POUMONS
Tels sont les travaux qui ont établi définitivement cette proposition fondamentale : la respiration est un phénomène physico-chimique consistant dans l'absorption dè l'oxygène par le sang qui traverse les poumons, et l'échange de ce gaz, au sein des tissus qu'il consume, contre une quantité correspondante d'acide carbonique et de vapeur d'eau qui s'exhalent par l'expiration pulmonaire et la perspiration.
Mais quel est le mécanisme de cette absorption d'oxygène et de celle exhalation de résidus inertes entièrement combinés? Comment se produit corrélativement la chaleur nécessaire aux actes de la vie? C'est ce que nous allons examiner.
Les poumons. — Chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles, les poumons sont les organes de la respiration. Grâce au vide qui se fait dans la poitrine pendant l'inspiration, l'air pénètre dans les bronches jusqu'à leurs ramifications dernières, et remplit les renflements ou lobules qui les terminent. Ces lobules pulmonaires forment une série de culs-de-sac tout à fait semblables à ceux d'une glande en grappe. Chacun d'eux est traversé par les trabécules d'un tissu conjonctif mêlé de fibres musculaires lisses qui le divisent en vacuoles communiquant largement entre elles et recouvertes par un épithélium propre à noyau et protoplasma spécial. C'est à travers la mince membrane de revêtement de ces vacuoles que l'air entre en contact médiat avec le sang contenu dans les capillaires dont les délicates ramifications tapissent les vésicules et rampent autour des trabécules conjonctives qui les forment. La surface respiratoire est constituée par 17 à 1800 millions de ces culs-de-sac d'une superficie totale d'à peu près 200 mètres carrés. Chaque vésicule, grossièrement ovoïde ou cubique, reçoit de l'artère pulmonaire une anse principale qui s'épanouit sur les culs-de-sac et trabécules en un réseau serré de mailles capillaires qui recouvrent les trois quarts environ des surfaces vacuolaires.
Etant donnés les tissus qui le composent, nous devons donc trouver dans le poumon : des fibres musculaires lisses, du cartilage, de l'élastine, des glandes à mucus, de la mucine, de la kératine et autres substances épidermiques, de la nucléine, de la leucine, du protagon, enfin l'ensemble des matières du sang. C'est ce qu'établissent les recherches faites sur ce parenchyme. À côté de ces substances, on trouvede la leucine, mais pas de glycocolle, de la taurine, de l'acide urique, de la guanine, de l'inosile, des pigments. Chez le fœtus, et dans la pneumonie, le poumon contient du glycogène.
Il perd à la dessiccation 790 parties d'eau pour 1000 environ.
L'acide dit pneumique de Verdcil ('), auquel on a voulu faire jouer un
(') Compte rend., XXXIII, 604.
rôle dans ['élimination de l'acide carbonique, n'y existe pas à L'étal libre; le poumon étanl alcalin à l'état frais, cel acide ne saurait, comme on l'avait autrefois prétendu, aider à la décomposition des bicarbonates du sang et au dégagement de l'acide carbonique, ("est un acide faible,
cristallisable, à sels très solubles dans l'a t dans l'alcool. Son étude
mériterait d'être reprise.
Les cendres du poumon sont composées de phosphates alcalins, de chlorure de sodium et d'une grande proportion de fer.
Les glandes bronchiques sécrètent surtout de la mucine, et abandonnent des débris épithéliaux qui sont rejetés au dehors avec les crachatsj Dès qu'il y a bronchite, on y trouve des globules blancs.
Le tissu conjonctif interstitiel des lobules, et les vésicules pulmonaires elles-mêmes sont tapissés chez l'adulte d'une matière noirâtre! formée de granulations ou de brins à angles vifs disposés en petits amaj de 1 à 2 centièmes de millimètre. Melsens a reconnu que cette matière! inattaquable au chlore et aux alcalis, est surtout formée par du charbofl provenant des poussières ambiantes et des fumées.