ÉCHANGES RESPIRATOIRES. - MÉTHODE DE PETTENKOFFER ET VOIT. Î
paraîtrait assez grave si les recherches accessoires des mêmes auteurs n'avaient établi que les résultais obtenus no sont pas sensiblement modifiés lorsqu'on élimine au fur et à mesure les produits perspirés on les eaz intestinaux. Il faut observer cependant' que celle remarque, valable pour l'acide carbonique el l'oxygène expirés on inspirés, s'applique moins bien à l'azote qui, sous un faible volume, subit toutes les variations dues aux causes d'erreur indiquées.
Méthode des déterminations partielles. — Dans cette méthode, on ne dose plus les quantités totales d'air (O-f-Az) fournies an sujet en expérience; on mesure seulement le volume des gaz qui sortent de Vappareilrespiratoire et l'on en fait des prises successives que l'on analyse : de ces données l'on déduit l'acide carbonique produit et l'on calcule la quantité d'oxygène absorbée dans le même temps.
Fig. 08. — Appareil à respiration de Pettenkoffer el VoiL.
Voici coin ment ont opéré PcttenUoffcr et Voit par cette méthode des déterminations partielles dans leur beau travail sur la nutrition. L'homme ou l'animal respire librement dans une chambre de tôle AB close et en partie vitrée, de 3 à 12 mètres cubes de capacité, assez grande pour qu'il puisse s'y tenir à l'aise et faire quelques mouvements (fig. 68). L'air y arrive par une ouverture placée dans le bas, et grâce à un appareil aspirateur formé de deux sortes de gazomètres qui s'élèvent et s'abaissent successivement et régulièrement el qu'on n'a pas
",u RESPIRATION.
représentés ici. On ne mesure pas l'air qui entre dans la chambre AU. Les gaz en sortent par le tube // en haul et en bas, grâce aus aspirateurs ci-dessus; ils barbotent d'abord dans un rase intermédiaire V rempli de ponce humide; ils sont mesurés ensuite en traversant le compteur ;'i gaz C d'où ils passent ;m\ aspirateurs el sont rejetés (Y
Pour faire une observation, ou fait autant de prises d'air qu'il esl nécessaire au sortir de la chambre respiratoire AB (on analysait 5 litres environ sur 25 mille). Pour cela le tube de dérivation pq esl branché sur le gros tube de sortie tt. tin petil aspirateur spécial pompe cel air et lui fait traverser des appareils e propres à absorber l'eau, puis nu tube /' rempli d'eau de baryte et destiné à arrêter l'acide carbonique. Au sortir de ce petit appareil supplémentaire destiné à l'analyse des gaz (11 est posé en avanl de noire ligure sur la table TT), les gaz se rendent par i dans un petit compteur spécial qui les mesure. On connaît donc le rapport des volumes de la prise de gaz au volume total qui a circulé dans l'appareil, et l'on peut rapporter tous les calculs à ce dernier volume (2).
Le dosage de l'eau produite se fait par la pesée; celui de l'acide carbonique par un dosage alcalimétrique au moyen d'acide oxalique titré.
Pour le dosage de l'hydrogène et des hydrocarbures qui se forment, une prise d'air emprunté à la chambre respiratoire est poussée ;'i travers un petit tube rempli d'éponge de platine portée au rouge où l'oxygène brûle les hydrocarbures. Une même quantité de gaz pris au même point de l'appareil est obligée de passer dans un autre tube semblable, mais froid : la différence entre les poids d'eau et d'acide carbonique recueillis dans les deux cas permet de calculer les quantités d'hydrogène et de carbone combustibles contenues dans l'air vicié par la respiration, la perspiration ou l'émission des gaz intestinaux.
Pettenkoffer et Voit ont contrôlé leur méthode en brûlant dans leur appareil soit des bougies de composition et de poids connus, soit de l'alcool. L'acide carbonique produit a pu être retrouvé tout entier à un demi pour 100 près. L'eau recueillie était en déficit de 1,5 pour 100, résultat dû à l'hygrométricité des parois de la chambre.
Quoique les belles recherches des deux savants de Munich soient deplus complètes et des mieux conduites, il est dans leur méthode diverses causes d'erreur qu'il convient de relever.
(') Pour la mesure de ce volume, il esl nécessaire de tenir compte dans les calculs de la température, de la pression et de l'état hygrométrique de l'air.
(2) lin second petit aspirateur semblable au premier entraîne en même temps l'air ambiant pris par le tube p' près de son entrée dans la chambre respiratoire et le l'ait aussi passer à travers des exsicateurs c' et des tubes à eau de baryte f, qui permettent de tenir compte, dans les calculs, de l'humidité cl de l'acide carbonique de l'air ambiant avanl son entrée dans la chambre respiratoire.