DÉRIVÉS COMPLEXES DES ALBUMKOÏDES
belles plumes Itleu-violct des touracos, préalablement lavées à l'alcool cèdent à l'eau ammoniacale, ou à la soude à 2 pour 1000, un pigmenj cuprifère et azoté, la turacine, que reprécipitent les acides. II forme des paillettes violet foncées, contenant de l'azote et 5,8 pour 100 (]0 cuivre. Cette substance, insoluble dans l'éther et l'alcool, se dissout un peu en rose dans l'eau pure, en bleu dans les solutions alcalines. Séchéç, clic ne s'altère pas à 100° et devient bleu verdâtre. A une température plus élevée, elle fond et donne des vapeurs violettes. Ce pigment donne deux bandes près de D et E, de Frauenhoffer. Churcb lui attribue la composition CTF'Cu'AzW-.
La couleur rouge des plumes de certains oiseaux peut s'extraire par l'alcool bouillant. D'autres pigments, jaunes, orangés, verts, sont solubles dans l'acide acétique, ou, comme le pigment noir, ne le sont q ne dans l'ammoniaque chaude (').
Pigment de Vécrevisse et corps analogues. — 11 se dissout en rouge dans l'alcool bouillant. Il est soluble dans la potasse, mais non dans lié chloroforme ou la benzine. Le résidu laissé par l'alcool ressemble à du suif coloré; il se dissout dans l'éther. Les acides minéraux le colorent en vert ; mais la couleur rouge ne reparaît plus par neutralisation.
Un grand nombre de pigments bleus, bruns ou violacés, entre autres ceux de la carapace du homard et des crabes, se transforment en pigments rouges par la cuisson ou par les acides.
Une foule de pigments d'animaux inférieurs portent des noms différents donnés par chaque auteur, mais c'est à peine si l'on connaît leurs propriétés et leur origine. Nous nous bornerons donc à nommer ici la pélagéine, pigment violet de la méduse, Y astroviolettine , pigment violet de Yaslropecten bispinatus ; Yastrogriscine, pigment gris de Yastropecten aurantiacus ; Y astroviridine et la velelline, pigments verts de Yasterina velella, etc.; ces pigments se colorent en rouge par les acides. Citons encore Yasfroïdine, jaune citron de Y as froides calU cularis; Yophiurine, principe brun jaunâtre des ophiures; la rhhostoi mine, d'un violet intense, fournie par les rhizostomes; Y échinastrine^ rouge et soluble dans l'eau, des échinasters : la pentacrinine, Yactinochromine, Yaphisiopurpurine de certains animaux, etc. Tous ces pigments nous paraissent être des lipochromes (').
Les pigment des pattes d'oiseaux sont des matières rouges à consistance graisseuse, insolubles dans l'eau froide, solubles dans l'éther, l'alcool, les huiles grasses et les alcalis dont les acides les déplacent. Mélaïne. — La mélaïne est la matière colorante du noir de seiche ou
t1) Bogdanow, C. rend., LIV, 660. — Ciiorch, PMI. Transact., CLIX, 627. {-) Voir Vohm, Zeit. Wissen ZooL, XXXI, 553. — Merejco\vsk(, C. rend., XCIII, 1029. — Mac-MuKn, Proc. roy. Soc, 1883; p. 17. — Halliburton, Journ. physiolog., t. VI. p. 324.
sépia. On distingue au microscope dans cette sécrétion un sérum transparent où nage une multitude de corpuscules bruns d'une ténuité extrême. Pour en extraire la mélaïne, on met en digestion le noir de seiche dans de l'alcool concentré; il se fait un précipité que l'on sépare par le filtre, qu'on lave successivement à l'éthcr et à l'eau, et met à digérer avec de l'acide acétique cristallisable, puis avec de l'acide acétique ordinaire, enfin avec de l'eau. On soumet enfin le résidu à l'action du carbonate de potasse additionné d'un peu de potasse caustique ; on lave à l'eau, à l'acide chlorhydrique au dixième, et à l'eau, puis l'on sèche. La mélaïne est ainsi privée de toute matière extractive, albumineuse ou saline, MM. Girod, puis Yariot et Desfosses, qui l'ont obtenue à l'état le plus pur, lui ont trouvé la composition :
C = 53,6 à 54,9; 11=4,02 à 4,05; Az=8,8 à 8,1 (').
Ces nombres répondent à C2aIP9Az30,0(2)-
Nencki et Sieber ont isolé du noir de seiche par digestion prolongée avec de la potasse au 10e un corps soluble dans les alcalis et précipitable par les acides en poudre noire brillante contenant :
C =56,36; 11 = 3,65; Az = 12,44; S = 0,5 (3).
La mélaïne est une poudre noire insoluble dans l'eau, l'alcool, les alcalis, les acides, k peine soluble dans la potasse concentrée. Le chlore et le chlorure de chaux la décolorent.
Mélanine. — Dans le corps muqueux de l'épiderme, la choroïde, le protoplasma de quelques cellules, on trouve des granulations noires, brunes, quelquefois jaunes ou rouges, ayant au microscope l'aspect de bâtonnets polygonaux. On a donné à ces pigments le nom de mélanines. i Ces substances, insolubles dans l'eau, l'alcool, les acides (si ce n'est dans les acides sulfurique et nitrique qui forment avec elles des solutions rouges foncées), n'ont pu être bien purifiées. La mélanine de la peau, des yeux, des tumeurs mélaniques du i cheval, des plumes noires des oiseaux (Bogdanow) dissoute lentement i dans la potasse étendue, forme une solution brune que les acides préi cipitent en brun clair. L'acide azotique dissout la mélanine en la décomposant. Le chlore la décolore et l'attaque en partie; le résidu brunit ; alors par la potasse et se dissout plus facilement dans l'eau. D'après Schércr, le pigment normal de l'œil a la composition :
C = 58,08; 11=5,91; Az = 13,76; 0 = 22,23.
(') Heintz avait trouvé C = 53,4; 11 = 4,02 et An = 7,10. (2) C. rend. Acad. sciences, XCIII, 97, et Bull. Soc. bioloc/., 1880. Arch. f. ezperim. Palholog., t. XXIV, p. 17, 1880.