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VINGT-HUITIÈME LEÇON

CONSTITUTION DES GLOBULES BLANCS ET DES GLOBULES ROUGES. — HÉMOGLOBINE.

Composition des globules blancs. — Les globules blancs du sang sont essentiellement constitués par des matières protéiques, et contiennenl accessoirement du glycogène (celui-ci durant la vie seulement), de la lécithine, des savons à acides «ras, de la cholestérine, de la cérébrine, des substances extractivés indéterminées, des matières minérales : chlore, acide phosphorique, potassium, sodium, calcium, magnésium et 1er.

Les matières protéiques des globules blancs sont : 1° une substance présentant certaines propriétés apparentes de la mucine, mais en différant chimiquement. C'est une nucléoalbumine, appelée par Rovida substance hyaline. 2° Deux substances considérées primitivement comme des globulines, rangées parmi les cell-globulines d'Hallij burton : l'une coagulant vers 50°, l'autre à 75°. On tend aujourd'hui à considérer ces principes comme des nucléoalbumines et non plus comme de véritables globulines ('). 3° Une albumine ou cell-albumine coagulablc à 73° et très voisine de la sérumalbumine. sinon identique.

La myosine et la fibrine qu'on a quelquefois signalées dans le globule blanc n'y existent pas.

Composition des globules rouges. — Les globules rouges sont essentiellement constitués par une trame incolore de nature protéique, le stroma, et par un pigment albuminoïde ferrugineux, V hémoglobine, lixé sur le stroma comme une sorte de teinture.

On a indiqué précédemment que la proportion d'eau contenue dans les globules, tels qu'ils sont dans le sang, s'élève environ aux 6/10 de leur poids total. Les globules desséchés ont la composition suivante :

(') Suivant Lilienfield, en précipitant l'extrait aqueux des globules blancs par l'acide acétique et traitant ce précipité par l'alcool et l'éther, on obtient un résidu {nucléo-histone), sorte de nucléoalbumine qui se décompose facilement en nuclcine et bistone. Celle-ci, découverte par Kosscl, est voisine des albumoses. Elle exerce sur la coagulation du sang une

action retardatrice très marquée. ... , ,. ■ i n • , i ,

Suivant \ Schmidt, les globules blancs contiendraient le lermenl de la fibrine et deux autres substances : la cylinc et la cyloglobinc aptes à se. transformer en préglobuknc, puis en fibrinogène. Suivant Pekeïharing, le ferment de la fibrine serait une nuclcoalbummc calciquc

MATÉRIAUX DU GL0MIJ3 HUUCE.

Composition des (/lobules rouges du sang à l'état sec.

Homme

Chien

Bçouf

Porc

Oio

Couleuvre

Hémoglobine . .

Mat™1 protéiques .

Lécithine. . . .

Gholestérine. . .

Autres matières

Maximum 867,0 122 ,0

Minimum 943 , 0 5i ,0 3,5 a , 5

organiques . .

Sels minéraux. .

Substances protéiques du stroma. — Les substances protéiques du stroma ont été tout d'abord étudiées par Denis (de Commercy). Cet auteur appela globuline la substance qui forme ce stroma ; il donna pour la préparer le procédé suivant : On défibrine du sang d'oiseau, on le passe sur un linge fin, puis on l'additionne d'une solution de chlorure de sodium au dixième; on abandonne le tout à l'air; le sang devient bientôt épais et assez semblable à un caillot, les globules adhérant entre eux; après 10 à 12 heures on lave avec de l'eau, et par petites portions, la masse visqueuse ainsi obtenue. Le sel qu'on avait ajouté, la matière colorante et la nucléinedes noyaux sont ainsi enlevés; il ne reste plus que la globuline blanche et translucide (').

« La globuline d'oiseau, dit Denis, est molle, blanche, translucide, foi •mée de granulations soudées entre elles. Elle est insoluble dans l'eau, mais elle se gonfle et devient visqueuse dans l'eau salée au dixième. Dans cet état de demi-solution, si on la verse dans l'eau pure, elle se rétracte, mais une faible portion reste dissoute : cette partie rappelle ta caséine par ses propriétés. Les alcalis et leurs carbonates, les acides,

1 contractent la globuline visqueuse salée. L'eau bouillante la coagule. Exposée à l'air, elle s'altère lentement en perdant la propriété de reprendre sa viscosité dans l'eau à 10 pour 100 de sel marin.

« La globuline du sang humain est encore plus altérable, plus acees-

i siblc à l'action du sel marin, qui, après l'avoir gonflée et dissoute, laisse toutefois des particules non transformables en substance visqueuse. »

Rollett a observé que si l'on fait tomber goutte à goutte du sang défibrine dans une capsule métallique placée, dans un mélange de glace

1 Dexis, Mémoire sur le saur/, p. 18 (Paris, 1859). Voir aussi p. 19 de ce beau mémoire, une méthode pour préparer la globuline du sang humain. Il vaul mieux, dans cette méthode', après avoir lave à l'eau, finir les lavages avec mie solution de carbonate de soude à 1 pour ' 100 (pu enlève complètement la nucléinc et lait contracter la globuline de Denis [A Gautier) nom de globuline ne conviendrait plus aujourd'hui.

A. Gautier. — Chimie biologique. ^3

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et de sel, puis qu'on hisse réchauffer ce sang à -h 20", toute la matière colorante passe dans le sérum, tandis que les globules décolorés gardenl leur l'orme et leur élasticité.

Pour isoler les stromas on ajoute à un volume de sang défibriné 10 à 20 volumes d'une solution de chlorure de sodium à 1 pour 100. On ccn* trifuge pour séparer les globules de la liqueur. On mélange de nouveau les globules avec la même solution salée, on centrifuge et ainsi de suite jusqu'à ce que la totalité du sérum ail été enlevée. On additionne alors les globules de 5 «à 6 volumes d'eau et d'un peu d'éther, ce dernier étant employé en quantité suffisante pour que les globules paraissent parfaitement dissous. Par centrifugation, on sépare les leucocytes : le liquidé restant est additionné peu à peu d'une solution de bisulfate de potasse à 1 pour 100 jusqu'à ce qu'il ait la viscosité du sang. Les stromas déposent, ils peuvent être retenus sur un filtre et lavés.

Ces stromas sont formés de substances appartenant au groupe des nucléoalbumines ; chez les mammifères ils ne contiennent [tas de nucléines proprement dites ; ce n'est que chez les oiseaux, dont les globules rouges sont nucléés, qu'on rencontre ces dernières substances.

Autres matériaux du globule rouge. — La lécithinese rencontre en proportion élevée dans le globule rouge. Chez l'homme, elle varie, à l'état normal, de 3 à 7 pour 1000 de globules calculés secs, et de 1,2 à 2,8 pour 1000 de globules humides; chez l'oie, la lécithinê des hématies s'élève à environ 2,7 et chez le bœuf à 0,75 pour 1000, calculés dans ce dernier cas à l'état de globules humides.

Gobley fut le premier qui signala la lécithinê du sang (1852). Pour l'obtenir on met le caillot dans un fort nouct de toile et on le malaxe dansl'éther; celui-ci étant filtré et évaporé laisse un résidu presque entièrement cristallin formé de graisses, d'aiguilles de cholestérine et de lécithinê en petites houppes. En ajoutant de l'eau à ce résidu, cette dernière se gonfle et devient très peusoluble dans l'éther qui n'entraîne plus que les graisses et la cholestérine. Le résidu repris par l'alcool a 50° centésimaux et à la température de 60", laisse cristalliser la lécithinê par refroidissement.

On vient de voir comment on peut séparer de la lécithinê la cholestérine et les graisses. A son tour le mélange de ces deux dernières subi stances traité par les alcalis caustiques qui saponifient les graisses, laisse la cholestérine seule solublc dans l'éther. Hoppe-Seyler en a trouvé 0«V*9 dans les globules de 1 litre do sang d'oie, et (F. IN dans ceux del litre de sang de bœuf; soit en moyenne pour ce dernier sang lSTM pour 1000 de globules humides. Flint a retiré 0gr,4 i à 0B%75 de cholestérine, presque entièrement contenue dans les globules, de I litre de

sang veineux.

MATÉRIAUX DU GLOBULE ROUGE. 35g

Les matières minérales des globules rouges restent comme résidu de leur calcination ménagée. Elles sont riches en sels de potasse, surtout en phosphate cl chlorure, mêlés d'une trace <lc sel marin; on y trouve un excès d'acide phosphorique provenant en partie des lécithines, en partie des nueléo-albumines ; un peu de magnésie et de chaux; enfin, à l'état de peroxyde, le fer qui entrait dans la constitution de l'hémoglobine.

Composition des cendres de 100 jmrlies de globules humides de sang humain.

Sang d'homme.

San;;

Sang humain

di' femme.

on général.

(C. Schmidt.)

(Stfecker.)

trace

trace

Sulfate île potassium

0, i'oj

Phosphate de potassium. . .

trace

magnésium . .

Total

Uoppe-Seylcr a trouvé dans 1000 parties de globules humides de porc, <lde cheval et de bœuf les proportions de sels suivantes :

l'nrc.

Boeuf

Cho,vr

Potasse (K20)

Magnésie (MgO)

Anhydride phosphorique (P205). . .

8,ijo

Tous ces chiffres montrent que les globules rouges contiennent un excès d alcali, et surtout de potasse, que sature certainement une matière organique acide : nucléine, oxyhémoglobine ou autre. Aussi les cendres des globules rouges sont-elles alcalines. Le poids de la potasse est, dansées éléments, près de dix fois aussi grand que dans une quantité égale de plasma emprunté au même sang. Au contraire, comme on verra, la soude est près de trois fois moindre dans les globules que dans le plasma. Ce tableau montre encore que la composition des matières minérales du globule rouge est très variable. Non seulement le bœuf en contient pi es de deux fois moins que le porc, mais celles du bœuf sont Iticn plus pauvres en sels de potassium.

Boussingault a trouvé 0gr,350 de Ici' métallique dans 100 grammes

:i5ti LE SANG.

dè globules secs, soi l environ 1,40 de fer dans 1000 de globules humides.

Des dosages de fer dans le sang total ont été faits par Pelouze. Voici ses nombres pour 1000 grammes de sang :

Maximum. Minimum.

Homme '&,%'&') o,r,5o6

Bœuf. o,o4" 0,480

Porc o,595 o,5o6

Oie. . " ' 0,348 0,347

Poulet 0,357 ))

Grenouille o, 4a 5 »

Une faible proportion tic sel marin parait faire partie du globule rouge. Nous parlerons plus loin des gaz des globules rouges.

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