mercure dans un vase cylindrique , on y fait rendre le fil négatif de la pile, qui doit être roulé en spirale

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à l'extrémité plongée; on couvre le mercure d'une forte solution de soude, dans laquelle on plonge le fil positif; alors le sodium s'amalgame au mercure ; on sépare les deux métaux en les chauffant au milieu de la vapeur de naphte dans un petit appareil de verre; le mercure est volatilisé, et le sodium reste dans la

cornue.

B. Le second procédé pour préparer le sodium est fondé sur les affinités chimiques. 11 consiste à mettre l'hydrate de protoxide de sodium en contact avec le fer rouge de feu ou le charbon. -m

I. F (fig. I, pi. 3) est un fourneau surmonté d'une cheminée; ce' est un canon de fusil courbé; il est revêtu d'un lut formé de -f de sable et de | d'argile, dans la partie aa\ qui doit recevoir immédiatement l'action du feu. Il contient dans cette même partie de la tournure de fer ; la partie ca contient 4 onces environ d'hydrate de soude. On adapte à cette extrémité un tube de verre T coudé plongeant d'un centimètre dans du mercure. A l'autre extrémité c', est une alonge D, soit en verre, soit en cuivre rouge, à laquelle est adapté un tube coudé T' plongeant dans une petite soucoupe remplie

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de mercure. Le fourneau n'a point de porte, ou plutôt la porte est bouchée; il y a une ouverture o dans laquelle s'engage la tuyère d'un soufflet à vent continu. On commence par remplir le fourneau de charbon, soit par une porte pratiquée sur la paroi du dôme, soit par la cheminée. Lorsque le charbon est en pleine combustion, que la tournure de fer est rouge de feu, on place sur une grille h h' des charbons ardens , et cela peu à peu , en allant de h' en h. L'hydrate de sodium se fond par l'action de la chaleur; il arrive dans la courbure ad, où il rencontre du fer; alors l'eau et la soude se décomposent, leur oxigène se combine à la tournure de fer qui est dans le canon, et le sodium et l'hydrogène se dégagent. L'hydrogène à l'état gazeux sort par le tube T; le sodium, qui exige une température rouge presque blanche pour se volatiliser, doit nécessairement se condenser, pour la plus grande partie au moins, en c' ; cependant il peut s'en trouver dans la partie de l'allonge la plus voisine de a c '. Il peut arriver que la partie a c du tube s'engorge de sodium, mais vous devez penser que cela n'arrivera qu'à la fin de l'opération , et c'est alors»que le canon , qui est très-

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chaud,, et qui est formé, d'une matière trèsductile à une température rouge, pourrait se trouer par l'expansion des gaz , si ceux - ci ne pouvaient se dégager de l'appareil. C'est pour éviter cet accident que l'on a adapté à l'extrémité c du canon , le tube T qui plonge dans le mercure. Comme cette partie ne s'engorge pas, le gaz peut toujours se dégager; si ce dégagement a lieu , on est averti que la partie c a est engorgée. Ce procédé est susceptible de donner de grandes quantités de sodium. Quand on a l'habitude de le pratiquer, il est rare de ne pas réussir, quoiqu'il faille toujours prendre beaucoup de précautions : ainsi il faut que le tuyau soit bien solide; qu'il tienne bien les gaz à une température élevée; qu'il ait été bien desséché dans l'intérieur avant l'opération ; que la tournure de fer qu'on emploie soit parfaitement nette et parfaitement exempte d'humidité, afin de présenter à la vapeur de l'hydrate de soude une matière bien combustible.

II. 11 existe un procédé fondé encore sur l'affinité chimique pour décomposer la soude, qui consiste à introduire son hydrate mêlé de charbon dans un canon de fusil fermé à une extrémité. Le mélange contenu dans cette par-

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tie du tube est chauffé à la forge ; lorsque la température est très-élevée, on plonge une tige de fer froide dans le canon; alors la vapeur de sodium se condense dessus; et en retirant la tige du canon, il est aisé d'en détacher le métal qui la recouvre.

Curaudau a opéré le premier la décomposition de la soude par le charbon; mais son. procédé ne donne qu'une très-petite quantité de sodium.

Il est probable qu'en chauffant le mélange de charbon et d'hydrate de soude dans une cornue de fer, on réussirait mieux.

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