GLANDE THYROÏDE
ncux. colloïde, filant, à reflets jaunâtres où nagent quelques corpuscules lymphatiques et quelques globules rouges de sang. Les lymphatiques qui entourent ces vacuoles son! gorgés de la même substance colloïde. Celle-ci est insoluble dans l'eau froide ou chaude, dans l'alcool el dans l'éther ; elle est, incoagulable, et analogue à la mucine. Elle se dissout et quelquefois se contracte par l'acide acétique. Elle contient des cristaux de sel marin et d'oxa- Iate de chaux, avec de rares granulations. Le bleu de quinoléine colore cette matière structure du-corps thyroïde, colloïde en bleu intense et teinte seulement
en gris les travées conjonctives du corps thyroïde. La liqueur que l'on peut exprimer par compression de la glande thyroïde, contient de l'inosite, de la leucine, de la xanthine, de la sarcine, de l'acide succinique, de l'acide lactique, de la cholestérine, des acides gras volatils. Oidtmann a trouvé dans le corps thyroïde :
Chien. Femme âgée.
Eau 686,6 822,4
Matières organiques 302,8 284,5
— minérales 10,6 1,6
À la suite de l'ablation du corps thyroïde chez l'homme, on observe un ensemble d'accidents désignés sous le nom de cachexie strumiprive. ' Ces accidents sont identiques à ceux qu'on a signalés, en dehors de toute intervention chirurgicale, dans les cas de myxœdème ou de 1 cachexie pachydermique. D'autre part les physiologistes ont vu que la ! tbyroïdectomie pratiquée chez les animaux détermine, à condition 1 qu'elle soit totale, des accidents divers rapidement mortels, parmi lesquels des secousses musculaires plus ou moins généralisées, et parlois la pachydermie.
La transplantation d'un corps thyroïde sous la peau ou clans la cavité péritonéale d'un animal thyroïdectomisé supprime les accidents consécutifs à la thyroïdectomie, sans qu'il soit possible d'attribuer ce résultat à une greffe persistante de l'organe transplanté, celui-ci se résorbant j peu à peu. L'injection intraveineuse de suc thyroïdien chez le chien ! thyroïdectomisé fait disparaître les secousses musculaires; l'injection sous-cutanée d'extraits glycériques de thyroïdes chez l'homme myxœdématcux détermine une amélioration manifeste de la maladie.
Le suc thyroïdien ou les extraits de thyroïde, agissent sur les phénomènes généraux de la nutrition : leur injection sous-cutanée ou leur ingestion gastrique, même après cuisson de l'organe, détermine une augmentation de la quantité d'urine et d'urée excrétées, et provoque
une perte de poids considérable, résultant de la destruction des substances protéiques des tissus et de La combustion des matières grasses.
Dos tentatives ont été faites de divers côtés pour extraire du corps thyroïde la substance ou les substances physiologiquement spécifiques; S. Kriinkcl ('), après s'être assuré que les substances albumineuses' ou muqueuses n'étaient pas actives, l'ail nu extrait aqueux de corps thyroïde; il en précipite les substances protéiques par l'acétate neutre de plomb et après s'être débarrassé de l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré, concentre la liqueur jusqu'à consistance sirupeuse. Il dilue ce sirop avec de l'alcool, et traite par l'éther ou par l'acétone. 11 détermina ainsi la précipitation, sous forme cristalline, d'une substance soluble dans l'eau et dans l'alcool, insoluble dans l'éther et l'acétone, très hygros^ copique, répondant à la formule G6HuAz3Os : c'est la thyréoanlitoxinei Elle est formée de cristaux très hygroscopiques solubles dans l'eau et l'alcool; elle est neutre ou faiblement alcaline et possède toutes les propriétés des alcaloïdes, précipitant comme eux par leurs réactifs généraux aussi bien que par le nitrate mercurique en solution alcoolique. Elle ne précipite pas par le nitrate d'argent ammoniacal ou le nitro-pi -ussiatc de soude. Elle ne répond pas aux réactions des bases xanthiquesj Elle précipite cependant à chaud l'acétate de cuivre.
Lorsqu'à de jeunes chats thyroïdectomisés et présentant les secousses musculaires et les crampes caractéristiques on injecte quelques milligrammes d'une solution aqueuse de cette substance, on arrête immédiatement ces secousses et les crampes pour un temps plus ou moins long; on peut par de nouvelles injections supprimer de nouveau ces secousses dès qu'elles reparaissent; mais on ne parvient pas. par des injections de cette substance, à empêcher les animaux de mourir. Cette thyréo-antitoxine se comporte à cet égard comme le suc thyroïdien lui-même; Gley a montré que ce suc peut supprimer les secousses musculaires chez les animaux thyroïdectomisés, mais ne peut les empêcher de succomber.
Cette substance, comme le suc thyroïdien, fait maigrir très rapidement les animaux.
D'autre part Baumann et Roos(2) soumettent le corps thyroïde haché à l'action prolongée de l'acide sulfurique à 10 pour 100 à la température d'ébullition; par refroidissement il se fait un dépôt floconneux qu'on sépare par filtration. Ce précipité humide est épuisé par l'alcool à 85 pour 100 et l'extrait alcoolique est évaporé. Le résidu est débarrassé par l'essence de pétrole des graisses et des acides gras qu'il contient. Il reste une masse qu'on peut dissoudre dans une lessive de
(») Wiener medizin. Blâtter n" 48 ni Ge.srll. d. Aerzte in Wien., 22 nov. 1895. I2) Zeitsck. f. physiol. Ch. XXI, p. 319 el 181, t. XXII; p. I.