C.iianine. Sdrçino. Adéïiine
rappelant celle de l'acide urique de Médicus ci Fischer.
202 liKUCOMAÏNES XA.NTIIIQI KS.
A D É N I N E : C ;H"'Az';
Cette base, découverte par Kossel (') on 1885, peut s'extraire de Ions les tissus végétaux ou animaux, bourgeon, feuilles, pancréas, rate à autres glandes lymphoïdes, aptes à proliférer et, en général, dos organes riches en nucléines. Elle est le ]>lus souvent accompagnée de sarcinei xanthine et guanine provenant du dédoublement des nucléoalbumines,; On a déjà dit que la nucléinedu thymus ne donne que de l'adénine, tandis que les nucléines du jaune d'oeuf non couvé et celles du lait ne donnent ni adénine, ni xanthine, ou que des traces. L'adénine ne se rencontre pas dans l'extrait de viande (2).
Kossel prépare l'adénine de la façon suivante : 75 livres de pancréas de bœuf sont broyées avec 200 litres d'eau contenant 1/2 vol. pour 100 d'acide sulfurique. Après 3 ou 4 heures d'ébullition, on précipite ceî acide par la baryte, on filtre, et l'on évapore à basse température. Le filtratum réduit au dixième du volume primitif, est alcalinisé d'ammol niaque et traité par du nitrate d'argent ammoniacal. Le précipité qui se dépose très lentement, et qui doit rester à l'obscurité, est décanté, lavé modérément, séché sur plaques poreuses, enfin dissous dans l'acide nitrique tiède de densité 1,1 additionné d'un peu d'urée. On filtre : l'adénine se dépose à l'état de sel double argentique mêlé de guanine et d'hypoxanthine. Ce dépôt est lavé et décomposé sous faible pression par IPS; on filtre encore, concentre et traite le résidu par l'ammoniaque sans excès en vase ouvert : à mesure que s'évapore l'ammoniaque, l'adés nine et la guanine se déposent, tandis que la sarcine reste dissoute. On redissout le précipité dans IIC1 chaud; par refroidissement il se fait des aiguilles de chlorhydrate de guanine, le liquide filtré laisse cristallise! l'adénine. On sépare le mieux possible ces cristaux de ceux de guanine qui continuent à se former, on fait recristalliser et on précipite l'adénine par saturation exacte avec l'ammoniaque. On purifie enfin celte hase en la transformant en sulfate qui donne des cristaux très purs.
L'adénine répond à la formule CBH8AzB -h 3IPO ; elle se déshydrate à 100°. Elle est neutre. Elle forme des cristaux transparents, rhombiquej d'aspect, en réalité hexagonaux, souvent très longs, semblables à des pierres à aiguiser, solubles dans 1086 p. d'eau. Us se dissolvent dans l'alcool et dans l'acide acétique cristalïi sable, mais non dans I'éther et le chloroforme. Les alcalis forment avec cette substance des adéninatej solubles d'où les acides faibles, mais sans excès, précipitent de nouveau
(') Zeitsçhrift fur physiol. Chemie, (. X, p. 248. Voir aussi Thoiss. Bull. (3), III. 250» (-) La meilleure source est le thé; son infusion peut contenir plusieurs grammes d'adénine par litre. Pour relie extraction, voir Rriiger, Bull. Sor. chim. (5), I. VIII. p. 657.
ADÉNINE. 203
la hase. L'adénine esl peu soluble dans le carbonate sodique. A 278° elle commence à se sublimer sans fondre en ('niellant de l'acide cyanhy- (lnque. Si on l'évaporé en présence d'acide nitrique et qu'on reprenne le résidu par de la soude, il ne se lait pas de coloration jaune orangée.
Par oxydation l'adénine donne de l'aMoxante'. C'est une base très stable vis-à-vis des acides, des alcalis et des oxydants.
Les sels d'adénine précipitent par l'eau de baryte. Ses solutions alcooliques forment avec le chlorure de zinc un précipité qui se redissout dans un excès d'ammoniaque'; l'adéninale mercurique est insoluble,, même à chaud, dans l'ammoniaque étendue; l'argentique est peu soluble. Le précipité que le nitrate d'argent forme à chaud dans la solution ammoniacale d'adénine répond à la formule C5fPAgAzs; à froid il a pour composition CstFAzs.AgsO.
Le sulfate d'adénine répond à la formule (CïFAz^SO'ÏP -+- 2IPO. Il perd son eau à 110°. Il forme de beaux cristaux solubles dans l'eau chaude. — Le chlorhydrate est cristallisé et assez soluble. — Le métaphosphate l'est très peu, mais il se dissout dans les alcalis et les acides. — Le ferrocyanure et le ferricyanure de potassium précipitent l'adénine en liqueur acétique f): — Le chlnroplatinate est jaune et cristallin; il répond à la formule (CsIPAzs.IICI)2PtGl4; bouilli avec l'eau, il se change en une poudre jaune CsHsAz\IICI,PtCP.
Lorsqu'on traite au bain-marie par le riitrite de potassium le sulfate d'adénine acidulé, il se transforme entièrement en hypoxanthine :
C5H5Az5 + AzOII = H*0 + Az2 + C8H*Az40.
Chauffé à 180° avec l'acide chlorhydrique en excès, l'adénine se décompose quantitativement, comme il suit :
C«H»Àz" + 8HX> = 4AzH* + CO* + CIPO» + C»H"AzO*
Acide Ibrmiqun. Glycocolle.
Directement chauffée, l'adénine dégage des vapeurs d'acide cyanhydrique. Fondue avec de la potasse à 200°, elle donne beaucoup de cyanure de potassium. Les réducteurs l'attaquent, mais on connaît mal les produits qui se forment.
SARCINE OU HYPOXANTHINE : CBH*Az*0
Elle a été découverte dans la rate par Schérer et dans les muscles bar Strecker. On en trouve des traces dans l'urine humaine. Elle accompagne l'adénine et la guanine dans les tissus animaux riches en iim léines. Elle se produit durant la putréfaction de la levure et de la
(') Voir Bull. Soc. chim., (3), t. VIII. p. 058.
204 LEUCOMAÏNES XANTHIQUES.
fibrine, par l'oxydation de [a carnine, etc. On vient de voir (p. 203) comment elle dérive de l'adénine par remplacement de A/.ll par 0.
On La relire généralèmenl «le la chair musculaire : L'extrait de viande est dissousà chaud, dans 3 fois son poids d'eau, la solution esi précipitée! par 6 vol. d'alcool à 95° centés. ; on recueille le précipité poisseux qui se forme; on le dissoul dans l'eau et on le traite par l'acétate de plomb; la liqueur filtrée, débarrassée du plomb parffSj réduite de volume à basse température, dépose abondamment de la créatine. Les eaux mères sont mélangées de sous-acétate de plomb ammoniacal sans excès qui sépare une petite quantité de xanthine; on filtre encore, on enlève le plomb par JPS, on ajoute à la liqueur concentrée de l'acétate de cuivre et l'on l'ait bouillir; on précipite ainsi à chaud une combinaison cuprique d'hypoxan^ thine, qu'on lave à l'eau bouillante et qu'on redissout dans L'acide, azotique chaud. A cette solution refroidie on ajoute du nitrate d'argent ammoniacal qui précipite une combinaison d'azotate d'argent et de sarcine; après lavage de ce précipité, on le redissout dans l'acide azotique bouillant, qui le laisse déposer en flocons cristallins. Ceux-ci délayés, dans l'eau, donnent par IFS une solution d'azotate de sarcine qui cristallise. On redissout ces cristaux dans l'eau chaude et l'on ajoute de l'ammoniaque; l'hypoxanthine se dépose à froid.
C'est une poudre blanche, cristalline, soluble dans 300 p. d'eau froide et 950 p. d'alcool. Ses solutions sont neutres. Distillée directe-^ ment ou en présence des alcalis, elle donne de l'acide cyanhydrique et des cyanures. Elle se dissout dans la potasse, l'ammoniaque et la baryte.
Elle forme des sels définis avec la plupart des acides. L'acide phosphomolybdique la sépare de sa solution azotique; le chlorure de platine, de sa solution chlorhydriquc. L'azotate d'argent ammoniacal donne le précipité CBH4A7/0,Az03Ag. Cette combinaison cristallise à chaud et permet de séparer cette substance de la xanthine qui s'unit au même
sel, mais ne se dépose que lentement. Le sublimé forme avec la sarcine un précipité floconneux soluble dans les acides. L'acétate de cuivre précipite également la sarcine à chaud. Le sous-acélale de plomb ammoniacal ne la précipite pas.
Le clilorlnjdate de sarcine C5HvAz*0,IICI -h HsO forme des cristaux et des aiguilles d'un éclat nacré (lig. 19). Le sulfate est en petites aiguilles. L' azotate en grains cristallins: l'un et l'autre se décomposent par l'eau.
Fig. 19. — Chlorhydrate de sarcine.
SARCINE i KANTHINE. 203
Oxydée par l'acide nitrique, la sarcine ne donne pas de xanthine comme l'avait cru Strccker, mais suivant E. Fischer et Kossel, on réalise cette transformation grâce au permanganate de potassium.
Réduite par Zn + HCl, puis mélangée d'un peu de potasse et laissée s'oxyder à l'air, la sarcine donne une coloration rouge caractéristique.
Si Ton traite la sarcine par l'eau de chlore et une trace d'acide [litrique, qu'on évapore à siccité lorsqu'à cessé le dégagement d'azote cl qu'on expose le résidu sous une cloche dans une atmosphère ammoniacale, on observe une coloration d'un rose foncé.
La sarcine parait se transformer en acide urique dans l'organisme des oiseaux de proie (Mach) et du poulet auquel on a enlevé le foie,
C*est une substance peu toxique : 08',050 à 0gr,100 de sarcine produisent chez la grenouille à laquelle on les injecte une excitation des réflexes avec attaques tétaniques.
Épisarcine, ClHBAz30. — Ce corps, doué de toutes les réactions xanthiques, a été signalé à l'état de traces par Balke dans les urines ; |600 litres en ont donné 0gr,4. On l'obtient au cours de la purification de la sarcine : on dissout celle-ci dans l'ammoniaque et on fait passer au courant de CO2; l'épisarcine se sépare en petites aiguilles cristallines.
Elle se dissout dans 13000 parties d'eau froide. Son chlorhydrate fournit de belles aiguilles. Son sel d'argent se produit comme celui d'hypoxanthine. Elle ne précipite pas par l'acide picrique comme la sarcine. Sa solution aqueuse réduite par Zn-hlICl, puis alcalinisée et laissée a l'air, ne donne pas la coloration rouge de l'hypoxanthine. Elle se différencie de la paraxanthine et de l'hétéroxanthine en ce qu'elle ne forme pas de combinaison sodique insoluble.
XANTHINE — IWÉTHYLXANTHINES — ISOXANTHINES
Xanthine, C5H4Azl0^. — La xanthine a été découverte, en 1823, par W. Marect dans un calcul uiïnaire, mais elle se rencontre un peu partout avec la sarcine, qu'elle accompagne presque toujours. On la trouve surtout dans les glandes. On peut la retirer du guano et des urines humaines, particulièrement après l'emploi des bains sulfureux. On sail qu'elle dérive des nucléines (p. 125).
En exposant la préparation de la sarcine, on a dit comment à un moment donné on sépare la xanthine en là précipitant par le sous-acétate dé plomb ammoniacal. Ce précipité est décomposé par IPS, filtré à chaud et bouilli avec l'acétate de mercure qui sépare la xanthine; on traite cette combinaison insoluble délayée dans l'eau par un courant d'hydrogène sulfuré et l'on filtre encore à chaud; en évaporant, on obtient la xanthine sous forme de croûtes jaunâtres.
"m LBUCOMAÏNBS XAN'THIQUKS.
La xanthine prend naissance lorsqu'on réduit l'acide urique bar 1 amalgame de sodium, ou en traitant la guanine par l'acide azoteuX :
C'-Il«Az«0 + AzOII = CWAz'O* + Az* f UH).
C'est le procédé I, plus expéditif pour l'obtenir; il s, fail en même temps un peu de nriroxanthine qu'on réduit en solution ammoniacale par le sulfate ferreux, on filtre, évapore à siccité et reprend par l'eau <l"i enlevé le sulfate animonique et laisse la xanlhine; on la redissout a chaud dans le carbonate d'ammoniaque; on décompose enfin la xan- Unne-ammoniaque par l'acide acétique.
L'auteur de ce livre a réussi à faire la synthèse totale de la xanthine et de la metliylxanthine, en chauffant l'acide cyanhydrique avec de l'eaû et un excès d'acide acétique à 145° :
iiCAz + 4W == C«H*Az*0* + C«UcAi!H,2 , 3A/U,
Acide cyanhydrique. Xanlhine. Methykanthine.
La xanthine se dépose par refroidissement de ses dissolutions en flocons blancs formés de grains microscopiques non cristallins; elle se dissout lentement dans 14000 p. d'eau à froid et dans 1 159 p. à' chai,,! Elle est insoluble dans l'alcool et dans l'éther; soluble dans les acides et les alcalis auxquels elle s'unit; elle se dissout aussi dans l'ammoniaque concentrée et dans son carbonate , mais s'en sépare à l'ébullition.
^ La chaleur détruit la xanthine à partir de 156° en donnant du cyanure d'ammonium.
Les solutions aqueuses de xanthine précipitent le chlorure mercurique, l'acétate de cuivre, mais seulement à chaud. Sa solution ammoniacale donne avec l'azotate d'argent un précipité blanc C'^Az'O8, Ag20 qui se réduit à chaud. Ce composé ou la xanthine elle-même dissous dans l'acide nitrique donnent avec l'azotate d'argent un précipité floconneux, soluble cà chaud dans l'acide nitrique, cristallisable par refroidissement en petites aiguilles caractéristiques. La xanthine est entièrement précipitée par le sous-acétate de plomb ammoniacal, réaction qui la sépare de la sarcine que ce corps ne précipite pas.
Une petite quantité de soude ajoutée à la xanthine détermine bientôt la formation d'aiguilles cristallines : c'est une combinaison sodique presque insoluble mais se dissolvant dans un excès d'alcali et permettant de purifier cette base. L'hétéroxanthinc et la paraxanthine jouissent de cette même propriété.
Le chlorhydrate de xanthine CWAz'O2, HC1 forme des aiguilles soyeuses ou des plaques hexagonales qui forment avec le chlorure dé platine un chloroplatinate soluble en prismes jaunes. Uazotate est en
\ USTHINES.
-Ml
Fig. -20.
Cristaux d'azotate de xantliiuo (moitié supérieure de, la ligure).
Cristaux de chlorhydrate ( moitié inférieure ).
mamelons cristalloïdes jaunes (fig. 20).. Le chloravratc est caractéristique. Une solution à chaud de xanthine dans l'ammoniaque dépose par refroidissement des cristaux de xanthine ammoniacale.
Chauffée avec un excès d'acide chlorhydrique, la xanthine donne naissance au glycocollc, à l'acide fôfmique et à l'ammoniaque.
Si l'on traite la xanthine par un peu d'acide nitrique, qu'on évapore, puis qu'on humecte le résidu avec de la potasse étendue, on obtient une tache couleur orange foncée. Si l'on dissout la xanthine dans l'acide nitrique étendu de ij'l vol. d'eau, que l'on évapore, et traite goutte à goutte le résidu sec par de la lessive de potasse jusqu'à dissolution, puis qu'on sèche à chaud, il reste une masse bleu indigo qui, à l'air humide, passe au pourpre, au rouge et enfin au jaune.
Comme la sarcine , la xanthine est un excitant des muscles et du cœur.
Elle produit chez la grenouille la contracture musculaire et la paralysie de la corde spinale. La dose mortelle n'atteint pas un demi-millième du poids de l'animal.
Méthylxanthines. — On connaît une méthyl-, une diméthyl- et une triméthylxanthine. La diméthylxanthine (Cours de chimie, t. II, p. 614 et 615) se confond avec la théobromine; la triméthylxanthine n'est autre que la caféine; en effet, l'acide chromique transformant cette substance en méthylamine et acide diméthylparabanique, il »' ensuit que la caféine répond bien à la constitution d'une triméthylxanthine. La théobromine s'obtient d'ailleurs par synthèse en partant de la xanthine; on la dissout dans la quantité de soude nécessaire pour obtenir le composé C3IPNa2Az*02 qu'on traite à chaud par de l'acétate de plomb; il se fait ainsi la xanthine plombiquc C3IlsPbAz402, laquelle chauffée 12 heures à 100° avec l'iodure de méthyle donne la théobromine CiPiCHYAzM)2 (E. Fischer). Cette hase se transforme dans l'économie en une. mélhylxanlhine C'IPAzM}2 précipitablc de ses solutions alcalines par l'acide acétique, fusible'à 31 0°, soluble dans 1 600 p. d'eau à l(Su et dans 109 p. d'eau bouillante. La caféine subit une transformation analogue (').
('} Huit. Soc. chim., (3), t. XIV; p. 1330.
-08 LEUGOMAÏNES XAXTIIKJUKS.
Isoxanthine et pseudoxanthine. — En réduisante froid le diazo-isonitrosométhyluracile par le chlorure d'étain, K. Befarend obtmt une substance répondanl à la composition de la xanthine, C5H*Az*0*j
C»H«Az«0* + ail* = C»II*Ag*0* + AzII'O + 11*0
Dia^û-isonitrosomûthyluraclle. IsoMntlifàû. Oxyammoûiaqûe,
Elle forme des aiguilles blanches feutrées, inattaquables par l'acide azotique, qui la dissout cl d'où l'eau la précipite.
L'isoxanthine présente quelques-uns des caractères d'une substance, autrefois appelée pseudoxanthine, qui se forme, en même temps que l'acide hydrurilique et le glycocolle, lorsqu'on oxyde l'acide urique pac l'acide sulfurique concentré. Celte pseudoxanthine, qu'il ne faul pi confondre avec la suivante, est cireuse, incristaliisable, insoluble dans l'eau, l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique, soluble dans les alcalis lixes, attaquable par l'acide azotique (').
Hydroxanthine C5H6Az403. - - On a dit comment Behrend l avait obtenue en partant du méthyluracile et comment elle se change en alloxane par oxydation. Elle est soluble dans les alcalis dont on la sépare par l'acide carbonique. Elle ne réduit pas le nitrate d'argent. Chauffée et évaporée avec de l'eau de chlore, elle se colore en pourpre et parait donner de la murexide.
/ AzH-C AzH\ PSEUDOXANTHINE : C4HaAzs0 ou OC ; ,C=AzH
x AzH-C-AzH 7
La pseudoxanthine a été découverte par l'auteur de ce livre en 1882. 11 l'a retirée du tissu musculaire où elle existe à côté de la créaline et de la sarcine.
Lorsque, après avoir précipité l'extrait de viande ou le bouillon concentré dans le vide par l'alcool à 95°, on évapore la solution alcoolique et qu'on reprend de nouveau le résidu par l'alcool fort, on obtient une liqueur qui précipite par l'éther diverses leucomaïnes longtemps confondues avec la créatine. Les eaux mères de ces cristaux, bouillis avec; l'acétate de cuivre, donnent un précipité qu'on lave et décompose pan IPS à chaud. On obtient en filtrant à 100" une poudre jaune clair formés de grains microscopiques hérissés de pointes cristallines. Cette substance, fort peu soluble à froid, se dissout, comme la xanthine et la sarcine, dans les liqueurs alcalines. Elle forme un chlorhydrate assez soluble qui cristallise, comme celui d'hypoxanthine, en forme de pierres à aiguiser à faces courbes et en prismes trapus associés en étoiles.
(') Bull., XI, 497, et (3« sér.) II. 32.
PAIUXANTJIINE. 20g
La solution aqueuse de ce corps donne à froid, par le chlorure de mercure, un précipité très soluble dans l'acide chlorliydrique. Elle forme avec le nitrate d'argent un pseudoxanthinate gélatineux. Elle ne précipite pas les acétates de plomb si ce n'est en présence d'ammoniaque.
Traitée par l'acide nitrique, évaporée, puis reprise par la pelasse très diluée, la pseudoxanthine prend une belle couleur orangée.
Ce corps jouit de la plupart des propriétés physiques et chimiques de la xanthinc. Sa formule de constitution indique celle analogie.
PARAXANTHINE : C7H8Azt0i — HÉTÉROXANTHINE : CGH"Azl0'-
Paraxanthine. — Salomon a nommé ainsi une substance isomère delà théobromine et de théophylline qu'il a retirée des urines humaines normales en les alcalinisant avec l'ammoniaque et les précipitant par 0er, 6 de nitrate d'argent au litre; le précipité, bien lavé, est décomposé par IFS ; la liqueur est évaporée jusqu'à cristallisation abondante d'acide urique. On alcalinise de nouveau avec de l'ammoniaque le liquide surnageant, et après deux ou trois jours on le reprécipite par du nitrate argentique. Le dépôt, dissous à chaud dans l'acide azotique de densité 1.1, donne des cristaux d'hypoxanthinc argentique, tandis que les eaux mères contiennent la xanthine et la paraxanthine. On précipite ces deux substances par l'ammoniaque à l'état de sels d'argent, et on décompose ce précipité par Ii2S. On alcalinise avec de l'ammoiniaque la liqueur bouillie, on concentre et filtre à chaud. La xanthine se dépose d'abord, la paraxanthine cristallise ensuite des eaux mères. '1 200 litres d'urine humaine en ont ainsi donné lg',2.
La paraxanthine forme des tables hexagonales groupées en rosaces contenant une molécule d'eau ou en aiguilles soyeuses. Elle est îeutrc, peu soluble dans l'eau froide, insoluble dans l'alcool et l'éther.
Elle forme des combinaisons cristallines avec les alcalis. Évaporée en irésence d'eau de chlore et d'une trace d'acide nitrique, elle se colore mi rose au contact des vapeurs ammoniacales. Elle se sublime vers 190".
Le sous-acétate de plomb en présence d'ammoniaque, l'acétate de :uivre à chaud, le nitrate d'argent, etc., précipitent la paraxanthine. Ce lcrni«r précipité esl gélatineux, insoluble dans l'acide nitrique faible, sristallisablc de l'acide chaud en aiguilles soyeuses.
Le chlorhydrate de paraxanthine cristallise difficilement et donne un hloroplalinate soluble de couleur orange.
La paraxanthine est toxique: 0er,(M0 ont tué une souris en 1"20. La norl est précédée de paralysie du train postérieur avec diminution A. Gautier. — Chimie biologique. |/(
210 LEUCOMAÏNES XANTHIQUES,
des réflexes et opisthotonos La dyspnée s'observe dès le début : le cœur ne paraît pas atteint.
Hétéroxanthine ; méthylxanthines, CIPAz^O'. — L'hétéroxanthine se rencontre en faible quantité dans les urines de chien. Elle peut être séparée de la paraxanthine par l'eau ammoniacale qui la dissout. C'est une poudre blanche, amorphe, neutre aux papiers, peu solublc dans l'eau froide, assez soluble à chaud dans l'ammoniaque. Le nitrate d'argent la précipite en solution acide ou ammoniacale.
L'hétéroxanthine précipite par l'acétate de cuivreàfroid, par l'acétate de plomb ammoniacal, mais non par l'acide picrique.
Son chlorhydrate est peu soluble. Le chlorure de platine et celui de mercure donnent avec le sel des composés doubles cri^tallisables (').
La méthylxanthine, isomère de la précédente, a été obtenue en chauffant l'acide cyanhydrique avec de Peau etde l'acide acétiqueà 1 i0°. Elle ne précipite pas par l'acétate de cuivre à froid.
G U A N I N E : CsH8Azs0
La guanine, découverte en 1844 par Unger dans le guano, se rencontre clans les glandes, le poumon, la chair musculaire, la vessie nata toire des poissons, les concrétions arthritiques du porc, les excréments de beaucoup d'oiseaux et d'arthropodes, etc. Elle a été plus tard rencontrée, mêlée à l'hypoxanthine et à l'allantoïne, dans les jeunes pousses du platane, de la vigne, etc. On sait qu'elle dérive comme les précédentes! du dédoublement des nucléincs et qu'elle se rencontre partout où les cellules végétales ou animales prolifèrent. Pour l'obtenir, on fait bouillir le guano avec un lait de chaux clair tant que la liqueur qui filtre est colorée. Le résidu insoluble est épuisé à plusieurs reprises par une solution bouillante de carbonate sodiqué; les lessives de soude sont addi* données d'acétate de cette base, puis d'acide chlorhydrique en excès : l'acide urique et la guanine se précipitent. On les lave à l'eau acidulée et l'on épuise enfin le résidu avec de l'acide chlorhydrique bouillant: la solution filtrée et concentrée fournit le chlorhydrate de guanine. On précipite celte base par l'ammoniaque, et on la redissout dans 1 acide azotique bouillant qui détruit ce qui reste d'acide urique. L'azotate w guanine cristallise par refroidissement. L'ammoniaque met la guaniffl en liberté.
C'est une poudre blanche, amorphe, peu soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool. Elle se dissout facilement dans les acides et dans l'ammoniaque. Elle forme avec les acides concentrés des sels définis mais m-
(*) Voir pour les dclails, /(////. Soc. chim., XLVl, 538.
guanine; camnink. an
stables. Le chlorhydrate, G5IFAzB0,HCl-f-Hs0, se dépose en Unes aiguilles de l'acide chlorhydrique chaud. Il perd son eau à 100", et son acide à 200". II donne avec le chlorure de platine un chioroplatinate peu soluble. cristallin, jaune orangé Cr,II5 A zr,0 , IIC I ,PlC I *, 2 1 1 aO ♦ et avec l<> sublimé un chloromercurate insoluble (CsHsAz80,HCl)iîHgCl2-(-HiO. — Le sulfate esl en longues aiguilles jaunâtres; l'eau le décompose en en précipitant la base à l'état d'hydrate. — Le -picrate, peu soluble, permet de doser la guanine; il se dissout dans un excès d'acide picrique. — Le métaphosphate est aussi très peu soluble. — Le ferrocyanure de potassium forme avec la guanine un précipité caractéristique d'aiguilles cristallines.
L'acide azoteux transforme la guanine en xanthine :
/ AzH-C-AzHv AzII-C-AzH v
I C0 C CAzH -f- Az02H = Az* + li*0 + CO C CO
"^AzlI-C-AzH^ XAzU-C-Azïï/
Oxydée par un mélange de chlorate et d'acide chlorhydrique, la guai nine donne de l'acide parabanique, de l'acide carbonique et une base la
guanidine, AztI=C C^jjâ- qui répond à de l'urée où un atome 0 a été
remplacé par le groupe bivalent (AzH)" (Cours de chimie, t. II, p. 328) :
Csn«AzsO + I120 + 03 = Cmh? + C*R*Â&Q* -f CO2.
Cette transformation correspond à celle qui, parla même voie, donne avec l'acide urique de l'urée et. des acides carbonique et parabanique. Il se fait aussi une petite quantité de xanthine et d'acide oxalurique.
La guanine s'unit aux bases; ses solutions clans les alcalis et l'eau de ! baryte bouillante, lorsqu'on les traite par l'alcool, laissent précipiter des composés cristallins.
Avec l'azotate d'argent, une solution de guanine donne le précipité C(?H*AzsO,AzOsAg. On obtient de même C3lFAz30,IIgCP-h 5/2IPO.
Evaporée en présence d'acide nitrique, puis additionnée de potasse, la guanine développe, lorsqu'on évapore à sec, la couleur indigo que produit la xanthine dans les mêmes conditions.
Celte base ne parait pas toxique. Elle traverse l'économie en s'y transformant en partie en acide urique et urée.
CARNINE : C7H8Az403
Weidcl a retiré la carnine de l'extrait de viande : elle s'y rencontre à côté de la xanthine et de la sarcine. Schutzenberger l'a retrouvée dans ■a levure. Pour la préparer, l'extrait de viande dissous dans Le; st
212 LKUCOMAÏNES.
traité par l'hydrate «le baryte sans excès, et le filtratum esl additionné de sous-acétate de plomb. Le précipité qu'il forme est repris par l'eau bouillante qui dissout une combinaison de carnine el d'oxyde de plomb. Dans celle solution on fait passer de l'hydrogène sulfuré, on filtre, on concentre, on ajoute à la liqueur du nitrate d'argenl qui précipite du* chlorure d'argent et de la carnine argentique (C7H7AgAz103)îAzOr'Ag. Kn Taisant digérer ce précipité avec un excès d'ammoniaque on en sépare le chlorure d'argent. La carnine argentique reste insoluble. On la décompose au sein de l'eau bouillante par ILS; la liqueur décolorée avec nn peu de noir, fournit la carnine par évaporation.
C'est une base à réaction neutre, amère, très peu soluble dans l'eau froide, insoluble dans l'alcool. Elle répond à (/ÎLA/JI OMLO. Elle perd son eau de cristallisation à 100°. L'acétate neutre de plomb ne la précipite pas; le sous-acétate donne un précipité soluble dans l'eau bouillante. L'eau de baryte ne l'altère pas.
Le chlorhydrate, C7H8Az*03,HCl, se dépose en aiguilles brillantes de l'acide chaud et concentré. Le chloroplalïnate (C7H8Azi03,HCl)îPtClj forme une poudre jaune d'or.
Traitée par l'eau de brome ou l'acide azotique, elle donne du bromure ou de l'azotate de méthyle et du bromhydrate ou de l'azotate de sarcine :
CH»Àx*0» + Br* = C8H*Az*0,HBf + CflsBr + CO.
CAFÉINE — THÉOBROMINE
Nous avons déjà décrit ces corps (Cours de chimie, kJr édit., t. Il, p. 614 et 615) et indiqué leur constitution (voir ce volume, p. k20l).
La caféine, C8H10Az*0*, peut s'extraire avec avantage de la noix de kola. 100g1' de cette graine à l'état sec en renferment près de 2gr,5.
L'ébullition avec l'eau de baryte la transforme en caféidine C7H"Az*0
C«H10Az«Oa + 11*0 = C0S + C7HlâAz*0.
L'oxydation de la caféine donne de l'acide diméthylparabanique, de la méthylamine, de l'ammoniaque et de l'acide carbonique.
La théobromine, C/irA/'O2, son homologue inférieur, s'extrait du cacao qu'on prive d'abord de ses matières grasses, puis qu'on mélange intimement avec la chaux éteinte et qu'on épuise à l'alcool. Elle cristallise en prismes anhydres sublimables sans fondre vers 290". Ses sels cristallisent bien, mais l'eau ou l'alcool les dissocient. A 250° l'acide cblorbydrique détruit la théobromine en donnant de la sarcosine, de la méthylamine, de l'ammoniaque, de l'acide formique et de l'acide carbonique.
La caféine et la théobromine sont des toniques du cœur.
LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES. '213