XV. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
Le chlorure de sodium est remarquable par sa parfaite neutralité aux réactifs colorés.
Il a une assez forte affinité pour Feau, car une solution qui en est saturée n’entre en ébullition qu’à îa température de ioÿ^yS, sous îa pression de onl?76o.
40 17e LEÇON DE CHIMIE
Yoici la solubilité de ce composé à différent degrés de température dans ioo parties d’eau, déterminée par M. Gay-Lussac :
Température. Chlorure disious par 100 partiel d'eau.
Vous voyez qu’il n’y a qu’une différence de 4,^7 entre les solubilités du chlorure de sodium à 1 30,89 et à io9°,73; c’est ce qui a fait dire à plusieurs chimistes qu’il est aussi soluble à chaud qu’à froid. Au reste, la légère différence que nous observons ne présente rien d’étonnant, puisque nous avons vu que la magnésie et la chaux sont plus solubles à froid qu’à chaud.
5o grammes de chlorure de sodium, en se dissolvant dans 200 grammes d’eau contenus dans un vase de verre de la capacité de 3 20 cent, cubes, et du poids de i85 grammes, ne donnent qu’un abaissement de i°,9, suivant M. Gay- Lussac.
Le chlorure de sodium est déliquescent dans une atmosphère saturée d’eau.
On peut considérer sa dissolution comme celle d’un chlorure, ou celle d’un hydrochlo-
rate de protoxide de sodium. Dans les deux manières de voir tous les faits s’expliquent clairement : en effet, lorsque vous mettez la solution de ce chlorure avec une substance qui en dégage de l’acide hydrochlorique , par exemple de l’acide sulfurique , vous concevez également bien les résultats, soit que vous admettiez que l’eau contenait un hydrochlorate de soude dont la base, ayant plus d’affinité pour l’acide sulfurique que pour l’acide hydrochlorique, abandonne celui-ci pour s’unir au premier, soit que vous admettiez que le chlorure dissous, équivalant à
4 at. de chlorure,
i at. de sodium,
est réduit , sous l’influence de 2 atomes d’acide sulfurique et de 2 atomes d’eau, en
4 at. acide hydrochlorique = 1 at. de soude =
4 at. chlore,
4 at. hydrogène; 2 at. oxigène,
1 at. sodium,
qui s’unit aux 2 atomes d’acide sulfurique.
On concevra également bien, dans les deux manières de voir, comment on fait de l’eau régale en mettant du chlorure de sodium avec de l’acide nitrique. Dans le cas où l’on admet
l’existence du chlorure, une partie de l'acide nitrique oxidant le sodium , met du chlore en liberté. Dans le cas où c’est un hydrochlorate, l'acide nitrique agit alors sur l’acide hydrochlorique comme il a été dit (i ie leçon, pag. 4).
L’eau saturée de chlorure de sodium ne se gèle qu’à une température bien plus basse que celle de zéro. C’est ce qui explique pourquoi Feau de la mer conserve sa liquidité , lorsque l’eau ordinaire se congèle.
L’eau qui contient du chlorure de sodium est en général moins propre que l’eau pure à dissoudre d’autres corps , et sous ce point de vue l’on se tromperait si l’on pensait, d’après la neutralité de ce chlorure, que sa présence dans l’eau ne peut exercer aucune influence sur une opération de teinture , car il est telle circonstance où elle en a une très-grande pour diminuer le pouvoir dissolvant de Feau. On se tromperait encore de croire que le chlorure de sodium et les sels qui se trouvent dans les fluides animaux , ne sont pas susceptibles d’exercer sur les principes immédiats, dits organiques, une action particulière à Feau salée et qui est nécessaire à la vie.
J’ai parlé (4e leçon , pag. 17) de l’influence
de Feau sur les propriétés physiques des tissus organiques : qu’on substitue à l’eau pure Feau saléé, et l’on verra qu’ils sont loin d’en éprouver la même influence. Par exemple , le tissu élastique jaune du ligament cervical et des artères desséché , n’y reprendra point l’élasticité que lui rendra Feau pure. D’après ce que je viens de dire, l’eau de chlorure de sodium est donc moins propre que Feau pure à dissoudre , à pénétrer, à mouiller les matières organiques, et à modifier les propriétés physiques de celles qui constituent des tissus.