IV. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
La silice ne se dissout dans l’eau qu’en trèspetite quantité. Il ne faut pas croire que celle qui se trouve dans le résidu de l’évaporation de certaines eaux naturelles était tenu en dissolution par l’eau pure, car il arrive très-souvent qu’elle est dissoute par l’intermède, soit d’un acide, soit d’une base avec laquelle elle forme un silicate plus soluble qu’elle ne l’est à l’état de pureté.
Kirwan a estimé que la silice est soluble dans mille fois son poids d’eau ; mais l’état d’agrégation dans lequel on la prend a de Fin-
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fluence sur son degré de solubilité. Ainsi la silice séparée du silicate de potasse par l’acide hydrochlorique, et qui n’a pas été exposée au feu, est plus soluble que le cristal de roche réduit d’ailleurs en poudre fine.
La silice en poudre sèche absorbe la vapeur d’eau; par exemple, ioo parties exposées dans un atmosphère humide , peuvent prendre de io à i5 parties d’eau hygrométrique. Dans cet état il ne faut pas la considérer comme un hydrate de silice, mais comme un corps poreux qui a absorbé de la vapeur d’eau.
Elle n’éprouve pas d’action de la part des solutions aqueuses des acides que nous avons examinés jusqu’ici, mais lorsqu’on la chauffe au rouge avec de l’acide borique ou phosphorique , elle se combine avec eux.
La silice pulvérulente et même celle qui, contenant de l’eau interposée, est à l’état de gelée, n’est pas dissoute par les acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique, etc. ; mais elle l’est si ces acides la trouvent dans un grand état de division. Yoici une dissolution aqueuse concentrée de silice dans la potasse ; je la partage en deux portions égales, je n’ajoute rien à l’une, tandis que j’étends l’autre de six
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parties d’eau environ. Je verse de l’acide hydrochlorique en excès dans les deux portions. Vous voyez que la première donne un abondant précipité , qui ne se redissout pas dans le nouvel acide que j’ajoute, tandis que la seconde portion ne se trouble pas ; mais si nous faisons chauffer cette dernière liqueur, de l’eau et de l’acide en excès se volatiliseront, et la liqueur concentrée à un certain point, abandonnée à elle-même, ou évaporée très-lentement, se prendra en gelée. Celle-ci n’est autre chose que de la silice très-divisée , qui retient entre ses parties tout le liquide qui n’a pas été évaporé. Si cette gelée est exposée de nouveau à la chaleur, elle perdra son eau et il ne restera plus que de la silice anhydre, à l’état pulvérulent, et le sel provenant de l’union de la potasse avec l’acide qu’on a employé pour décomposer le silicate alcalin. En versant de l’eau sur la matière , on dissoudra le sel, et la silice restera à l’état de poudre blanche.
La silice qui se sépare de Feau en flocons gélatineux, a été considérée par quelques chimistes comme un hydrate, mais nous avons dit, en traitant de la nomenclature chimique, que nous n’appliquerions cette dénomination qu’à
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des combinaisons définies. Or, la silice en gelée n’est certainement point dans ce cas, ou bien, si elle est unie à de l’eau en proportion définie, ce n’est qu’avec une portion du liquide qui s’y trouve, et nous pensons que cette portion, qui n’a point été déterminée, est distincte de celle qui constitue la gelée. L’eau qui rend la silice ou son hydrate gélatineux, nous semble être dans le même état que celui où se trouve ce même liquide dans les tissus organiques frais, sur les propriétés physiques desquels il exerce tant d’influence. (4e leçon, page 17.)
Quand on met la silice pulvérulente en contact avec de l’eau, elle l’absorbe en vertu de la capillarité; mais il ne se produit pas de gelée.
La silice n’éprouve aucune action des corps simples que nous avons examinés jusqu’ici.
Y. PROPRIÉTÉS ORGANOLEPTIQUES.
La silice est inodore, insipide.