‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 5)Chapitre 51 sur 325 · IV. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

IV. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

A. Cas ou V hydrate de soude agit sans que les

élêmens du protoxide de sodium se séparent .

L’hydrate de soude est remarquable par l’énergie de ses propriétés alcalines, c’est-à-dire par la force avec laquelle il agit sur les réactifs colorés, et sur les acides avec lesquels il forme en général des combinaisons qui ont au plus haut degré les caractères des substances salines.

L’hydrate de soude a une grande affinité pour l’eau; non-seulement il ne la perd pas par l’action de la chaleur, mais il peut en absorber encore une proportion notable pour former un surhydrate cristallisable, et cette absorption est accompagnée d’un vif dégagement de chaleur comparable à celui qu’on observe dans l’extinction de la chaux, de la strontiane et dé la baryte.

L’hydrate de soude se combine à la vapeur d’eau avec assez de force pour réduire un espace qui en est saturé à la sécheresse extrême, et la proportion qu’il [peut en absorber peut aller jusqu’à le dissoudre. Il est donc, comme on le dit, déliquescent .

1Q 17e LEÇON DE CHIMIE

Il est susceptible de s’unir à la glace eu dégageant de la chaleur.

Lorsque l’hydrate de soude s’unit aux acides il perd son eau, ou si le sel produit, est susceptible de former un hydrate, cet hydrate est beaucoup moins stable que celui de protoxide de sodium. C’est ce qui explique pourquoi ce, dernier hydrate perd son eau toutes les fois qu’il est exposé à la chaleur avec un acide fixe qui est susceptible de se combiner à la soude. On doit considérer l’eau de l’hydrate de soude comme y jouant le rôle d’un acide faible.

L’hydrate de soude que l’on tient en fusion dans le gaz oxigène, ou même dans l’air atmosphérique dépouillé d’acide carbonique, se suroxide et perd en même temps son eau d’hydratation.

L’eau qui contient 0,09 environ de son poids d’hydrate de soude en solution, peut dissoudre beaucoup* plus de chlore que l’eau pure. Cette solution constitue le chlorure de soude dont nous parlerons plus bas.

L’eau de soude est susceptible de dissoudre un grand nombre d’oxides métalliques, savoir, l’oxide vert de chrome, l’hydrate de deutoxide de cuivre, mais à froid seulement; les oxides

APPLIQUEE A LA TEINTURE. Sï

d’étain, le protoxide de plomb, Foxide de cadmium, Foxide de zinc, l’alumine et la glucine.

Elle dissout les acides tungstique, silicique, colombîque , antimonieux , antimonique , et manganésique.

B. Cas où les élémens du protoxide de sodium de V hydrate de soude agissent en se séparant. Le chlore, à une température rouge, agit comme un comburant sur le protoxide de sodium. Il se combine avec le métal en en séparant Foxigène.

4 at. chlore décomposant i aî, soude = |^ il en résulte i at. d’oxigène,

et

i at. chlorure de sodium =1^ a*‘ c^°re> t 1 at- sodium.

Dans cette réaction, on a fait abstraction de Feau de Fhjdrate. Maintenant si nous la prenons en considération, il est clair que puisqu’il y a dans i atome d’hydrate de soude

a at. d’eau— j * oxigène ,

( 4 hydrogéné,

il faudra pour les décomposer 4 at. de chlore; il en résultera

2 at. oxigène,

fi at. acide hydrochloriqae = ( / a*‘ ^[?r<

J 1 (4at. hydrogéné;

conséquemment, pour décomposer complètement i atome d’hydrate de protoxide de soude, il faut 8 atomes de chlore.

Nous avons vu plus haut que l’eau qui ne contient que 0,09 de son poids d’hydrate de soude absorbe beaucoup plus de chlore que l’eau pure, et l’absorbe sans que la soude éprouve de changemens dans l’arrangement de ses élémens. Il en est tout autrement d’une solution de soude concentrée, par exemple, d’une eau qui contient ~ de son poids d’hydrate de cet alcali ; le chlore qu’elle absorbe donne naissance à de l’acide chlorique qui neutralise une portion de soude, et à une proportion correspondante de chlorure de sodium, car l’oxigénation du chlore acidifié se fait aux dépens d’une partie de la soude : par exemple,

1 at. de chlorate de soude =

2 at. acide chl. = 1 at. de soude =

10 at. oxigène, 4 at. chlore,

2 at. oxigène, 1 at. sodium ;

at. chl. sodium:

at. chlore, at. sodium.

D’après cela, supposons que nous ayons 24 at. de chlore ,

6 ai. de soude ==

1 5 at. de soude = (B. 1 at. de soude;

( îo at. oxigène, j 5 at. sodium ,

l’atome de soude B passera à l’état de chlorate r et pour cela il faudra

10 at. d’oxigène,

4 at. de chlore.

Or 10 at. d’oxigène provenant de la soude, il y aura 5 atomes de soude A désoxigénés, et conséquemment 5 atomes de sodium qui se combineront à 20 atonies de chlore. Voici les résultats de cette réaction en tableau :

i at. de chlorate de soude. =

(2 at. ac. chloriq. == f 1 at. de soude;

10 at. oxigène, 4 at. chlore,

5 at. chlorure de sodium =i22 a[*

( 5 at. sodium,

Le soufre que l’on fait passer sur de l’hydrate de protoxide de sodium rouge de feu , le décompose à peu près de la meme manière que le fait le chlore dans l’opération que nous venons de décrire, c’est-à-dire qu’une portion de soude cède son oxigène à une portion de soufre ; il en résulte d’une part de l’acide sulfurique qui Neutralise une portion de soude indéçomposée, et du sodium qui est sulfuré par une portion de

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soufre qui ne s’oxigène pas. Prenons, en négli-

geant l’eau de l’hydrate,

À'* 3 atomes = B', i at. soude;

4 at. soude :

8 at. soufre =|g g; nous aurons

i at.

6 at. oxigène , 3 at. sodium,

at. soufre,

sulfate so.ude=J*at-ac- suUun(l- = j (i at. soude B';

6 oxigène, 2 soufre,

3 at. sulfure de sodium

(6 at.

(3 at.

soufre , sodium A'.

Les acides hydrochlorique, hydrophtorique, hydriodique, etc. , que l’on met en contact avec la soude, peuvent être considérés, ainsi que nous l’avons dit, comme formant un hydrochlorate, un hydrophtorate, un hydriodate, etc., lorsque la combinaison reste dissoute dans l’eau; mais lorsqu’on fait évaporer la solution à sec, le résidu est un chlorure , un phtorure , un iodure, etc. , de sodium. L’hydrogène des acides a donc désoxigéné la soude.

L’acide hydrosulfurique que l’on fait passer sur l’hydrate de soude rouge de feu, lui fait éprouver une décomposition analogue, il en résulte de l’eau et un sulfure de sodium.

APPLIQUÉE A LA TEINTURE. îi5

Y. PROPRIÉTÉS ORGANOLEPTIQUES.

L’hydrate de soude dissous dans l’eau a une saveur âcre et le goût urineux. (i 6e leçon , page h. ) Si la liqueur est concentrée , elle désorganise la peau avec une grande rapidité; en un mot, elle possède la causticité à un haut degré.

Si on applique un morceau d’hydrate de soude sur la langue, on éprouve une sensation de chaleur due à l’union de l’eau de la salive avec l’hydrate, et presque aussitôt une sensation douloureuse résultante de la désorganisation de la peau à l’endroit qui a le contact de l’alcali.

La grande solubilité de la soude dans l’eau fait qu’elle agit bien plus rapidement sur les matières organiques que les alcalis moins solubles.

Les sels de soude sont en général purgatifs.

YI. ÉTAT NATUREL.

L’hydrate de soude n’existe pas dans la nature.

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