II. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
L’or n’est pas susceptible de se combiner avec Fhydrogène ni avec l’azote. Il s’unit à l’oxigène, mais les chimistes sont partagés d’opinion sur le nombre de ses oxides. M. Berzelius en admet 3 , d’autres chimistes n’en comptent que 2 , et Proust n’en admet qu’un seul. Il se combine avec le chlore gazeux à une certaine température.
Il se dissout dans l’eau de chlore.
Il forme un iodure , mais il* ne s’unit pas directement avec l’iode.
Il se combine indirectement avec le soufre et le phosphore, et directement avec l’arsenic, l’antimoine.
L’eau est sans action sur l’or.
L’acide hydrochlorique n’en a pas non plus ; ou, s’il en a une, ce n’est que quand sa solution aqueuse est très-concentrée, et cette action est des plus légères.
L’acide hydriodique, l’acide hydrophtorique, l’acide hydrosulfurique, sont sans action sur lui; et c’est ce qui explique pourquoi l’or ne noircit pas, comme l’argent, lorsqu’il se trouve dans une atmosphère sulfurée.
L’acide nitrique dont la densité est inférieure à 4o° n’attaque pas l’or; celui qui est plus concentré en dissout une très-petite quantité.
Les acides du soufre, du phosphore, de l’arsenic, dissous dans l’eau, ne l’attaquent pas.
Le vrai dissolvant de For est Veau régale.
La meilleure composition de l’eau régale pour dissoudre l’or est de 4 parties d’acide hydrochiorique à 12°, et i partie d’acide nitrique à 4o°. Ce mélange peut dissoudre 18 à 20 parties d’or divisé; mais il faut toujours commencer à une douce chaleur, parce que sans cela on s’exposerait à volatiliser une certaine quantité d’acide.
D’après ce que j’ai dit hier de Faction de Feau régale en général, je n’insisterai pas beau-
4 12e LEÇON DE CHIMIE
coup aujourd’hui sur la manière dont elle dissout l’or. Nous avons comparé le mélange d’acide hydrochlorique et d’acide nitrique à une source de chlore. La décomposition de ces acides commence au moment de leur mélange, mais elle s’arrête bientôt, par la raison que ces acides s’affaiblissent; il faut donc une circonstance nouvelle pour que leur décomposition continue; cette circonstance existe lorsqu’on y plonge de For, qui a de l’affinité pour le chlore : alors l’acide hydrochlorique est sollicité d’une part par l’oxigène de l’acide nitrique qui tend à former de l’eau avec son hydrogène, et de l’autre par le métal qui tend à se combiner avec le chlore. Ainsi les élémens de l’acide hydrochlorique se séparent en vertu d’une double affinité.