‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 177 sur 467 · GLANDE THYROÏDE · texte numérisé non relu

GLANDE THYROÏDE

soude à I pour 100. Par l'acide sulfurique dilué, on en précipite une substance remarquable, la thyroïodine^).

C'esl une sorte de nucléine presque insoluble dans l'eau, soluble quoique difficilement dans l'alcool, facilement soluble dans les ;t Ical îs dilués d'où la précipitent les acides. La thyroïodine contient, d'après une analyse de Baumann, 0,30 à 10 pour 100 d'iode. La glande thyroïde tout entière en contient 0,l26 à 0,156 pour 100 parties.

Une très petite quantité de cette thyroïodine serait libre dans le corps de la glande; la majeure partie serait combinée à des substances albuminoïdes. En effet, si on épuise la glande par l'eau salée à 7,5 pour 1000, on enlève la totalité des combinaisons iodées. Cette liqueur diluée de 15 volumes d'eau, ou traitée par le sulfate de magnésie en excès, précipite une globuline iodée présentant les propriétés physiologiques de la thyroïodine. On en peut retirer la thyroïodine elle-même en la faisant bouillir avec l'acide sulfurique. La solution saline débarrassée des globulines, étant acidulée par l'acide acétique et portée à l'ébullition, donne un coagulum albuminoïde iodé. La substance coagulée est une albumine. De ce coagulum on peut, soit par l'action de l'acide sulfurique, soit par l'action du suc gastrique, retirer la thyroïodine.

Le corps thyroïde contient donc très peu de thyroïodine libre, une thyroïodoglobuline. et surtout une thyroïodalbumine . Ces différentes substances présentent les propriétés physiologiques du suc thyroïdien : elles arrêtent les secousses musculaires des animaux thyroïdectomisés, agissent comme lui sur la nutrition, jouissent de sa toxicité et possèdent son action thérapeutique dans les cas de myxœdème.

En épuisant par l'eau des thyroïdes fraîches de porcs, Drechsel (-) obtient un extrait aqueux qu'il débarrasse des substances albuminoïdes par ébullition en présence d'un peu d'acide acétique. Le liquide ramené à consistance sirupeuse dépose un précipité amorphe. La liqueur séparée de ce précipité est traitée par l'acide pbosphomolybdique, et le précipité formé, mis en solution dans l'ammoniaque, est décomposé par la baryte. La baryte étant enlevée par SCPIP, la liqueur contient alors en solution une substance qui par évaporation se dépose en cristaux. Les deux substances ainsi préparées sont physiologiquement actives comme le suc thyroïdien. L'une est vraisemblablement la base de S. Fràrikel; I autre en diffère; aucune des deux ne se confond avec la thyroïodine de Baumann.

Le corps thyroïde contient d : an moins trois substances douées des

propriétés physiologiques e1 toxiques des (dus remarquables'.

1 Au lien de soumettre la thyroïde .;i l'action de l'acide sulfurique, ou peut Faire a^ir sur elle du suc gastrique artificiel acidulé à '■'< pour 1000 par l'acide chlorliydrique. Le résidu est trailé comme dans le cas précédent, i (*) Cenlrbl. /'. Physiol., février 1SO(i.

Capsules surrénales. - Elles sont formées d'une substance corticale conjonctive et élastique d'aspect rayonné à revétemenl épithélial. De sa face interne, et perpendiculairement à la surface de l'organe, parlent des prolongements qui divisent ces capsules en un système de lacunes parallèles. Une substance médullaire composée de cellules polyédriques les remplit. Ces lacunes sont en rapport avec de larges vaisseaux veineux efférents et de nombreux nerfs. Les cellules qui garnissent les plus fines vacuoles sont sans enveloppe et de nature albuminoïde avec quelques granulations graisseuses. Leur contenu rougil à l'air ou par l'action des oxydants tels que la teinture d iode el l'eau de chlore; le perchlorure de fer les colore en bleu indigo; les chlorures ferreux, mangancux, nickélique, en rouge.

L'extrait aqueux des capsules surrénales renferme de la leucinc, de l'acide hippurique, de l'acide taurochoiique, de la taurine, de l'acide benzoïque, de l'inosite et une forte proportion de chlorure! potassique

Le tissu de la glande étant épuisé à l'acide chlorhydrique li és étendu, donne une solution qui jaunit puis rougit à l'air. Si on la précipite alorç par l'acétate de plomb, on obtient, un dépôt d'où l'acide oxalique met la matière colorante en liberté. Celle-ci est soluhle dans l'alcool, insoluble dans l'éther et dans le chloroforme.

D'après -Nabarro, le tissu de ces capsules contient au moins 4 substances protéiques coagulables, une albumine à 71°, une globuline à 56° et deux nucléoalbumines à 65" et, à 75°. Il n'y a pas de protéoses.

On a fait la remarque que certaines dégénérescences des capsules surrénales sont liées à l'apparition dans le derme d'un pigment diffus bronzé brun ou jaunâtre [maladie d'Addison).

On sait que l'ablation des capsules surrénales entraîne la mort de l'animal opéré, et qu'on peut observer chez lui, à la suite de l'opération, une diminution notable de la tonicité musculaire. Ces mêmel phénomènes s'observent dans les périodes avancées de la maladie d'Addison. Olivier et Scbàfer (') ont montré que la partie médullaire des capsules surrénales contient une substance produisant une action énergique sur le tissu musculaire et particulièrement sur le muscle cardiaque et sur les muscles des artères dont la tonicité est considérablement accrue. L'extrait des capsules surrénales, et les capsules mêmes protègent l'économie contre l'action des poisons alcaloïdiques (').

(•) Journal of. Physiol., XVIII, p. 230.

(*) Albanèse. Arch. Nat. de Biolmj.. 1893; t. XVIII; p. 53. — Langlois cl Charrons, boc. Diolog., 25 mai 1804 et 1" février 1896. — Abclins, idem. 15 juin 1805.

Él'ITHÉLIUMS. — PEAU. 333

TISSUS ÉPITHÉLIAUX

Les tissus épithéliaux sont constitués par une ou plusieurs rangées de cellules reposant sur une couche conncctive où viennent circuler les vaisseaux. Les cellules de l'épithélium sont agglutinées par une très faible quantité d'une substance qui réduit le nitrate d'argent. Ce tissu fevèl la superficie totale de la peau, des muqueuses et de leurs glandes.

Nous n'avons pas à nous préoccuper ici de la forme très variée de ces cellules (fig. 51), ni de leurs multiples fonctions de protection ou de sécrétion.

Les cellules épithéliales ont généralement une enveloppe qn formée de kératine. Quant à la composition du contenu de ces cellules, elle est si variable que nous renvoyons, pour en parler utilement, à l'étude de chacune des sécrétions correspondantes.

Mais dans toutes ces cellules on trouve une substance protoplasmiquc contenue dans un fin réseau, un noyau FjiT , riche en nucléine, et des granulations le plus souvent albu- Cellule épiUiéiîaie

... , ... i • • î i 1 • à c'ls vibratilcs.

minoides noyées au sein d une matière liquide hyaline.

Ces granulations sont la partie spécifique, le zymogène de ces éléments

glandulaires.

Les cellules épithéliales sont sujettes aux transformations et dégénérescences : la dégénérescence graisseuse est la plus commune. Celles du derme subissent l'envahissement par la kératine, quelquefois par les pigments. Les poils, les ongles, l'épidermc dont nous allons parler à propos de la peau, ne sont eux-mêmes que des états particuliers de développement des épithéliums.

Les pigments épithéliaux ont été analysés par divers savants. Ils sont formés de substances particulières que nous avons étudiées ailleurs.

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