‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 199 sur 467 · III- MINE · texte numérisé non relu

III- MINE

avec les acides ou les alcalis de véritables combinaisons souvent cristallisables.

Los solutions d'hématine se comportent au spectroscope presque comme la méthémoglobine en solution acide. En liqueurs acides, leur spectre (fig. 56-6, p. 365) est traverse par deux bandes, l'une assez, étroite entre G et D, l'autre large et estompée sur ses deux bords, commençant à E et dépassant F. Les solutions alcalines, rouges par transmission en couches épaisses, vert olive en couches minces, sont précipitées par les sels calcaires et barytiques. Elles sont spectralement caractérisées par une forte bande d'absorption (fig. 56-3, p. 365) commençant entre G et D et dépassant un peu D; leur spectre, clair de D en F, s'obscurcit ensuite au delà.

Le chlore décolore les solutions d'hématine en produisent du chlorure ferrique. Les réducteurs alcalins donnent avec l'hématine de Vhématine réduite ou hémochromogène. Mais, si le milieu est fortement acide, le fer est enlevé et il se fait de Yhématoporphyrine, dont nous reparlerons.

héiwine C34H31Az4Fe05, HCl ou chlorhydrate d'hématine

L'hémine(') est considérée comme un chlorhydrate d'hématine. Pour la préparer, Hoppc-Scyler part des globules débarrassés de sérum par lavages à l'eau salée. 11 les agite avec de l'eau et de l'éther, sépare par filtration la solution d'oxyhémoglobine, la concentre et la chauffe au

tbain-marie pendant 1 heures après addition de 10 à 20 volumes d'acide acé-

: tique glacial; puis il ajoute de l'eau et \v abandonne le tout quelques jours. Les ^ ' /

cristaux qui se séparent sont lavés à

l'eau, à l'alcool et à l'éther. ^ Ifc^^

On peut aussi préparer aisément ^ M ^Hk ll'héraine en dissolvant l'hématine à ^ lune douce chaleur dans de l'alcool

contenant un peu d'acide chlorhydri- .

1 ( . , , . Fig. os. — Cristaux d hemme

que, filtrant pour Séparer 1 hematine ou chlorhydrate d'hématine.

non dissoute et laissant refroidir. Ce

sel se dépose en petits cristaux noirs groupés souvent en faisceaux et appartenant au système clinorhombique (fig. 58).

L'hémine paraît être toujours la même quel que soit le sang originel.

Pour l'observation microscopique de l'hémine, on dessèche le sang,

(') Ncncki et Sieber désignent sous ce môme nom à'hémine une substance répondant à la formule C3îH3oAz*Fe08, radical hypothétique de leur hcmalinc, laquelle diffère de leur hémine par 11*0 en plus (Bull. Soc. chïm., t. XLV, p. 90, 301 et 740).

on ajoute un peu de chlorure de sodium, cl on place? le mélange sur une lame porte-objet. On l'humecte avec une goutte d'acide acétique cristalisable, et on recouvre avec une lamelle. On chauffe légèrement audessus d'une flamme en évitant avec soin d'atteindre la température d'ébullition de l'acide acétique. Après refroidissement, on peut observer au microscope de petits cristaux d'hémine à formes très nettes caractéristiques du sang.

Les cristaux d'hémine sont insolubles dans l'eau, dans les acides étendus, l'alcool, l'éthcr, le chloroforme. L'acide acétique glacial les dissout un peu à chaud. Ils se dissolvent dans l'alcool acidulé et dans les solutions diluées d'alcalis caustiques et de carbonates alcalins.

Traitée par l'étain et l'acide chlorhydrique, l'hémine se transforme, suivant Nencki, en hexahydrohématoporphyrine.

HÉMATINE RÉDUITE OU H ÉKIOCH ROMOGÈN E

Lorsque, partant de l'hémoglobine cristallisée, on la détruit par les acides dans un milieu parfaitement privé d'air (par exemple au sein du gaz hydrogène pur), la liqueur prend une teinte pourpre et il se fait un précipité rouge. Le dédoublement de l'hémoglobine à l'abri de l'air ne produit plus ici d'hématine, mais bien un nouveau corps, YhématinM réduite ou plutôt hémochromogène, que l'on peut obtenir plus directement en traitant l'hématine en solution alcaline par le sulfure animonique ou l'hydrosulfite de sodium.

Les solutions neutres d'hémochromogène sont rouge pourpre, et

Fig. 59. — Spectre d'absorption de l'iiémoclironiogèiic.

offrent un spectre (fig. 59) caractérisé par une large bande noire a placée entre D et E, plus près de D, et une bande p très affaiblie un peu à droite et à gauche de E.

Ces solutions absorbent l'oxygène : si l'on fait arriver ce gaz dans les solutions d'hémochromogène, elle se change en hématine ordinaire (').

f1) Lorsqu'on soumet Voxyhémaline en solution alcaline à l'action de réducteurs, on obtient, d'après MM. Moilessier et Berlin-Sans {Compt. rend. t. CXVI, p. 401 et 591), h vraie hématine réduite caractérisée par une bande dont le milieu coïncide avec la raie D. Si l'on ajoute alors de l'ammoniaque les bandes caractéristiques de l'hémochromogène apparaissent.

IIÉMAT0PORPIIYRINE. 373

D'autre part, les acides forts enlèvent son fer à l'hématine réduite et [a transforment en hématoporphyrine dont on va parler.

L'hémochromogènë n'a pas été obtenu à L'état libre et assez pur pour être analysé. L'action persistante de L'étain en solution chlorhydrique transforme riiémocliromogène en une substance dont les solutions jaune brunâtre montrent au spectroscope une bande située immédiatement avant F et qui parait identique à V hydrobilirubine et à Vurobiline des m ines. On y reviendra à propos de cette sécrétion.

HÉMATOPORPHYRINE : C;!1H3"Az405

Cette substance dénuée de fer se produit par l'action de l'acide sulfurrique un peu concentré sur l'hématine à une douce chaleur. Il ne se dégage aucun gaz; le fer passe à l'état de sulfate, et, lorsqu'on étend d'eau lia liqueur presque neutralisée par la potasse, l'hématoporphyrine se précipite sous la forme d'une substance noire violacée.

On peut la préparer aussi par la réduction, au moyen de l'étain, de 1 l'hématine en solution acidulée de HCL; mais l'hématoporphyrine qui se I forme ainsi peut être réduite à son tour, ainsi qu'on vient de le dire.

On peut enfin, d'après Nencki et Sieber, faire agir l'acide bromhy- ( drique gazeux sur l'hémine cristallisée dissoute dans l'acide acétique imonohydraté(').

L'hématoporphyrine (2) se produit suivant l'équation :

Cs*ip*Az*Fe05 + 2 SOII2 + 0 = C»H»*Az*0» ; S0*H- + FeSO* + HâO. Hématine. Sulfalc d'hématoporphyrine.

Cette équation indique que l'hématoporphyrine est à la fois un proi duit de dédoublement et d'oxydation. Si en effet l'on opère à l'abri de l'air, on n'obtient plus d'hématoporphyrine, mais une masse noirâtre paraissant répondre à la formule C68H78Az807, corps que Hoppe-Seyler a nommé hématoline.

La solution sulfurique d'hématoporphyrine offre au spectroscope deux bandes (fig. 56-8, p. 365), l'une très faible à la gauche de D, l'autre forte et très sensible, même en solution étendue, entre D et E. Son spectre s'obscurcit ensuite au delà de F.

En solution alcaline, l'hématoporphyrine donne un spectre très différent (fig. 56-7), présentant quatre bandes, les deux principales à la droite de D, et entre E et F.

(») Bull. Soc. chim., I, 340.

s) On a dit que Nencki lui donne la formule C10H'8Azs0:!. Cet auteur lui attribue la composition C = 08,8 à 67,1; 11 = 0,21 à 0,53; Az = 9,51 à 9,79. D'après lui, le poids moléculaire de l'Iiématoporpliyrinc, détermine par la méthode de Raoull, répondrait bien à une formule en C"\

A l'état sec, Y hémaioporphyrine forme une pondre d'un éclat violet foncé, très peu soluble dans l'eau, un peu plus dans l'eau acidulée, trèd soluble d;iiis les acides minéraux, les alcalis et leurs carbonates, forf peu dans l'éther, l'alcool, le chloroforme. Ses solutions sont brun rouge Elle s'altère assez rapidement à 100". Son chlorhydrate cristallise en aiguilles soluhlcs rouges avec reflets bleus. Les sels neutres la précipitent. Elle présente la réaction de Gniclin. L'équation

O4ll3*Az405 + 311*0 = Oni^A-^O» H- OH'O* Hématoporphyrine. Bilirubine, Ac. acétique.

relie l'hématoporphyrine à la matière colorante principale de la bile.

L'amalgame de sodium est sans action sur l'hématoporphyrine.

On a dit plus haut que l'hydrogène naissant transforme l'hématoporphyrine en hydrobilirubine, ou du moins en unesuhstance très analogue mais plus oxydable qu'elle.

HÉMATOÏDINE

Cette matière colorante, cristallisée en tables Iosangiques à reflets vert

cantharide (fig. 60), a été observée depuis longtemps dans les anciens foyers hémorrhagiques. Elle dérive certainement de l'hémoglobine du sang. Elle ne se dissout ni ne se combine avec les alcalis comme la bilirubine et l'héma- ^4 " ■ B g tine. Elle est soluble dans le sulfure de rai* ï-j * carbone, auquel elle communique une

^ BÈ 4 I couleur rouge vif, et non jaune comme

LJ v la bilirubine. Elle ne donne pas de bandes

Fig. go. cristaux d'hématoïdine. spectrales d'absorption, mais elle assombrit fortement le spectre du vert au violet. L'hématoïdine n'est pas identique avec la lutéine des corps jaune! de l'ovaire de la vache (p. 168). Elle semble se rapprocher beaucoup des pigments biliaires qu'on étudiera plus loin.

Page 1