SAVONS MOUS D'HUILES DE GRAINES
On prépare ces savons avec des huiles de chenevis, de lin r d'oeillet, de colzat, de navette.
Les huiles cîè chenevis, de caméline, de lin et d'oeillet, sont appelées huiles chaudes par les Flamands, et huiles jaunes par les Picards.
Les huiles de colzat et de navette sont appelées par les premiers /tuiles froides, et par les seconds, huiles vertes.
*,es épithètes dé c/iaudes et froides, données aux huiles de graines , signifient que îes premières ne se figent pas, comme le font les secondes, à la température de zéro environ.
On mélange en général les huiles, de manière qu'en été les huiles froides dominent sur les chaudes, et qu'en hiver le contraire a lieu. La raison en est que , dans le premier cas, le savon serait trop mou , à cause de la prédominance de l'oléate sur le margarate, tandis qu'en hiver, L'abaissement de la température suffit, avec une
faible proportion de margarate, pour donner au savon la consistance convenable.
Dans le nord de la France , on fabrique les savons mous avec ces huiles et la potasse des Vosges ou celle du nord de l'Europe.
On commence par rendre l'alcali caustique, au moyen de la chaux. On peut opérer dans des cuves de pierre calcaire.
On saponifie l'huile dans des chaudières, qui peuvent être en fer battu, ou en briques avec un fond en cuivre. On y verse d'abord la moitié de l'huile environ qu'on veut saponifier et une certaine quantité de lessive. On chauffe jusqu'à l'ébullition ; la matière se gonfle beaucoup et on ajoute peu à peu le reste de l'huile et de la lessive. Lorsque la matière est biezi liée, c'est-à-dire homogène et demi-transparente, on concentre le savon pour en séparer l'excès d'eau. On juge qu'il est cuit, si en en prenant une petite quantité, il se fige dans un certain temps, que la pratique a appris à connaître.
Lorsque le savon a été fait avec une huile jaune, et qu'on veut lui donner une couleur verte, on ajoute, sur la fin de la cuisson, de l'acide sulfo-indigotique.
Enfin on le colore encore, i° avec un mélange
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. 2j
«Te i partie de sulfate de protoxide fèr, de ; partie de noix de galle et de ) partie de bois de eampèche; i° avec du sulfate de cuivre, etc.
Le savon d'huile de chenevis est d'un brun noir. Aussi l'appelle-t-on savon noir.
Le savon vert ou noir suffisamment concentré, est transvasé au moyen de poches de cuivre jaune, de la chaudière où on l'a cuit, dans des cuves de pierre calcaire, où il se refroidit, et d'où on le tire ensuite, pour le mettre dans des tonneaux.
Les savons mous sont formés de quantités assez variables d'eau, d'acides et de potasse. On en trouve qui contiennent
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Ils sont principalement employés pour fouler et dégraisser les étoffes de laine, et quelquefois même pour le blanchissage du linge sale.
Le savon noir d'huile de chenevis sert particulièrement « dégraisser la laine en èchets; il n'est guère d'usage pour les draps, à cause de la mauvaise odeur qu'il leur communique.
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§ II