TISSU CONJONCTIF. — TISSU ÉLASTIQUE. — TISSU ADIPEUX
TISSU CONJONCTIF
Le tissu conjonctif, appelé quelquefois tissu connectif, cellulaire, etc., es! répandu un peu partout dans l'économie. Il a pour fonction de réunir et lier les divers organes ou parties d'organes, de leur fournir des membranes protectrices : sarcolemme, névrilème, séreuses, aponévroses. Tantôt ce tissu est lâche et arcolairc, comme lorsqu'il se gorge de cellules adipeuses ou dans quelques glandes; tantôt il est fibreux ou membraneux, dans les synoviales, aponévroses, tendons, ligaments, sclérotique.
Aréolairc ou lamineux, il se compose toujours : 1° d'une substance propre formée de fibrilles résistantes ou de lames onduleuses; 2° d'une matière unissante qui relie ces fibrilles ; 3° d'éléments cellulaires ou corpuscules conjonctifs; 4° de fibrilles élastiques et rétractiles.
Les fibres spéciales du tissu conjonctif se croisent, s'entrelacent ou s'accolent entre elles en un tissu lâche ou serré (fig. 34). L'acide acétique affaibli les gonfle et fait disparaître les faisceaux, tandis qu'apparaissent et se dessinent les cellules propres et les fibres élastiques.
La substance unissante peut être enlevée à froid par l'eau de chaux, qui dissocie rapidement les faisceaux ou fibrilles. Cette matière unissante, formée de mucine, sépare et unit à la fois les faisceaux.
Les corpuscules propres, cellules conjonctives ou corps fusifortnes du tissu conjonctif (b,
e, fig. 34), sont appliqués sur les faisceaux ou connue noyés dans le ciment qui les soude Dans la peau et les muqueuses elles sont aplaties, el leurs ramifications forment un réseau lâche autour des fibres connectives. Os cellules sont légèrement rétractiles. Certaines, en particulier Celles de la peau des poissons, des reptiles, du lissu placé entre la sclérotique et la cornée peuvent être envahies par des pigments.
On trouve en outre, dans le tissu conjonctif, deux autres sortes de cellules : a. Des cellules migratrices identiques aux globules blancs du sang; b. D'autres cellules plus larges dites de Waldeyer, plasmatocystcs
Fin. 5i. — 'l'issu i jonctif
larnincux.
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de Ranvier, clouées de la propriété d'envoyer' de longs prolongements irréguliers de protoplasma rétractilc en diverses directions, (les deux dernières sortes de cellules apparaissent surtout au voisinage des vaisseaux sanguins.
Enfin, dans les cellules conjonctives (usifbrmes apparaissent souvent des gouttelettes huileuses, sécrétées sans doute pur des plastidules spécû Gques, qui les changent peu à peu en larges vésicules formées d'une membrane munie d'un noyau ovale contenant une ou plusieurs larges gouttes de matière grasse. Ainsi se produisent et sont constituées les cellules adipeuses . En s'agrégeant, elles constituent ce qu'on appelle le tissu adipeux, qu'on étudiera plus loin.
Le tissu cellulaire adénoïde réticulé des glandes ne possède pas de cellules conjonctives ni de fibres élastiques. La névroglie, ou tissu cellulaire des centres nerveux, est, une autre variété de tissu conjoactif qui paraît très riche, au contraire, en fibres élastiques.
Analyse immédiate du tissu conjonctif . — Pour séparer les nombreux principes immédiats de ce tissu complexe, Rollett propose la marche suivante : une membrane conjonctive (séreuse, péricarde ou aponévrose musculaire) est lavée, privée de graisse, et exposée, après avoir été mouillée, à un Froid de — 8° à — 10n. On la pulvérise toute congelée, avec ses cristaux de glace, dans un mortier bien refroidi. On obtient par dégel, une bouillie qu'on jette sur des filtres de gros papier l ' . La liqueur aqueuse qui passe contient de l'albumine. La partie insoluble lavée à Peau est mise à digérer avec de l'eau de chaux qui, dissolvant la substance unissante, dissocie la masse en fibrilles. On précipite par l'acide acét ique des flocons amorphes de mucine. Il reste sur le filt re les fibrilles conjonctives, les fibres élastiques et une partie des cellules. Les premières se dissolvent entièrement dans une solution d'acide sulfurique au millième. On isole la matière élastique en traitant! â chaud la partie insoluble successivement avec de l'eau, de l'acide acétique concentré, de l'eau, de la soude diluée au centième, enfin de l'eau; ces menstrues dissolvent les éléments cellulaires; le tissu élastique reste seul inattaqué.
Matière des fibrilles conjonctives. — On peut la prépârei avec la vessie natatoire de l'esturgeon, comme fit le premier Gannal, ou avec les tendons ou les aponévroses comme Rollett. On les découpe en très minces tranches et Ton agit comme il est, dit ci-dessus.
La matière iibrillaire a été appelée géline par Gannal. Elle est tout à
(') Il est impossible do bien pulvériser ainsi les aponévroses. Il vaut mieux, après les avoir privées de graisses, les pulvériser au mortier de 1er avec des fragments de marbre blanc, laver ensuite à l'acide acétique faible, à l'eau de chaux et à l'eau, el continuel' ensuite comme dans le procède" de liullelt.