DOSAGES CHIMIQUES DE L'HÉMOGLOBINE
(B). Procédés chimiques. - - 1° Dosage de V hémoglobine par le fer. — Une dizaine de grammes de sang son! incinérés à liasse température; les cendres en sont reprises par l'acide chlorhydrique tant que celui-ci se colore, et la liqueur, réduite par le zinc, est oxydée par une solution de permanganate titrée. On obtient par le calcul le poids do fer correspondant. Ce poids multiplié par 238, donne celui de l'hémoglobine sèche correspondante ('). Ce procédé est délicat, long à exécuter et peu sûr.
Pour ce dosage, Lapicque a proposé d'attaquer le sang par un mélange d'arides sulfurique et nitrique, tant (pie le résidu reste sensihlemenl coloré, de fdtrer, de saturer la liqueur et de l'additionner de sulfocyanure de potassium, puis de comparer la teinte rouge ainsi obtenue à celles de solutions titrées témoins. Le poids de fer est ensuite transformé en hémoglobine grâce au coefficient 238 (').
2" Dosage .de V hémoglobine par V oxygène absorbé. — Cette méthode due à Gréhant est fondée sur cette observation que 1 gr. d'hémoglobine absorbe lcu,58 d'oxygène pour se transformer en oxyhémoglobine, en même temps qu'il se dissout 0CC,03 d'oxygène en plus par cent, cube de sang employé. Voici comment on opère : au moyen d'un courant continu d'hydrogène, on chasse d'abord du sang porté à 40° tout l'oxygène dissous ou combiné à l'hémoglobine. Au bout de 2 à 3 heures, on agile ce sang dans un appareil spécial avec un volume connu d'oxygène et l'on mesure le volume de ce gaz qui a été absorbé. En en soustrayant autant de fois 0lc,U3 qu'il y a eu de c. c. de sang employé, on aura le volume V d'oxygène fixé dans l'oxyhémoglobine. Ce volume, exprimé en centimètres cubes, et multiplie par 0S,',633, donne en grammes le poids d'hémoglobine contenu dans le volume de sang en expérience. Ce procédé expéditif est délicat a appliquer (2).
3° Par réduction de ï 'oxyhémoglobine : Méthode à Vhijdrosulfile. — Cette méthode, due à P. Schùtzenberger, et modifiée par Quinquaud pour les usages de la clinique, repose sur ce fait que l'indigo réduit repasse à l'état d'indigo bleu en s'oxydant sous l'influence de l'oxyhémoglobine qui est réduite à son tour. On prend un flacon à trois tubulures d un litre de capacité environ; on y verse 250 c. c. d'eau tiède, et 50 c. c. d'un lait de kaolin destiné à masquer la couleur du sang; l'une des tubulures reçoit un tube par lequel passe durant toute l'opération un courant d'hydrogène destiné à priver exactement d'air tout l'appareil.
1 100 d'hémoglobine contenant 0,42 de 1er, I de 1er correspond à x d'hémoglobine
,^ = 238. La quantité centésimale du 1er du sang semble môme s'abaisser, d'après les
dernières déterminations, à 0,39, ce qui rendrait le coefficient ci-dessus égal à 203. (') Voir les précautions à suivre, Bull. Soc. chirtu, t. VII, p. 113 (2) Compt. Ilend , LXVX, 007.
Une seconde tubulure permet, à un moment donné, l'introduction de 2 à cent, cubes de sang préalablemenl battu à l'air et bien oxygéné. Une Érodsième tubulure porte deux burettes de Mohr graduées. La première contient du carmin d'indigo titré en oxygène : par exemple, ce carmin demande, par cent, cube, pour se décolorer, une quantité de la liqueur titrée d'hydrosulfîte ou de sulfure de sodium placée dans la seconde burette de Mohr, répondant à 0CC,02 d'oxygène. Toul étant ainsi disposé, on verso l'indigo dans le flacon, on le décolore, sans mesurer, par un liés léger excès de liqueur d'hydrosulfite ou de sulfure : on fait alors de nouveau couler de l'hydrosulfite de la burette graduée jusqu'à disparition totale de la teinte bleue, en notant celle fois la quantité d'hydrosullite employée. Cette quantité correspond à un poids connu d'oxygène, et celui-ci représente celle que le sang avait fournie à l'indigo pour le recolorer. On en déduit la quantité d'hémoglobine en multipliant par (P',633 le chiffre de centimètres cubes d'oxygène ainsi déterminé (').
Dosage des graisses, lécithines, cholestérines. - L'on a dit, p. 354 et 385, comment, en traitant le sérum, les globules ou le sang tout entier par de l'alcool, filtrant, évaporant la liqueur et la reprenant par de l'éther, on obtient un résidu éthéré (a) qui contient les substances ci-dessus visées. A propos de l'analyse des tissus adipeux et nerveux, nous avons appris à les séparer (p. 300 et 318).
Quant au dosage des lécithines, après saponification du mélange par la potasse alcoolique, on épuise le résidu par l'eau, on évapore celte solution, et on oxyde la matière au creuset d'argent par du salpêtre mêlé I d'un peu de carbonate de soude. Dans la matière qui a été fondue, les phosphates dus à l'oxydation du phosphore de la lécithine sont ensuite dosés par les procédés connus; on déduit de leur quantité le poids de lécithine sachant que 3,98 de phosphore répondent à 100 de cette substance.
En soustrayant du poids total de l'extrait éthéré sec les poids de la cholestérine et de la lécithine, on a celui des graisses proprement dites.
Si l'on voulait séparer les acides gras, il faudrait, après saponifica- ! tion par la potasse alcoolique et extraction de la cholestérine par l'éther, aciduler la liqueur par un acide; on précipite ainsi les acides gras qu on sépare et examine par les méthodes usuelles.
Dosage de l'urée. — Le sang, ou son sérum, sont coagulés en les versant dans 5 fois leur volume d'alcool ordinaire faihlemcnt aci- : dulé d'acide acétique. On porte à l'ébullition, filtre et évapore les > liqueurs alcooliques: le résidu est traité par de l'alcool fort: la solution alcoolique est à son tour évaporée, reprise par un peu d eau.
(') Voir Compt. Rend., LXXXVIII, 1210