A. FABRICATION DU SAVON MARBRÉ
Empâtage.
(b) Les chaudières à savon de Marseille ont leur fond en cuivre et leurs parois en briques;
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elles portent à leur font! un tuyau appelé IVpine. On remplit '- environ de leur capacité avec un mélange des 3 lessives, qui doit marquer de 8 à 90, si l'huile contient la plus grande quantité possible de stéarine, et de io à n°, si elle contient la plus grande quantité possible d'oléine. On porte la lessive àl'ébullition, et on y verse ensuite l'huile d'olive qu'on veut saponifier, dont le volume peut s'élever à 64 hectol. et le poids à 7200 kilog. Au moment où les matières sont en contact, elles forment une émulsion. Peu à peu l'action chimique se développe ; on remue de temps en temps avec un redable. La masse doit être maintenue homogène, sans lessive séparée à sa partie inférieure, sans huile séparée à «a surface. Si ce dernier cas se présentait, il faudrait ajouter un peu de lessiver.
(c) On achève (Y empâter l'huile avec de nouvelle lessive, et après 18 à 20 heures d'ébulliùon l'empâtage est achevé.
- Relargage.
(d) On introduit alors clans la chaudière une lessive tenant une certaine quantité de chlorure de sodium, ou, en d'autres termes, une lessive alcalino-salée, qui est appelée recuit. Cette ad-
dit ion, qui est le relargage, fait que la masse,, en partie saponifiée, s'isole de la plus grande partie du liquide aqueux. On éteint le feu; on laisse reposer la liqueur 2 ou 3 heures, puis on Y épine, c'est-à-dire qu'on la fait couler par l'épine dans un réservoir d'où elle est ensuite portée sur le mélange de chaux et de soude qui a donné les lessives fortes.
f \ Coction.
(e) On met dans la chaudière de la lessive forte alcalino-saUe qui marque de 18 à 200. On fait bouillir pendant i5 à 20 heures. Puis on épine.
(/) On ajoute ensuite de la lessive de 20 à 25°, on chauffe de manière à faire bouillir tranquillement. Peu à peu la masse acquiert plus de consistance. On épine.
(g) On ajoute de la lessive de 28 à 3o°, on fait bouillir et on remue la pâte pour en mêler les couches supérieures avec celles du fond. On épine.
(h) On ajoute encore des lessives, et cela 4 ou 5 fois; en un mot jusqu'à ce que la pâte ait l'odeur de la violette, et qu'en en pressant un peu entre les doigts, elle s'écaille tout- à-fait en
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. à'g
se refroidissant, et sans adhérer à la peau. On épine.
(/) Le savon étant cuit, et la lessive épinée, la pâte est d'un gris bleuâtre foncé. Suivant M. d'Arcet, elle ne contient que 0,16 d'eau , et doit sa couleur à de l'hydrosulfate de fef uni à un savon d'alumine.
C'est alors qu'il faut madrer le savon.
M^drage.
(y) Dans le cas où l'on juge que la pâte de savon n'est pas assez colorée, on fait dissoudre de 1 à 3 kil. de sulfate de protoxide de fer dans l'eau, et on arrose le savon avec cette solution, en ayant soin de bien mêler les matières. 11 se forme du sulfate de soude et un hydrate de fer vert; si la lessive employée contenait de l'hydrosulfate, il se produirait en outre de l'hydrosulfate de protoxide de fer noir. Telle est la manière de préparer le madrage pour le bleu pâle. Le bleu vif exige plus de sulfate de fer et en outre une addition de brun rouge ou d'argile colorée par le peroxide de fer.
Liquidation.
(/-) Supposons la pâte suffisamment colorée,
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il faut lui faire absorber de l'eau de manière à la ramollir et à en faire un tout homogène. Pour cela on y ajoute des lessives de 3 à 4 et de io à 1-2°; mais tantôt on commence par celles-ci, et tantôt par les premières. Lorsque la pâte se fend sur plusieurs points, qu'en y enfonçant la main et en te retirant on aperçoit que le savon est bien homogène et séparé de la lessive, et en outre que le liquide extrait par l'épine marque 1 5°, le savon est bon à couler.
Coulage dans les mises.
(/) Les mises dans lesquelles on coule le savon sont des caisses de bois à parois fixes , ou bien elles sont construites en dales liées par un ciment. Le savon puisé dans la chaudière est versé dans un très-long canal en bois, qui s'appuie par son extrémité supérieure contre le bord de la chaudière, tandis que son extrémité inférieure communique avec les mises. Le- savon coulé est à l'état d'une pâte très-molle, grise, dans laquelle on distingue une certaine quantité de lessive; peu à peu celle-ci s'en sépare, et la matière de la marbrure tendant à se précipiter, mais ne le pouvant à cause de la viscosité de la pâte, y reste sous la forme de veines et de flo-
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cons, distribués d'autant plus convenablement, que le refroidissement ne s'opère ni trop rapidement, ni trop lentement. Le savon a la solidité qu'il faut au bout de huit à dix jours.
Division des savons en gros pains.
(m) On trace des lignes droites sur le savon
au moyen d'un poinçon et d'une règle, puis, on le débite avec de longs couteaux, dont le manche est horizontal. La liqueur aqueuse n'est évacuée qu'à l'époque où l'on retire tout le savon des mises.
Le savon marbré est formé en général de
Eau 3o
Savon n0
ioo B. SAVOW BLANC
On choisit les huiles les moins colorées, et, en procédant comme il a été dit plus haut (a, b, c, d, e, f, g, h, i ) , on parvient à préparer du savon blanc. Cependant il y a de l'avantage à n'employer que des lessives de soude douce pour toutes les opérations, la petite quantité de chlorure de sodium qui s'y trouve étant suffisante pour l'effet qu'il doit produire.
Lorsqu'on est arrivé au point où la pâte est
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cuite et d'un gris uniforme, on y ajoute de ta lessive faible pour la bien pénétrer de liquide; puis on la tire dans une autre chaudière, où l'on a fait chauffer de la lessive de 4 à 5 degrés. Là on continue l'opération pendant 3o à /[o heures, en ajoutant de temps en temps de la lessive faible. La matière devient assez fluide pour que toute la partie colorée , qui produit îa marbrure, se dépose au fond, et pour qu'une autre portion de matière étrangère" se sépare sous la forme d'écumes, qu'on a soin d'enlever.
Le savon blanc est coulé dans des mises, dont le fond est couvert d'une couche de om,02 d'épaisseur de chaux en poudre, qui a été éteinte à l'eau et à l'air. Dès qu'il remplit une mise, on l'agite pour faire venir les parties du centre à la partie supérieure qui s'est durcie ; et quelque temps après, lorsqu'il a pris de la solidité, on le frappe avec des masses planes de bois : cette manipulation a pour objet d'en rendre la surface unie.
Enfin, on le coupe en gros pains carrés de 20 à 25 kilog., qu'on nomme savon en table.
Le savon en table est formé en général de
Eau /(5,2
Savon • . 54,8