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SUR LA COMBUSTION

Un corps combustible est pour le vulgaire une matière qui, étant exposée à Fair, presque toujours à une température plus ou moins élevée, produit du feu, c’est-à-dire de la lumière et de la chaleur. Or, nous avons vu que les corps dont la combustibilité ne peut être mise en doute, tels que l’hydrogène, le carbone, le soufre, le phosphore, ne manifestent le phé~ nomène du feu au milieu de l’air qu’en se combinant rapidement avec Foxigène; car, lorsque la combinaison est lente, s’il y a quelquefois dégagement de chaleur sensible, il n’y a près» que jamais dégagement de lumière. Il est donc évident que ce qui constitue essentiellement la combustion dans le cas où le vulgaire Fa remarquée, c’est V union chimique de deux matières qui s'opère avec une certaine rapidité , et nous ajouterons avec une certaine énergie.

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Mais de ce que Foxigène est toujours dans ce cas Fune de ces deux matières, doit-on le considérer comme nécessaire à toute combustion? et doit-on en outre considérer comme combustible toute matière qui s’y combine? C’est ce que nous ne pensons pas; mais, avant d’en exposer la raison , il faut dire que le phénomène du feu n’est point exclusif aux combinaisons de Foxigène avec les combustibles, mais qu’il a lieu toutes les fois que des corps composés s’unissent avec une énergie et une rapidité suffisantes, ainsi qu’on l’observe dans la réaction de Facide sulfurique et de l’acide nitreux sur la baryte caustique. D’après ces considérations, que le phénomène du feu n’est point essentiellement lié à l’union de l’oxigène et des corps combustibles, et qu’il peut être le résultat de Funion mutuelle de corps composés comme de corps simples, il suit quoi i ne doit pas le faire servir de base pour caractériser les corps qui le manifestent.

Occupons-nous de la question de savoir si le chlore, le brome et Fiode, d’après les phénomènes chimiques qu’ils présentent, doivent être rangés auprès de Foxigène ou auprès des corps décidément combustibles.

Nous distinguerons

i ° Les phénomènes qui apparaissent dans V acte même de V union des corps ;

2° Les propriétés des combinaisons produites, envisagées comparativement avec celles de leurs élèmens ;

3° Les phénomènes que les combinaisons présentent dans quelques circonstances de leur décomposition.

1. Le chlore, en s’unissant à l’hydrogène, au phosphore, à l’arsenic, au silicium, à l’antimoine, au tellure, etc., etc., produit tous les phénomènes de la combustion. Le brome, et à plus forte raison l’iode, sont loin sans doute de manifester aussi fréquemment le phénomène du feu que le chlore, mais cependant ils le présentent encore dans leurs réactions sur un assez grand nombre de substances. A cet égard le chlore, le brome et l’iode se rapprochent donc de l’oxigène.

2. L’oxigène, en s’unissant avec les corps simples , produit des composés neutres , des composés acides et des composés alcalins. Le chlore, le brome et l’iode produisent, avec les corps simples, des composés neutres, des composés acides; et si on n’en connaît pas de dé-

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cidément alcalins, il en est cependant qui, dans plusieurs circonstances, paraissent agir comme des alcalis faibles.

3. La plupart des composés d’oxigène et de corps simples qui, soumis à l’action de la pile, se décomposent, laissent dégager au pôle négatif le corps qui est uni à Foxigène, tandis que celui-ci va au pôle positif. Dans la décomposition par la pile de la plupart des composés de chlore, de brome et d’iode, on observe que le chlore, le brome et Fiode vont au pôle positif, tandis que les corps qui y sont unis vont au pôle ne'gatif.

Enfin vous remarquez que si un composé d’oxigène et d’un corps décidément combustible est soumis à Faction d’un corps décidément combustible, c’est toujours, ou presque toujours, le premier corps combustible qui est expulsé, et non Foxigène. D’où Fon peut tirer cette règle, qui, si elle n’est pas universelle, est au moins très -générale, c'est qu'un corps qui en expulse un autre de sa combinaison pour en prendre la place , est analogue au corps expulsé , et non à Vautre.

Les composés que le chlore, le brome ou Fiode, forment avec les corps décidément coin»

bustibles soumis à l’affinité élective d’un corps décidément combustible , présentent les mêmes résultats.

Maintenant, si, au lieu de faire réagir un corps décidément combustible sur des composés d’oxb gène et de corps décidément combustibles, nous faisons réagir, sur ces mêmes composés, soit le chlore, soit le brome, soit Fiode, s’il y a une décomposition , ce sera toujours , ou presque toujours, Foxigène qui sera expulsé, et non le corps décidément combustible. D’où nous conclurons, d’après la règle précédente, que le chlore, le brome et Fiode sont analogues à Foxigène plutôt qu’ils ne le sont aux corps combustibles.

Si l’on étudie sous les points de vue que nous venons de présenter tous les corps simples , nous serons conduits au résultat général que nous avons énoncé dans la première leçon, pag. 4 o ; c’est qu’il n’est pas possible de faire des classes distinctes de corps comburans comme Foxigène , le chlore , etc. , et de corps combustibles comme l’hydrogène, le potassium, etc.

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