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MÉTHODE DE PETTENKOFFER ET VOIT

Comme dans les recherches de Regnault et Reiset, c'est l'ensemble dés échanges gazeux des poumons, de la peau et de l'intestin que leurs expériences nous Tout connaître et non les simples échanges pulmonaires. f

Le volume d'air qui a traversé la chambre respiratoire est calcule a sa sortie seulement, c'est-à-dire alors qu'il a subi une diminution sensible par la disparition de l'oxygène transformé en eau ou de celui qui s"est fixé dans les tissus.

L'oxygène absorbé est calculé indirectement par différence; son appréciation est passible de l'ensemble de toutes les indéterminations théoriques ou effectives; elle repose sur cette hypothèse que, durant l'expérience, les tissus .le l'animal ne changent pas de composition.

Le volume d'air qui traverse l'appareil est à celui que l'on extrait pour l'analyse dans le rapport de 4000 à 1 environ. Toutes les erreurs commises sont donc multipliées par 4 000.

Les variations de l'azote ne sauraient être indiqués par cette méthode. Le dosage de l'hydrogène et des hydrogènes carbonés (quantités toujours très faibles) est grevé des erreurs d'appréciation des poids d'eau et d'acide carbonique d'un volume égal d'air ambiant et l'erreur totale se multiplie, comme toutes les autres, par 4 000 environ.

Malgré ces causes d'incertitude, le beau travail de Pettenkoffcr et Voit a fait date dans l'histoire de l'étude des phénomènes respiratoires et nutritifs. Nous en donnerons plus loin les intéressants résultats.

Dans une série plus récente de recherches sur la respiration, MM. Richet et Hanriot ont opéré par une autre méthode (') :

L'air inspiré traverse un compteur à gaz A, destiné à mesurer son volume; il arrive au sujet par un masque de caoutchouc, ou par un embout appliqué hermétiquement à la partie interne et externe des lèvres, le nez étant parfaitement clos. Grâce au jeu de soupapes à eau très mobiles, l'air expiré est rejeté à travers un second compteur R, passe dans une longue et large colonne creuse en cristal, de lm,50 de haut, pleine de fragments de verre sur lesquels s'écoule lentement une pluie de lessive de potasse qui absorbe tout l'acide carbonique; enfin les gaz ainsi lavés arrivent à un troisième compteur C. Il est clair que, si les compteurs fonctionnent avec perfection, la différence entre les volumes indiqués en A et C mesure la somme des gaz oxygène et azote disparus (2); au contraire, la différence entre les volumes mesurés en R et C indique le volume d'acide carbonique absorbé par la colonne à po-

(') Voir leur mémoire complet dans les Ann. chim. phys. (6), l. II, avril 1891.

(3) On sait que les quantités d'azote absorbé ou exhalé durant la respiration sont presque nulles, de sorte, qu'en fait, la différence A — C, indiquée par le compteur, donne, dans ces expériences, la quantité d'oxygène disparu.

tasse, et, par conséquent, le volume d'acide carbonique produit (',. si l'on en déduit 1rs 3,5 dix millièmes existant dans le volume d'air qui a passé à travers le premier compteur A.

Dans les trois compteurs A, B, C, les gaz étaienl mesurés saturés de vapeur d'eau el â la même température. L'eau du compteur B étail d'avance chargée «l'air contenant 4,5 pour 100 d'acide carbonique, c'est-à-dire à la tension en aride carbonique de l'air expiré.

Grâce à cet ingénieux système, dont l'exactitude est proportionnelle à la perfection des compteurs employés (et c'est là le point délicat), la marche de l'expérience s'inscrit au fur el a mesure sur les cadrans de l'appareil de telle sorte «pic les variations successives de chacun des gaz absorbés ou rejetés peuvent être représentées chacune par une courlie spéciale.

Ce mode opératoire a l'avantage de donner des mesures continues (').

Méthode indirecte. - Une dernière méthode a été appliquée avec succès à l'étude des lois de la respiration et à l'examen de la nutrition générale. Elle est due à Boussingault (3).

Un animal est nourri avec des aliments analysés el pesés, fournis en quantités telles qu'il ne change pas de poids. On recueille et soumel exactement à l'analyse la totalité de ses excréments et sécrétions. La différence entre les poids de carbone, d'hydrogène et d'azote des aliments et des excrétions, donne tout le carbone et tout l'hydrogène (à l'état d'eau) exhalés par les poumons et la peau, ainsi que l'azote absorbé ou rejeté par ces deux voies dans le même temps.

Cette méthode permet de calculer exactement les quantités d'oxygène, et surtout d'azote, absorbées ou excrétées en un temps donné. Elle se prête à l'étude, indirecte il est vrai, des phénomènes respiratoires et nutritifs non plus durant 24 ou 48 heures, mais pendant des mois; elle donne ainsi le moyen d'apprécier les plus petites variations qui en s'accumulant deviennent sensibles. Mais elle ne fournit de résultats rigoureux que si l'animal conserve le même poids, et garde la même composition à la fin et au commencement de l'expérience.

(') On doit tenir compte ici, comme l'ont fait les auteurs, du petit volume d'acide carbonique absorbé par l'eau du compteur B; l'on ne procède du reste dans ces recherches qu'en prolongeant longtemps les expériences, ce qui annule en général ces petites causes d'erreur

(2) Voir encore Compl. rend., CVI, 380, la description d'un autre appareil pour l'étude de la respiration, par MM. Jolycl, Bergonié cl Sigalas, et surtout celui de M. de Saint- Martin.

Voir la description de l'appareil de Sonden et Tigersledl (Skand, Arch. f. Physiol., 1895). Consulter aussi les travaux déjà anciens d'Andral et Gavarret, sur le dosage de l'acide carbo^ nique exhale [Ann, Chim. phys. (3), t. VIII, p. 120).

(3) Ann. Chim. phys. (2) LXXI, 113; — (3) XI, 433; et (3) XXV, 129.

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