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PLASMA SANGUIN

Le liquide qui, dans le sang de l'animal vivant, tient en suspension les globules rouges et blancs porte le nom de plasma sanguin'. On ne doit pas le confondre avec le sérum, ou plasma prive de fibrine, qui résulte de la coagulation spontanée du sang extravasé.

Préparation du plasma. — La grande rapidité avec laquelle le sang se coagule en enveloppant sérum et globules dans sa trame fibrineuse rend la préparation du plasma fort délicate.

Un premier procédé de préparation consiste à isoler chez le cheval un segment de la veine jugulaire gorgé de sang, à le suspendre verticalement dans un lieu froid pour permettre aux globules de se déposer (ce dépôt est rapide chez le cheval), et à recueillir la couche du plasma surmontant les globules (Glénard; Frédéricq).

On peut encore préparer un plasma pur en refroidissant fortement le sang au moment où il est extrait des vaisseaux. On reçoit le sang de cheval au sortir de la veine dans une éprouvette étroite exactement lavée à l'eau, puis rincée d'avance avec un peu de sang défibriné et placée dans la glace qui retarde la coagulation. La liqueur se partage peu à peu en deux parts : l'une occupe la moitié inférieure environ de l'éprouvette; elle est formée des globules rouges déposés lentement, surmontés d'une couche mince et très faiblement colorée de globules blancs ; l'autre consiste dans un liquide opalescent, jaunâtre, constitué par le plasma que l'on peut siphoner.

On recourt maintenant plutôt à un procédé indiqué pour la première fois par G. Salct et Daremberg, et qui consiste à centrifuger le sang. Celui de bœuf ou même de mouton est reçu dans des éprouvettes étroites encastrées dans un appareil qui peut arriver à faire de 1500 à 2500 tours a la minute. Les globules tendent à se précipiter contre le fond des éprouvettes en vertu de l'excès de leur densité sur celles du plasma où ils nagent. Peu à peu on diminue la vitesse, et les éprouvettes qui ton niaient horizontalement prennent lentement, et sans secousse, la position verticale. Lorsqu'on est revenu au repos, on trouve les globules séparés d'un plasma à peu près incolore qui surnage.

Ces méthodes de préparation fournissent un plasma pur, mais très inslable. Le plasma retiré de la jugulaire du cheval coagule très rapide-

menl après qu'il en a été retiré; le plasma préparé à froid coagule aussi, tôt qu'il se réchauffe.

On obtienl des plasmas très stables, mais un peu moins purs, par lea procédés suivants.

On fait couler le sang au sortir de la veine dans des solutions aqueuses de sels neutres d'alcalis ou de terres alcalines, tels que sulfate de soude phosphate de soude, sulfate de magnésie, chlorure d'ammonium, chlorure de sodium, nitre, borax, etc. Généralement on reçoit le sang dans son demi-volume d'une solution dans l'eau froide de sulfate de magnésie et de sel- ammoniac contenant pour 100 parties une partie du premier sel et deux du second, en ayant bien soin que la liqueur ne s'échauffe jamais au delà de 8° (A. Gautier). Après 12 à 24 heures, on jette k liqueur sur un filtre préalablement mouillé d'eau salée qui ne laisse passer que le plasma sanguin coloré en jaune ou à peine rosé. On peut ensuite enlever au plasma, grâce à une dialyse rapide, Une bonne partie des sels ajoutés.

Arthus et Pages emploient les sels décalcifiants (oxalates, fluorures el savons d'alcalis), en particulier les oxalates et fluorures. Si l'on mélange le sang avec une solution d'un oxalate alcalin (1 gr. d'oxalatc pour

1 litre de sang), ou avec une solution d'un fluorure (2 gr. de fluorure de sodium pour 1 litre de sang), on obtient des sangs non coagulables, desquels on peut par centrifugation séparer rapidement le plasma.

Les citrates d'alcalis possèdent également la propriété à la dose de

2 à 3 pour 1000 d'empêcher le sang de coaguler (Al. Schmidt) (*). Propriétés. — Obtenu à l'état pur, le plasma sanguin constitue un

liquide un peu visqueux, assez facilement filtrable, de couleur jaune verdàtre chez l'homme, ambrée chez le cheval, à peine opalescent à moins que l'alimentation n'ait été trop riche en corps gras. Sa densité est de 1,027 à 1,028 chez l'homme et le cheval. Il est légèrement alcalin, d'un goût salé, d'une odeur fade.

Lorsqu'il est pur et bien refroidi, il ne se coagule point, même par agitation et battage ou par l'acide carbonique. Mais vers 10°, il se prend en une gelée opalescente qui s'attache d'abord aux parois des vases, puis envahit la masse et se contracte peu à peu en devenant opaque et expulsant le sérum. Si le plasma provient d'un sang artificiellement chloruré ou sulfaté, il ne donne pas de coagulum, à moins qu'on ne l'additionne d'eau. 10 cent. cub. d'eau ajoutés à 1 cent. cub. de plasma de sang de bœuf additionné de 4 pour 100 de sel marin se coagulent si

(*) Enfin, si Ion injecte «tans les veines d'un chien une solution de pcplones g^riquej (10 Rr,mmcs pour 100 centimètres cubes de chlorure de sod.um a / pour 1000), de telle so. te que l'animal reçoive 3 decigrammes de peplone par kilogramme de son poids, on rend le -an non spontanément coagulablc, cl Ton peut obtenir un plasma d.t peplone ou proleosé non coagulable.

PLASMA SANGUIN. 377 jaien qu'au bout d'un quart d'heure on peut retourner le vase sans qu'il se vide.

Les plasmas oxalatés, fluorés, citrates ne coagulent pas par dilution; pour en provoquer la coagulation, il faut ajouter une solution d'un sel de chaux employée en quantité suffisante pour neutraliser l'action du sel anticoagulant.

Le plasma sanguin contient trois substances protéiques principales : (a) le jlbrinogène, substance mère de la fibrine : on l'obtient pure en mélangeant volumes égaux de plasma et d'une solution saturée de chlorure de sodium, ou en dissolvant dans le plasma 15 pour 100 de chlorure de sodium; le fibrinogenc se précipite partiellement; — (b) la sérumglobuline : on la prépare ordinairement en traitant le sérum par le sulfate de magnésie dissous à saturation; — (c) la sêrumalbumine ou serine. Les propriétés de ces substances ont été étudiées p. 87, 91 et 92.

La sérine paraît, chez les animaux à sang chaud, en particulier chez le bœuf, se composer elle-même de trois substances très rapprochées : IVsérumalbumine, coagulable % 75°; la p- qui coagule à 77°, et la Y-sérumalbuminc coagulable à 84°. Ces deux dernières semblent manquer chez les animaux à sang froid, en même temps que domine chez eux la sérum globuline.

Il existe dans le plasma des matières grasses, de la lécithine, des .substances extractives et des sels. Nous y reviendrons quand nous aurons ■étudié le phénomène de la coagulation du sang.

Voici deux analyses de plasma de sang de cheval :

Pour 1000 parties

Eau

Matières fibrinogéniques .

Globuline

Sérum-albumine ....

Corps gras

Matières extractives . . .

Sels solubles

Sels insolubles

Le sang extrait des vaisseaux se prend en une masse gélatineuse essentiellement constituée par une trame fibrillaire englobant les éléments figurés et le liquide. La substance fibrillaire constitue la fibrine. Coagulation du sang et formation de la fibrine sont deux phénomènes corrélatifs.

On sait (pic si le sang se coagule hors des vaisseaux, ce n'est ni parce

Hoppe-Seyler. Hammarsten.

qu'il est exposé au refroidissement, ni parce qu'il reste en repos, ni paire qu'il a le contacl de l'air. On sait aussi depuis longtemps qu'on peut conserver quelque temps hors des vaisseaux du sang non coagulé pourvu qu'on le reçoive au moyen d'appareils parfaitement vaselines dans des vases vaselines et sous une couche d'huile, en un mot si l'on empêche ses éléments d'être mécaniquement ou chimiquement blessés;

La fibrine qui apparaît au moment de la coagulation ne préexiste pas dans le plasma sanguin. Sans cloute ce plasma contient une substance qui par ses propriétés se rapproche de la fibrine, niais ce n'est pas de la fibrine, c'est du fibrinogène (p. 92). La fibrine dissoute et le fibrinogène sont des globulines; l'une et l'autre sont coagulables par la chaleur à 56°; l'une et l'autre se dédoublent à cette température en une partie coagulée et une partie qui reste dissoute. Mais la fibrine se distingue nettement du fibrinogène en ce qu'elle ne possède pas la propriété de coaguler dans ses solutions salines lorsqu'on ajoute à celles-ci un peu de sang défibriné ou un peu de sérum.

Dans le plasma, le fibrinogène est la substance mère de la fibrine. En effet : 1° le plasma coagulable contient du fibrinogène; le sérum incoagulable, c'est-à-dire la liqueur du sang privée de caillot n'en contient plus; 2° si l'on préparc d'après la méthode de F. Glénard une jugulaire de cheval gorgée de sang, et si l'on porte cette jugulaire à 56°, température de coagulation du fibrinogène, toutes les autres substances protéiques du plasma restent inaltérées et le liquide séparé du coaguluni ne possède plus la propriété de fournir de la fibrine.

On admet généralement que le fibrinogène existe en solution dans le plasma sanguin circulant; toutefois il convient de rappeler que cette opinion a été combattue par divers auteurs. L'auteur de cet ouvrage closant, en 1873, la fibrine produite dans un même sang 10 minutes,

I heure et 24 heures après la saignée, trouva des nombres croissants.

II en conclut que le fibrinogène sort des globules. Heynsius essaya de démontrer cette origine globulaire par l'expérience suivante. Il reçoit 50 c. c. de sang de cheval clans une éprouvette contenant 500 c. c. d'une solution à 2 pour 100 de sel marin maintenue dans la glace. Les globules se déposent bientôt. Il décante le plasma, ajoute une nouvelle quantité de solution salée et décante encore une à deux fois. A ces globules privés de plasma il ajoute alors 50 c. c. de sérum de sang de bœuf et porte l'éprouvette a 40°; au bout de quelques minutes le tout se coagule et le poids du caillot formé est à peu près égal à celui que donnerait la même quantité du sang initial.

A ces expériences on a objecté que, d'une part, si la quantité de fibrine semble augmenter progressivement clans le sang après cxtravasalion, c'est que des éléments figurés du sang peuvent se fixer sur celle fibrine

mécaniquement; d'autre part que la coagulation des globules annoncée par Heynsius ne serait pas une vraie coagulation : les globules tic sang de cheval s'agglutinent à 40° et forment des masses rappelant le caillot sanguin, mais dans lesquelles, dit-on, on ne trouverait pas de fibrine. Enfin l'existence du librinogènc dans les liquides de transsudats qui ne contiennent pas d'éléments figurés, et qui ont pour origine le plasma sanguin, paraîtrait démontrer que ce dernier contient au moins une pailic de son librinogènc en solution dans le plasma circulant. Mais on deii remarquer sur ce point que les plasmatocystes de Ranvier et les globules lympbatiqucs se rencontrent dans les tissus cellulaires et les séreuses et que ce sont ces cellules lympbatiqucs qui laisseraient exsuder le fibrinogène qu'on trouve clans les transsudats.

En se transformant en fibrine, le fibrinogène se dédouble : si en effet la fibrine n'était qu'une modification isomérique du fibrinogène, le poids de la fibrine et le poids du fibrinogène générateur seraient identiques ; si la fibrine résultait de la combinaison du fibrinogène avec quelque autre élément du plasma, le poids de fibrine produite serait supérieur au poids de fibrinogène générateur. Or, Arthus, au moyen du sang oxalaté, et Frédéricq, avec le plasma de la jugulaire de cheval, ont établi que le poids de fibrine est inférieur au poids de fibrinogène générateur. La fibrine résulte donc d'un dédoublement de ce fibrinogène.

D'ailleurs Hammarsten a démontré dans le sérum la présence d'une globuline n'existant pas dans le plasma; c'est le second terme du dédoublement du fibrinogène.

La transformation du fibrinogène en fibrine n'est pas spontanée. II existe, en effet, de nombreux liquides de transsudats contenant du fibrinogène et n'ayant aucune tendance à se coaguler spontanément. Cette coagulation est provoquée par un ferment soluble, le ferment de la fibrine ou fibrine fer ment, la thrombine de AL Schmidt,

Pour préparer ce ferment, on précipite le sérum sanguin par 20 volumes d'alcool à 95 pour 100; on laisse en contact plusieurs jours ; on renouvelle l'alcool et on abandonne pendant 5 à 6 semaines. On rend ainsi les albuminoïdes insolubles. Le résidu pulvérulent est desséché dans le vide à la température ordinaire. Traité par l'eau, il lui cède son ferment. La solution ainsi préparée possède la propriété de faire coaguler les liquides de transsudats non spontanément coagulables.

On admet que ce ferment ne préexiste pas dans le plasma sanguin, et à l'appui de cette hypothèse on peut faire valoir l'absence de ce ferment dans les transsudats. Il semble n'apparaître que dans le sang extrait des vaisseaux, et paraît sortir des globules blancs. Soit une jugulaire de cheval préparée par la méthode de Glénard-Frédéricq et suspendue verticalement : les globules rouges se déposent dans la partie

inférieure du segment vasculaire; au-dessus d'eux on observe une mince couche de globules blancs ; le plasma, dès pauvre en éléments figurés, occupe la partie supérieure de la veine. Si, prenant avec précaution une petite quantité soit des globules rouges, soit du plasma, soit des globules Mânes, on l'ajoute à un liquide de transsudat, on constate que ce sont les globules blancs qui possèdent tout particulièrement la propriété de le faire coaguler (').

D'après Pekelharing, la thrombine serait une nucléoalbumine : du moins, il a pu la préparer par les méthodes ordinaires de préparation des nucléoalbumines.

Dans ce phénomène complexe de la formation de la fibrine, outre le fibrinogène et le ferment, les sels solubles de chaux sont encore des agents nécessaires, Arthus et Pagès ont en effet démontré que si l'on ajoute au sang sortant des vaisseaux 1 pour 1000 d'un oxalate alcalin ou 2 pour 1000 de fluorures solubles (ces sels précipitent complètement les sels de chaux), on obtient des sangs oxalatê ou fluoré non coagulables. On rend à ces sangs leur coagulabilité par l'addition de 1 pour 1000 de chlorure de calcium ou d'un autre sel soluble de chaux.

Les sels de chaux prennent part à la constitution de la fibrine. Les analyses de Brûçke, de A. Gautier, d'Arthus et Pagès, de Frederiksee ont montré que la fibrine contient toujours et nécessairement des matières minérales calciques (*). D'autre part, Arthus a démontré qu'il est possible de déterminer la formation de quantités croissantes de fibrine au moyen d'un plasma oxalaté donné, en additionnant, dans des conditions expérimentales convenables, ce plasma de quantités croissantes de sels calciques.

La fibrine est donc un composé albuminoïdo-calcique. Elle résulte essentiellement d'un dédoublement du fibrinogène, probablement avec substitution des sels de chaux à une partie des sels alcalins de la molécule (r').

(') Chez l'oiseau tout au moins, le sang ne se coagule que très lentement ou pas, s'il n'a pas été en contact avec une section de muscle. Le muscle fournit donc ici un ferment coagulant. [Compt. rend., t. CXXII, p. 1281).

(2) En 1875, A. Gautier avait l'ait observer que lorsqu'on dissout la fibrine dans K> sel marin il s'en sépare une certaine quantité de sels de chaux [Compt. rend., t. LXXXIX, p. 22), auxquels ceux de soude se substituent. Il remarqua que la fibrine se changerait ainsi en une matière albuminoïde soluhle coagulablc, une globuline.

(5) Pekelharing {Centralbla.lt. f. Physiol.,'\W], 103 et Joûrn. of Physiol., XVIII, 30G) admet que le fibrineferment joue le rôle de convoyeur de calcium. Le plasma contiendrait un proferment ou prothrombine pouvant se combiner aux sels caleiqucs \»mv fournir du ferment ou thrombine, qui serait un composé calcïque. Celle combinaison éminemment instable mise en présence du fibrinogène lui céderait son calcium, et ainsi se formerait la fibrine.

Ces diverses notions sur le mécanisme de la coagulation du sang n'ont élé acquises que lentement. Nous rappellerons rapidement ici leur origine : Denis [de Commercy), traitant par le chlorure de sodium à saturation le plasma sanguin au sulfate de soude, détermina la précipitation d'une substance qu'il appella plasminc. Celte plasminc se dissout dans l'eau (grâce au

Causes qui hâtent ou entravent la coagulation du sang. — Toutes les causes qui influent physiquement ou chimiquement sur les globules et modifient leur vitalité, hâtent la coagulation du sang. Ainsi agissent le hallage, la rugosité des récipients, les corps étrangers introduits dans les vaisseaux et l'altération de leurs parois, l'élévation de la température, l'accès de l'air, les injections dans les veines de sels biliaires, d'acide urique, de glycocollc, de matières extractives, etc. La coagulation est au contraire retardée par les agents qui diminuent les échanges ou l'exosmosc, ou qui protègent les globules contre toute blessure mécanique : abaissement de la température; addition au sang des substances contenues dans le globule ou analogues à ces substances (sels des métaux alcalins, en particulier phosphate de potassium, sulfates et chlorures alcalino-terreux, acétates, azotates, glycérine, sucre, albumine; addition de certains poisons chimiques tels que l'acide cyanhydrique, la strychnine; saturation du sang par l'acide

chlorure de sodium), et la solution ainsi obtenue possède la propriété de coaguler spontanément. La plasmine, dit Denis, n'est pas de la fibrine, puisqu'elle se dissout facilement et abondamment dans l'eau faiblement salée. La liqueur dans Inquelle elle coagule spontanément renferme encore une albuminoïde en solution ; donc, dit Denis, par sa coagulation spontanée la plasmine se dédouble en fibrine concrète et en fibrine dissoute. Nous savons aujourd'hui que la plasmine de Denis est un mélange de fihrinogène et de sérumglobuline; c'est celte sérumglobuline que Denis retrouve en solution après coagulation de la solution de plasmine.

Alexander Schmidl démontra plus lard que les liquides de transsudats ne coagulent pas spontanément, mais coagulent si on les additionne de sang défibriné, de sérum ou de sérumglobuline (contenant la substance fibrinoplaslique de Schmidl). Les liquides qui ne contiennent que du fihrinogène, dit-il, ne coagulent pas spontanément ; lorsqu'on ajoute de la séiumglobuline. on provoque la coagulation ; la fibrine résulte donc de la combinaison du fihrinogène et de la sérumglobuline.

Brûckc ayant démontré que la sérumglobuline pure ne possède pas par elle-même la propriété de faire coaguler les liquides de transsudats, Schmidt reconnut qu'il faut admettre encore l'intervention d'un troisième facteur. Mais, affirme Schmidt, la sérumglobuline n'en est pas moins nécessaire à la coagulation : l'addition de fibrineferment aux solutions de fihrinogène ne détermine pas la coagulation ; l'addition de fibrineferment et de sérumglobuline la détermine toujours.

Hamtuarslen démontra l'inutilité de la sérumglobuline. 11 prépare un fihrinogène sans sérumglobuline, un fibrineferment pur, et mélangeant les deux solutions, il constate une formation de fibrine. La liqueur dans laquelle s'est produite la fibrine tient en solution une substance albuminoïde qui n'y préexistait pas puisque le fihrinogène était pur. Donc, dit Hammarsten, la production de la fibrine résulte d'un dédoublement du fihrinogène sous l'action du fibrineferment. C'est renouvelée la conception primitive de Denis.

Arthus et Pages sont parvenus à concilier ces théories par la découverte du rôle des sels de chaux dans la coagulation. Le sang décalcifié ne coagule pas ; le sang recalcifié coagule.

La coagulation du sang est essentiellement un phénomène de dédoublement, comme le dit llammaisten, dédoublement du fihrinogène sous l'inlluence du fibrineferment, sans intervention de la sérumglobuline. Mais le corps dont la présence est nécessaire pour permettre la production de fibrine n'est pas, ainsi que le pensait Schmidt, de la sérumglobuline, c'est un sel de chaux; si Schmidt a pu par addition de sérumglobuline, provoquer la coagulation, c'est que sa sérumglobuline était souillée de sels de chaux. Si Hammarsten, au contraire, a pu produire de la fibrine par l'action du fibrineferment sur le fibrinogène, c'est que les solutions qui lui ont servi contenaient des sels de chaux.

(Note empruntée aux Éléments de Chimie ■physiologique, par Maurice Arthus, Masson, 1895).

carbonique; addition de petites quantités d'acides ou alcalis; injection

de peptones dans les veines de l'animal vivant (') (Gley); addition

d'extrait de sangsue (*); réception du sang- dans des vases oints de vaseline, etc. (r').

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