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III. PROPRIÉTÉS PHYSIQUES

La chaux est solide, infusible au feu de nos fourneaux si elle n’est pas en contact avec des

APPLIQUÉE A LA TEINTURE. i5

corps susceptibles de s’y combiner, car alors elle pourrait se vitrifier : c’est ce qui est arrivé à certains morceaux de chaux du commerce qui sont à l’état de scories vitreuses. Si elle était exposée au feu d’une forte batterie électrique ou dans la flamme du chalumeau de Newman, elle se fondrait.

Sa densité est de 2,3.

Elle est blanchâtre. La chaux du commerce peut être colorée par des peroxides de fer et de manganèse.

1Y. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

À. Cas où la chaux ne se décompose pas.

La chaux est douée de l’alcalinité à un plus haut degré que la magnésie; aussi exerce- t-elle une action bien plus forte sur la teinture de violette, sur l’hématine, et en général sur tous les principes colorans organiques. Elle forme avec les acides des sels bien caractérisés.

Elle est sans action surl’oxigène gazeux, mais elle est susceptible de s’unir à celui de l’eau oxigénée , et de constituer un peroxide.

Elle a une affinité prononcée pour l’eau, quel que soit l’état d’agrégation des particules de ce liquide.

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A . De la chaux et de la glace en poudre, mêlées ensemble, s’unissent en dégageant de la chaleur.

B. D’après ce résultat, vous devez croire que l’action sera bien plus vive lorsqu’on substituera l’eau liquide à la glace. En effet, si Ion verse la première peu à peu sur un morceau de chaux, celui-ci Fabsorbera avec un léger frémissement sans paraître mouillé. Cet effet est dû à la grande porosité du solide, porosité qui sera expliquée quand il sera question de la préparation de la chaux; mais il arrive un moment où la chaux fuse , c’est-à-dire, qu’elle s’échauffe, se gonfle, se délite en morceaux qui se réduisent eux-mèmes en poussière ; alors de la vapeur s’en dégage avec sifflement dans Fatmosphère , où elle se condense en partie à l’état de vapeur vésiculaire par le refroidissement quelle y éprouve. Ces phénomènes sont produits par la chaleur résultante de Faction chimique des deux corps ; pendant qu’une portion d’eau forme avec la chaux un hydrate, l’autre portion est portée à une température si élevée, quelle passe presque subitement de l’état liquide à l’état de fluide élastique (i volume d’eau à 4°> passant à l’état de fluide élastique à ioo°, oc-

cupe 1696 volumes) ; dès lors, en vertu de cette force expansive, la vapeur aqueuse se dégage avec sifflement et en écartant les parties solides qui lui résistent toujours par suite de leur agrégation. On conçoit d’après cela que si de la chaux imprégnée d’eau était subitement enfermée dans une enveloppe solide qu’elle remplirait plus ou moins exactement, elle pourrait la briser avec une sorte d’explosion. Au reste, c’est un fait dont j’ai été témoin : une personne qui commençait l’étude de la chimie avait mis dans des flacons de verre de la chaux qui était imprégnée d’eau depuis environ une demi-heure, et qui ne s’était point encore délitée, quand , au bout d’une heure, ces flacons se brisèrent avec bruit.

La chaux qui a été réduite par l’eau en petits morceaux ou en poudre est dite délitée , ou éteinte à Veau.

Ce que je viens de dire donne la raison pourquoi il faut plus d’eau pour éteindre la chaux qu’il n’en faut pour constituer l’hydrate de cette base.

Lorsque la chaux vive est submergée dans une quantité d’eau suffisante, elle ne fuse pas, par la raison que la chaleur provenant de la réaction des corps est absorbée par la masse de

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l’eau liquide , et qu’alors il ne peut se dégager de vapeur.

C. Lorsque la chaux est en quantité suffisante dans un espace limité où il y a de la vapeur d’eau, soit pure, soit mélée à des gaz qui n’ont pas d’action sur la chaux, celle-ci réduit l’espace à la sécheresse extrême, parce qu’elle absorbe toute la vapeur d’eau pour former avec elle un hydrate.

La chaux est susceptible de se dissoudre dans l’eau, et, comme la magnésie, elle y est plus soluble à froid qu’à chaud. Cette dissolution est Veau de chaux. Suivant Dalton, il faut pour dissoudre

i part, de chaux à la tempér. de zéro 635 parties d’eau.

La chaux qui est exposée à l’atmosphère en absorbe la vapeur aqueuse, ensuite l’hydrate formé absorbe l’acide carbonique ; mais , à mesure que cette combinaison a lieu , l’eau se sépare de la chaux , car le sous-carbonate de cette base est naturellement anhydre. D’après cela, on conçoit la nécessité de renfermer l’hy-

drate de chaux soigneusement, si on veut le conserver à l’état de pureté.

La chaux qui est réduite en poudre par son exposition à l’atmosphère, et qu’on dit éteinte à V air , est, pour la plus grande partie au moins, changée en sous-carbonate; il ne faut donc pas la confondre dans l’usage avec la chaux éteinte ci Veau , qui est un hydrate exempt de carbonate.

L’eau de chaux exposée à l’air se recouvre d’une pellicule de sous-carbonate de chaux.

La chaux anhydre n’absorbe le gaz acide carbonique que très-lentement.

La chaux anhydre ne s’unit pas au chlore; mais à l’état d’hydrate elle s’y combine.

B. Cas ou la chaux est décomposée.

Si la chaux anhydre n’éprouve pas d’action de la part du chlore à la température ordinaire, il 11’en est pas de meme à une température rouge , le chlore en chasse l’oxigène et en prend la place.

Pour décomposer i atome de chaux

| 2 at. oxigène ,

( 1 at. calcium ,

il faut

4 at. de chlore.

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On obtient alors

1 at. chlorure de calcium = j ^ at‘ c^°.ie’

( i at. calcium,

et

2 at. d’oxigène gazeux.

Ce chlorure est susceptible de s’unir avec la chaux.

Le soufre en vapeur qu’on fait passer sur de la chaux chauffée au rouge dans un tube de porcelaine, donne lieu à une formation de sulfate de chaux et de sulfure de calcium. Que l’on ait

8 at. soufre =

2 at. soufre, 6 at. soufre;

4 at. chaux =

3 at. chaux = i at. chaux.

at. oxigène , at. calcium ,

2 atomes de soufre, en s’unissant aux 6 atomes d’oxigène des 3 atomes de chaux, donneront 2 atomes d’acide sulfurique qui neutraliseront l’atome de chaux.

Il restera

6 at. de soufre ) 3 at. de calcium)

3 at. sulfure de calcium.

Le phosphore qu’on fait passer sur de la chaux rouge de feu s’y fixe, et forme un composé que l’on a appelé phosphure de chaux; mais il est très-probable qu’il se passe ici quel-

que chose d’analogue à ce qui a lieu dans la réaction du soufre sur la chaux, c’est-à-dire qu’il se forme un phosphate à base d’oxide et un phosphure métallique.

Y. PROPRIÉTÉS ORGANOLEPTIQUES.

La chaux désorganise les matières animales, mais il en faut une certaine quantité : c’est de là que lui vient l’épithète de caustique , qu’on lui donne quand elle est anhydre; sous ce rapport, la chaux diffère de la magnésie.

La chaux mise sur la langue en absorbe d’abord l’humidité, puis elle a un goût particulier, et produit encore plus que la magnésie la sensation qu’on a improprement appelée goût urineux. (Voyez page 7 ).

YI. ÉTAT NATUREL.

La chaux ne peut exister dans la nature à l’état de pureté qu’autant qu’elle est soustraite au contact de l’air atmosphérique. On conçoit sans peine qu’il peut s’en trouver dans des roches qui ont éprouvé Faction du feu des volcans, et qui contenaient dans l’origine du souscarbonate calcaire.

La chaux se rencontre dans le règne inorganique en très-grande quantité à Fétat de nitrate, de

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sulfate, de phosphate, d’arséniate, de silicate, de carbonate, etc*

Elle existe en assez grande quantité dans les plantes à l’état de sulfate, de phosphate, d’oxalate , et de sels contenant des acides organiques.

Le squelette osseux qui donne aux animaux vertébrés leur forme principale , et auquel sont fixés médiatement ou immédiatement les ligamens, les tendons et les muscles, contient une grande quantité de phosphate de chaux et une petite quantité de sous-carbonate ; les coquilles des mollusques, les coquilles des oeufs d'oiseaux, les polypiers , sont formés en grande partie de ce dernier sel. La chaux a donc d’intimes rapports avec les animaux. Si dans les végétaux nous n’avons pas, à la première vue, de motif de croire à l'indispensable nécessité de sa présence pour l’existence de ces êtres , cependant on pourrait commettre une grave erreur en la considérant comme accidentelle, car il est bien probable qu’elle est absolument nécessaire pour neutraliser certains acides. Si cette opinion n’a pas été prouvée, l’opinion contraire est loin de l’avoir été.

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