SUEURS
bhauds, frictions, chaleur extérieure, exercice, etc., augmente la sudation. L'alimentation animale l'exagère. Les agents psychiques provoquent une .sudation anormale, froide, visqueuse, localisée, etc. En un mol, comme la salive, la sueur varie suivant l'incitant nerveux qui agit sur les glandes d'où elle provient.
Certaines matières odorantes, l'ail, l'assa-foetida, le soufre et beaucoup de substances médicamenteuses se retrouvent dans la sueur; citons les iodurcs, l'alcool, le camphre, les huiles essentielles, le sulfate de «pi inine, les acides suceinique, benzoïque, arsénieux, arsénique, le sublimé. L'acide hippurique y apparaît chez ceux qui font usage de baumes ou qui sont soumis au régime lacté.
Sueurs morbides. — Au cours des maladies, les sueurs subissent diverses altérations. Jaunes ou même rougeàtres dans l'ictère, elles peuvent se teinter en bleu dans certaines affections du système ganglionnaire-ou du foie. Les sujets atteints de cliromkydrose donnent des sueurs bleues ou rouges contenant des variétés de l'indigo. On peut y trouver aussi des produits microbiens spéciaux (sueurs rouges, noires, etc.).
Dans la chromhydrosc, le pigment versé à la surface de la peau consiste souvent en une substance bleu noirâtre qui remplit, à l'état semiliquide, les tubes et les follicules sudoripares. Il est formé de grains ardoisés d'un diamètre inférieur à 0mm,003, insoluble dans les acides et l'ammoniaque. L'acide sulfurique le rend bleu foncé; l'acide azotique le décolore. Il contient du fer. On a observé que cette matière perd sa couleur par les réducteurs et se recolore par oxydation.
Dans le typhus des camps, l'urémie, la goutte, les sueurs deviennent franchement alcalines. Au contraire, chez les rhumatisants, les rachitiques, les scrofuleux, elles sont acidifiées par de l'acide urique ou lactique. La sueur reste acide dans la fièvre typhoïde. Toute sueur visqueuse est neutre ou alcaline.
L'albumine peut se montrer dans la sueur du rhumatisme' aigu, l'acide urique dans celle des goutteux, l'acide lactique dans la fièvre puerpérale, la scrofulosc. L'urée apparaît dans certaines sueurs morbides (urémie, choléra, empoisonnement par le phosphore, etc.) en si grande abondance quelquefois qu'elle cristallise à la surface de la peau. Les sels ammoniacaux ont été signalés dans la sueur des goutteux; la glycose, dans celle des diabétiques.
Les matières minérales augmenteraient dans les sueurs des arthrk tiques. Celles qui succèdent à un accès de goutte contiennent beaucoup de phosphates, et Garrod y a démontré la présence de l'oxalate de ebaux.
A. Gautier. — Chimie biologique.