‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 4)Chapitre 515 sur 613 · I. COMPOSITION · texte numérisé non relu

I. COMPOSITION

Tous les savons dont on fait usage dans les arts sont essentiellement formés d'acides stéarique, margarique, oléique, et d'un alcali qui est la potasse ou la soude.

Si les savons nouvellement fabriqués sont odorans , ils doivent cette propriété à un principe aromatique, distinct des trois acides précédens. Dans le savon d'huile d'olive, ce principe est celui de l'huile même : il ne s'y trouve que dans une proportion tout-à-fait indéterminable.

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Dans le savon d'huile de poisson, il y a un principe qui était tout développé dans l'huile avant la saponification , et lorsque cette huile contenait, comme celle des dauphins, des marsouins, de la phocénine, le savon est rendu odorant en outre par l'acide phocénique-

Le savon de beurre doit son odeur détestable à l'acide butirique : elle domine tout-à-fait sur celle des acides caproïque et caprique.

Le savon de suif doit la sienne à l'acide hircique.'

Lorsqu'on a décomposé un savon odorant par l'acide sulfurique, et qu'on a lavé suffisamment à l'eau chaude les acides stéarique, margarique et oléique qui en sont provenus, on obtient, en recombinant ces derniers à la potasse ou à la soude, ainsi que je m'en suis assuré, des savons inodores.

Le stéarate, le margarate et l'oléate de potasse ou de soude sont assujétis à des proportions fixes d'acide et de base ; mais les savons qui résultent de leur union ne doivent pas être considérés comme des sels complexes définis; ce qui détermine les proportions respectives de stéarate , de margarate et d'oléate , qui les constituent, ce sont les proportions res-

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pectives où la stéarine de mouton, la stéarine d'homme et l'oléine se trouvent dans les divers corps gras que l'on traite par la potasse ou par la soude, dans la vue de les convertir en savons; car ceux-ci ne se préparent pas en grand, en unissant directement les acides stéarique, margarique et oléique avec la potasse ou la soude. Comme il existe des graisses et des huiles qui ne contiennent que de la stéarine d'homme et de l'oléine, les savons qui en résulteront ne contiendront que du mâYgarate et de Foléate ; tandis que ceux qui proviendront de la saponification d'une matière grasse, contenant les deux espèces de stéarines et l'oléine, contiendront , outre ces deux sels , du stéarate.

Il y a dans tous les savons du commerce une certaine quantité d'eau, et, en général, un excès d'alcali, d'autant plus grand que le savon est plus mou, c'est-à-dire plus disposé à retenir l'eau. On conçoit aisément qu'il doit en être ainsi , lorsqu'on sait que cet excès d'alcali provient de l'eau mère qui est retenue entre les particules du savon. Il y a si peu de différence entre la capacité de saturation des acides stéarique, margarique et oléique, qu'un savon pur, c'est-à-dire exempt de tout excès d'alcali, con-

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tient à très-peu près la même quantité de potasse ou de soude que le stéarate ou l'oléate de ces bases.

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