DÉRIVÉS COMPLEXES DES ALBDMINOÏDES
Chlorooruorine < Eémérythrine ('). - - Ce son! des pigments respiratoires qu'on trouve dans le sang de certains vers {Spirographis] Chloronema, Siphonoslomum, Sipunculus, Phascoloma).
La chlorocruorinè est m, pigmenl verl ferrugineux qui peul exister sens deux riais, chargée d'oxygène actif {oxy chlorocruorinè), ou non chargée de ce gaz (chlorocruorinè). Ces variétés peuvenl être obtenue! artificiellement dans les conditions mêmes où se produisenl l'oxï] hémoglobine et l'hémoglobine L,oxy<-li|(,ro(-ruorine présente deui bandés d'absorption : l'une entre C et D, l'autre entre I) el E. La chlorocruorinè n'en présente qu'une entre C et D, mais moins bien délimitée.
Vhémérythrine est un pigment rouge vif apte à se réduire en donnant une matière colorante pourpre, Yhéméryihrogène. Elle ne présente pas de bandes d'absorption et n'est pas apte à donner des cristaux d'hémine (Lankaster).
Echinochrome. — C'est le pigment respiratoire des échinodermes. Il est soluble dans la benzine, le sulfure de carbone, le chloroforme. 11 existe sous deux états : V echinochrome proprement dit ou oxyechinochrome, et Y echinochrome réduit. Il répondrait à la formule C102H"Az)2FeS3012, et se transformerait par les acides minéraux en hématoporphyrinc, hémochromogène et acide sulfurique.
Lutéine. - - La lutéine a été extraite à l'état cristallisé des corps jaunes de l'ovaire de vache. Elle forme des lamelles rhomboédriques, vertes par reflexion, orangées par transparence, solubles dans l'alcool! l'éther, les huiles grasses, insolubles dans l'eau, les acides et les alcalis. Kùhnc a retiré des cellules épithéliales pigmentaires de la rétine une substance tout h fait semblable.
Presque toutes ces substances dérivent, on peut dire, les unes des autres et primitivement des hématines, elles-mêmes issues des hémoglobines du sang et analogues. Les pigments rouges devenant violets et brun sale que Gmelin puis Nencki ont signalés dans l'action de l'eau de brome sur les produits de digestion pancréatique paraissent dériver de la partie indolique ou aromatique des molécules albuminoïdes (s).
Lipochromes. — Ces pigments jaunes et, verts, très répandus chez les animaux, sont caractérisés par leur solubilité dans l'éther, l'alcool, la benzine, les graisses, la thérébentine, etc. L'iode les teint en bleu ou en vert ; l'acide sulfurique les colore généralement en bleu et l'acide nitrique en vert. Ils n'ont pas de bandes d'absorption, si ce n'est à l'extrémité violette du spectre. Ces pigments sont peu a peu décolorés parla lumière. La zoonérythrine, la tétronérythrine, la matière jaune
(M Compl. rend., t. CXV ; p. 419. - GrifïUhs a décrit plusieurs pigments du sang d'invertébrés (Compl. rend., t. CXV ; p. G69). (2) Bull. Soc. chim., (3), t. XIV; p. 1532.
des œufs, du sérum et des graisses, le pourpre rétinien, la cliromophane, la Caroline, etc. ('), sont autant de lipochromes.
Les lipochromes ont les mêmes dissolvants que les graisses. Us bleuissent par l'iode et l'acide sulfurique. Ils se décolorent à la lumière.
Zoonérythrine. — Les zoonérythrines sont des pigments (Variâtes qui colorent souvent la peau des animaux inférieurs, des sédentaires, vers, spongiaires, bryozaires, tuniciers, cœlentérés, mollusques, crustacés et quelques poissons. Ces principes contribuent peut-être à la respiration cutanée. Ils peuvent être accompagnés par d'autres pigments.
Les zoonérythrines sont insolubles dans l'eau ; facilement solublcs dans l'alcool, l'éther, le sulfure de carbone et l'acide acétique. Elles prennent par l'acide sulfurique une coloration bleue. La lumière les I décolore à Vair, mais non dans le vide, ce qui semblerait indiquer une oxydation et rapprocher ces pigments de la biliverdine.
R. Blanchard a trouvé dans certains dioplomus, petits crustacés des hauts lacs des Alpes, un pigment rouge carmin peu soluble dans l'alcool, très soluble dans le sulfure de carhone, ne donnant pas de bandes spectrales. Ce pigment offre la plus grande ressemblance avec la Caroline des carottes et des feuilles, C26IP8, et avec les zoonérythrines (2).
Tel) ^onérythrine ; Cyanocrislalline ; Sérumlulêine . — La tétronérythrine, que beaucoup d'auteurs confondent avec les zoonérythrines, et qui a les mêmes dissolvants , est le pigment rouge du liséré des yeux des faisans et des coqs de bruyère. Elle parait assez répandue.
Le pointe rétinien est un pigment rouge qui paraît devoir être placé aussi dans la famille des lipochromes. On l'obtient par macération ■de la plaque rétinienne avec de la bile cristallisée ; on soumet ensuite la liqueur à la dialyse. Il est soluble dans l'eau et dans quelques sels. Exposé à la lumière il jaunit et se décolore pour se recolorer à l'obscurité. Il .garde sa coloration au contact de l'ammoniaque, de l'alun, de l'eau vaseuse, du sulfate d'ammonium, du chlorure ferrique. Il est décoloré par les acides, la chaux, l'iode.
La sérumlutéine est la matière colorante habituelle du sérum du sang ides mammifères. Elle est fortement orangée chez les oiseaux. Elle parait appartenir aussi à la classe des lipochromes.
Pigments dermiques. — Les pigments, cà peine connus, du lerme, des plumes et autres annexes de la peau sont les suivants :
Turacine. — Les plumes d'oiseaux, lorsqu'elles présentent la même coloration par reflexion et par transparence, contiennent des pigments qnc les dissolvants neutres, acides ou alcalins, peuvent enlever. Les
1 Voir sur la Caroline, pigment rouge 1res répandu dans les végétaux, AitfauD, Compl.
t- C; p. 751; CH. 1119 cl 1310. - CIV, 1293. - CIX, 911. (s) Compl. rend., CX, 292.