‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 229 sur 467 · LYMPHE · texte numérisé non relu

LYMPHE

les .'clliilcs dont sont composés les divers tissus laissent extravaser les produits de leur activité, produits en général cristallisables et aptes à fexosmose. L'humeur provenant de ces deux origines pénètre dans un système de vaisseaux très lins, les capillaires lymphatiques, qui, après s'être réunis entre eux par anastomoses et avoir traversé un brand nombre de ganglions spéciaux, vont former deux troncs vasculaires principaux : le premier, le canal thoracique, réunit tous les vaisseaux lymphatiques de la partie sous-diaphragmatique du corps, de la moitié sus-diaphragmatique gauche et des viscères abdominaux; il va se jeter dans la veine sous-clavière gauche au confluent des jugulaires; le second, la grande veine lymphatique droite, réunit les lymphatiques de la partie susdiaphragnialiquc droite et s'abouche dans la veine sousclavière droite.

Grâce à la circulation lymphatique, les matériaux alibiles du sang arrivent aux organes, et ceux-ci peuvent indirectement renvoyer au torrent circulatoire les produits de leur activité qui, suivant leur nature, vont être utilisés ailleurs ou excrétés à travers les reins puis rejetés au dehors.

Les ganglions lymphatiques qui se trouvent en grand nombre sur le trajet des petits vaisseaux lymphatiques ont une structure et un rôle que nous avons étudiés ailleurs. Ils contiennent une petite quantité de leucine, d'acide urique, peut-être de xanthine et de tyrosine, substances qui paraissent provenir surtout de l'activité des globules blancs. Ces ganglions s'imprègnent souvent d'un pigment brun ou noir probablement dérivé de l'altération de l'hémoglobine.

La quantité de lymphe versée dans le torrent circulatoire est extrêmement variable. Elle augmente ou diminue comme la pression du sang'; elle croit surtout pendant la digestion intestinale; elle diminue pendant l'inanition. Les mouvements actifs ou passifs des membres en favorisent la circulation. Certaines substances dites lymphagogues, injectées en solution aqueuse dans les veines, augmentent considérablement la quantité de lymphe : parmi elles, il faut citer des substances cristallisables bien définies; le sucre, l'urée, le chlorure de sodium et d'autres sels; aussi bien que des substances mal définies, tels que les extraits aqueux de muscles d'écrevisses, de tètes et de corps de sangsues, d'anodontes, etc.

Les relations étroites existant entre la quantité de lymphe produite et la pression sanguine ont conduit à admettre que la lymphe est une sorte d'exsudation sanguine d'origine mécanique, conception combattue par Heidenhain et par Hamburger. Ces auteurs ne nient point l'importance de la pression du sang, mais ils font intervenir un second facteur, l'activité sécrétoire ou vitale des cellules épithéliales des capillaires sanguins. Starling, au contraire, interprétant et complétant.

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dans une certaine mesure, les expériences de ses devanciers, s'est efforj ,le <lr trer q«e d;>'<* 'a production de la lymphe les variations 4 quantité de cette humeur ne dépendraient que de la pression sanguin! et de la perméabilité osmotique des tissus pour chacun de ses principe!

Nous nous bornerons à étudier ici la lymphe propremenl dite celle qui coule à travers les lymphatiques généraux. La liqueur qui rempli les lymphatiques de l'intestin pendanl la digestion, in chyle, sera examinée en parlant de cette dernière l'onction.

On voil, au microscope la lymphe formée, comme le sang, d'un plasma au sem duquel nagent des corpuscules figurés. Los plus nombreux son] les -lobules ou corpuscules lymphatiques, identiques aux globules bland du sang. Leur nombre est plus grand à la sortie qu'à l'entrée des ganl -bons. On en compte en moyenne 8 000 par millimètre cube de lym phe Quoique ces corpuscules semblent se produire dans les ganglion^ et -landes lymphoïdes, on croit qu'ils peuvent aussi se multiplier" .1;,,,. la lymphe et le sang, et provenir même des plasmatocytes du tissij cellulaire aptes à reprendre, dans certaines conditions, leur étal emj bryonnaire primitif (Ranvier). Il existe encore dans la lymphe, surtoJ dans celle de la rate et du canal thoracique, des globules colorés plus petits que les hématies du sang {hématoblastes de Hayein) . Enfin l'on y rencontre de très fines granulations de nature variable.

La lymphe est un liquide légèrement visqueux, quelquefois transparent et citrin avant son passage à travers les ganglions; d'autres lois légèrement opalescent ou même opaque, blanc jaunâtre ou un peu rosé (dans le canal thoracique et après la rate), suivant les organes d'où il sort. Son odeur varie avec l'espèce animale. Sa saveur est saline. Sa densité oscille de 1,015 et 1,045. La lymphe est alcaline, mais moins que le sang.

Extraite des vaisseaux, elle se coagule au bout de 5 à 20 minutes, mais toujours moins vile que le sang. 11 se fait un caillot mou, blanchâtre, peu rétractile. A l'état humide, ce caillot représente de 4 à 45 dix-millièmes du poids de la lymphe.

Le sérum que laisse la coagulation de la lymphe est un liquide incolore transparent, montrant à l'examen microscopique quelques granulations graisseuses et des globules blancs en suspension. Sa composition le rapproche du sérum sanguin, mais il est plus pauvre que lui en substances protéiques. 11 contient du sucre, quelquefois de l'urée, «les matières extractives diverses, des substances minérales (sels de soude, de potasse, phosphates, carbonates, etc.).

Les graisses de la lymphe y existent, avons-nous dit, en proportions 1res variables: elles peuvent monter jusqu'à 30 pour 1000. Une partie est formée de glycérides neutres propres à l'espèce animale que l'on cou-

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