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QUINZIÈME LEÇON

(B) LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES : CRÉATINE, CRÉATININE, SARCOSINE, XANTHOCRÉATININE, CRUSOCRÉATININE, ETC.

Il existe, à côté des leucomaïnes xanthiques que l'on vient de décrire, une série d'autres luises que l'on doit rattacher à la créaline, ce sont les leucomaïnes créatiniques.

(B). LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES

Les leucomaïnes créatiniques se relient facilement aux bases xanthiques. La constitution de la plus importante, la créaline, se déduit îles considérations qui suivent : si l'on fait agir le glycocollc sur la cyanamide on obtient la glycocyamine C3H7Az502. De cette synthèse dérive la constitution de cette dernière substance :

Az-C-AzH* + Aztl2.Ctl2.G02H = Aztl : C ^ j^Jj* GII2 • C02II

Cyanamide. Glycocqlle. Glycocyamine.

Or, la glycocyamine est un homologue inférieur de la créatine; si l'on traite, en effet, la cyanamide par le glycocolle méthylé ou sarcosine, on obtient la créatine (Volhardl) :

Az-CAzH* + Azll (CH*) • CH* • CO»Il = AztucC^'Jci^.ctis.coni

Cyanamide. Sarcosine Créaline.

Si Ton déshydrate la créatine, on la transforme en son anhydride interne, qui n'est autre que la créatinine C3IFAz30

. „., /Azll CO

Créatine Eau. Créatinine.

Ainsi, de même que les leucomaïnes xanthiques correspondaient à l'acide in ique et aux diuréides :

, Azll -C -Azll v /AzlI-C-AzIK /AzH-CO

KH s G C CO; CO C CO; OG C-AzIK

\ h / \ ii / \ il /CO

N Azll - C - Azll / Azll - C - Azll x x Azll - C • Azll /

Guanine. Xanthine. Acide urique, d'après Fischer.

de môme les leucomaïnes créatiniques correspondent aux mono-uréides

214 LEUCOMAÏNT.S C11ÉATINIQUES.

parabaniques dont elles peuvenl dériver par remplaceraenl de 0 par Azll.

Aux trois uréides

n r^AzH» n /AzH-GO . „,

U-^AzH-CH»-C0^ ! 0=C\AzH-CH« ! 0:=C-AzfCtf»)-Ce«-CO*H

Ar l'ydautoïque. Hydantoïne. Acide métliylhydantoïque.

ou glycolylurée.

correspondent point pour point les bases créatiniques :

Az" ^w'.r ru- cran ; AzH=C ' AzH<?° ; *zH=C'AzIE

A/H-CH--C0-II MzH-CHs s Az (CU3) - Cil* - C0*H

Glycocyaraine. Glycocyamidine Crcaline

ou glycolylguanidiae. ou acide glycolvl-im-llivlfiuaiiidine.

Les leucomaïncs créatiniques précipitent (ou forment des ;i i^uillcs cristallisées de ehlorozincates peu solubles) lorsqu'on ajoute du chlorure, de zinc à leur solution concentrée ou mieux alcoolique. Elles précipitent par le nitrate d'argent, par le chlorure mercurique, surtout eu présence des alcalis étendus. L'acétate de cuivre ne les précipite ni à froid ni à chaud ; ce caractère les différencie des leucomaïnes xanthiques.

Nous décrirons dans cette famille les substances suivantes :

Glycocyarninc. . . . C3il7Az302 Glycocyamidine. . . . C3U3Az30

Créatinc OIlnAz30â Gréatinine C4ll7Az30

Lysaline OIIl3Az302 Lysalinine CGII11Az30

Arginine, C6H14Az40â Crasocréatinine. . . . OH8Az40

Xanthocréatinine . . . CsH10Az*0

et. quelques autres telles que Vamphicréatine Ct'C19Az70i et une base en C"iP4Az05 que Ton trouve dans l'extrait de viande à coté de la créatinc.

GLYCOCYAM I N E : C:iH7Az:i0- ET GLYCOCYAMIDINE : C3H3Az:0

On a dit, plus haut comment on obtient la glycocyarninc grâce à une

synthèse qui détermine sa constitution AzH = C C CUâ CqsH . C'est une

hase faible, soluble en 26 parties d'eau froide. Son chlorhydrate fond à 1 60° et se transforme, en perdant IPO, en une nouvelle hase, la qlycocyamidine C3IFAz"0, à réaction franchement alcaline, très soluble, à ehlorozincate peu soluble.

Griffiths a signalé la glycocyamidine dans les urines des rubéoleux, et la propylglycocyamidine C6HlsAz50! dans celle des malades atteints d'oreillons. L'une et l'autre sont tirs toxiques.

CRÉATINE

CRÉATINE: CWAzW ou AzH-CNAz(CH3) CR2 C0,H

Ce corps, découvert par Chevreul, en 1835, dans le bouillon de viande, existe dans la chair de la plupart des animaux, dans le cerveau, le sang, quelquefois dans l'urine. On a vu plus haut comment Volhardt avait obtenu eelte base par synthèse.

A propos de la préparation de la sarcine, on a dit qu'on peut retirer la ci'éatinc de l'extrait de viande ('). On peut l'extraire aussi de la viande directement: on l'épuisé par l'eau chaude ; on porte le bouillon à 100" pour coaguler l'albumine, on filtre cl précipite la liqueur par un excès de baryte. On sépare le phosphate de baryum et de magnésium formés, et l'on enlève au liquide l'excès de baryte par CO2. On concentre dans des assiettes la liqueur filtrée et on l'abandonne à elle-même. Elle se remplit peu à peu de fines aiguilles de créatine.

La créatine se dépose en aiguilles ou prismes clinorhombiques nacrés (fig. 21), incolores, légèrement amers, neutres aux papiers, solubles dans 74,4 parties d'eau à 18°, très solubles dans l'eau bouillante, assez dans l'alcool fort. Elle répond à la formule Cil9Azr,02 + IPO ; elle perd son eau à 100°. Si on la chauffe, elle fond et se détruit en donnant de l'ammoniaque.

Elle se dissout dans les acides étendus et forme de vrais sels : le chlorhydrate, C^IFA'^O^IICI, est en beaux prismes non déliquescents.

Les acides concentrés, à chaud, ou une longue ébullition de ses solutions, l'altèrent et la transforment en créatinine en la déshydratant :

OnoArO* — jjaf) + C*H'Az3Q.

Oxydée par l'oxyde de mercure ou le bioxyde de plomb, la créatine donne la méthyluramine ou méthylguanidine C2Il7Az3 :

?. C<HaAz"'02 + 0"- = (G2U7Az-)2C2Il20* + 2CO2 + 11*0 Créatine. Oxalate de méthylguanidine.

L'hypobromite de soude alcalin la décompose complètement à froid.

1 D'après Kcmmcrick l« plus grande partie serai I passée dans cet extrail à l'état de créatinino.

(d'après llobin cl Verdeil).

216 LEUCOMAÏNES CUKATIMQUES.

Bouilli, avec de l'eau de baryte, elle donne de l'urée el de la sarco* sine, ou méthylglycocolle, avec un peu de méthylhvdantoïne :

C*H»Az»0* + H*0 = CH*Az»0 + CO*H • CM* • AzH (CH8)

iWÙM'W- Urée. Sarcosinc.

I.o chlorure de zinc forme un chlorozincate, .unis il ne précipite nus les solutions aqueuses de créatine exemptes de créatinine.

On connaît le dérivé argen tique : ^=0^*,^ et le

dérivé mercunque correspondant (Engel). En ajoutant du sublimé j une solution saturée de créatine, puis un peu de pelasse, on obtient un précipité blanc qui noircit quand on le chauffe {Même auteur).

La créatine ne donne pas de précipité avec le réactif de Bouchardatj ni de bleu de Prusse avec un mélange de ferricyanure de potassium ej de perchlorure de fer étendus. Elle précipite en blanc par le nitraJ mercurique en présence d'un peu de carbonate sodique. Le meilleur moyen de la reconnaître consiste à l'évaporer au bain-marie en présencj d'acide chlorliydriquc qui la change en créatinine, et à caractérise! ensuite cette dernière comme on le dira tout à l'heure.

La créatine n'est pas très toxique; toutefois déposée à la surface de la zone motrice du cerveau, sa réaction détermine chez l'animal, d'après Landois, des convulsions cloniques.

CRÉATININE : C4H:Az:l0

Elle accompagne souvent la base précédente dont elle constitue l'anhydride. On la trouve dans l'urine et autres sécrétions, dans l'eau de r amnios, les muscles et beaucoup d'organes. On l'obtient en dissolvant la créatine dans l'acide chlorhydrique en excès et desséchant au bain-marie : il reste du chlorhydrate de créatinine.

On peut aussi retirer cette base de l'urine, en particulier de celle de veau. On traite l'urine par l'eau de chaux et le chlorure calcique pour séparer les phosphates, on concentre presque h sec; on reprend le résidu encore chaud par de l'alcool fort; on évapore cet alcool, on ajoute une solution alcoolique de chlorure de zinc; on abandonne au frais; après quelques jours on recueille des aiguilles de chlorure de zinc et de créatinine très peu solubles. On dissout cette combinaison dans l'eau bouillante et on la décompose par l'hydrate de plomb. La rrratinine cristallise.

Cette base augmente beaucoup dans les urines des typhiques. pneumoniques, tétanisants, surmenés (Munk; Senalor).

Lâ créatinine cristallise en prismes brillants, incolores (fïg. k2'2l. solubles dans 12 parties d'eau froide, et dans 120 parties d'alcool à 16°.

CRÉATININE. 217

Sa saveur esl caustique, sa réaction alcaline. Elle déplace l'ammoniaque Je ses sels. En solution aqueuse, elle se transforme peu à peu à froid en créa line. Elle précipite par l'azotate mercurique. Elle ne trouble pas le réactif de Boucbardat, et ne donne pas de bleu de Prusse par un mélange de ferricyanure et de perchlorure de fer étendus.

Elle forme avec les aci- ^ des des sels bien définis.

Le chlorhydrate (fig. 23) répond à C*II7Az50,HCl ; — le chloroplalinate est en gros cristaux assez solubles. Le chlorozincate, (C*HTAz*0)*ZnGl*, très peu soluble dans l'eau fluide, est insoluble clans

l'alcool. Il est caractéris- " ^Mfl

L'azotate mercurique donne, avec la créatinine, „. ... ,

*ig- 2). — Chlorhydrate do créatinine.

surtout en présence d un

peu de carbonate de soude, un précipité dense, cristallin, assez peu soluble à froid, répondant à la formule (C4H7Az50)2 , (AzO^Hg. Les réactifs oxydants transforment la créatinine en mcthylguanidine. I Chauffée 12 heures avec un excès de baryte, elle se change en méthylhydanloïne :

Fig. '2-2. — Créatinine (d'après tïohiii et Yen

/ AzlI

Az(CHs)-GHs

II20 = AzUs

Créatinine.

/ AzlI CO

+ co; 1

Méthylhydantoïne.

Lorsqu'à une solution aqueuse de créatinine qu'on sature par de la soude, on ajoute du tartrate sodico-potassique et un peu de sulfate cuprique, celte substance s'unit à l'oxyde cuivreux et dépose une poudre blanche en petits grains agglutinés si peu solubles qu'il suffit dans les liqueurs d'un millième de créatinine pour la retrouver.

Si à une solution de créatinine on ajoute quelques gouttes d'un nitroprussiate très étendu, puis une solution faible de soude, il se produit nue coloration rubis, qui passe ensuite au jaune (Weyl). Acidulée d'acide acétique et chauffée, la liqueur devient verte, puis bleue.

Lil créatinine paraîl être assez toxique, déposée à la surface des hémisphères cérébraux elle provoque des convulsions (Landois).

ils

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