PERSPIRATION CUTANÉE
La peau est le siège d'une exhalation et d'une absorption continues de matériaux gazeux. Cette respiration cutanée ou perspiration se dislingue toutefois de la pulmonaire par le phénomène de l'hématose qui manque dans la perspiration. La respiration pulmonaire et la perspiration se complètent cependant et se suppléent quelquefois à tel point (pie, chez les animaux inférieurs, l'absorption de l'oxygène par la peau suffit à entretenir l'hématose et que, chez les êtres élevés dans l'échelle animale, les troubles de la perspiration se répercutent aussitôt sur les fonctions respiratoires.
Nous ne parlerons pas ici de la sueur versée à la surface de la peau et dont nous nous sommes déjà occupé. Nous n'étudierons que les échanges gazeux de la surface cutanée.
Grâce à la perspiration, la peau rejette sans cesse de la vapeur d'eau, de l'acide carbonique et un peu d'azote, en même temps qu'elle absorbe une petite quantité d'oxygène. Si nous mesurons l'activité perspiratoire par les dégagements d'acide carbonique dont elle est le siège, il semble que cette activité ne s'élève pas à la centième partie de celle des poumons, ainsi qu'il résulte des nombres suivants de Scharling :
Poids eu kilogr.
CO2 exhalé e par le poumon
n une heure par la peau
C3! exhalé par la peau ou 21 hexTCS
Garçon de 9 ans 9 mois ....
20er34
oEri8i
4Er34
Jeune homme de 16 ans. . . .
Jeune femme de 19 ans. . . .
Homme du 28 ans
A cet égard, les auteurs ont d'ailleurs donné des résulats variables. L'acide carbonique exhale par la peau serait chez l'adulte, cl par 24 heures, de 3,87 suivant Hubert et Lange, de 6,80 d'après Fabini el Ronchi, de 14 suivant Abemethez et Rôhrig. V. Regnault et Roisel
ont trouvé pour les 24 heures :
CO'exhalô CO* total
par lu peau de la peau
de toul l'animal! et du poumon.
Poule do iki',94o o"553 5a«r37
Lapin de o,833 60,00
Chien de 7kil,i59 o,458 120,00
Les mêmes animaux ayant été placés dans un sac imperméable, la tête en dehors et respirant librement, on a analysé les gaz contenus dans le sac et trouvé, après 8 heures, pour 100 volumes.
C0=. 0. Az.
Poule o,'27 20,76 78,57
Lapin o,30 20, 55 79,09
Chien » 20 >6? 79. °4
L'air primitif du sac contenant au début pour 100 volumes :
Cœ = 0,035; 0 = 20,8; Az=79,2,
on voit que l'azote est resté constant, ou qu'il n'en a été absorbé qu'une trace dans les deux derniers cas; que dans celui de la poule, il en a disparu un peu plus de un demi-volume pour 100, remarque déjà faite à propos de la respiration des oiseaux! Quant à l'oxygène, il a été absorbé dans les trois cas, mais en très minime proportion correspondant, à peu près, à la quantité d'acide carbonique exbalé.
L'élimination de l'acide carbonique perspiré augmente avec la température et avec l'exercice musculaire dans des proportions sensibles. Elle s'accélère aussi par l'activité digestive, le régime animal, la lumière : suivant l'oit, les rayons jaunes seraient les plus excitants, ce qui parail probable; suivant d'autres, ce seraient les violets. Les nombres suivants, dus à Auherl et Lange, résument ce que nous savons à cet égard :
Quantité relative d'aride carbonique exhalée par la peau.
Lumière . . . 100 Obscurité ... 88
Jeûne 100
Digestion .... 112
Régime végétal. 100 — animal. ii(>
Si la température ambiante et l'activité musculaire augmentent,
,J< PERSPIRA1 [ON.
l'acide carbonique exhalé parla peau croît rapidement ef peut s'élever "•il IT> minutes à la quantité produite au repos par 24 licures. Gerlach en faisant des expériences sur la jambe ou le bras d'un adulte, trouva pour 100 d'oxygène consommé : acide carbonique perspiré pendant le repos, 207 à 232; pendait/ ^activité musculaire, 610.
De l'azote est-il exhalé ou absorbé par la peau? Nous avons vu plus haut que les expériences de Regnault et Reiset indiquent tantôt une absorption, tantôt une exhalation cutanée de ce gaz. Ces auteurs ont démontré que chez les animaux bien portants les quantités de sels
ammoniacaux, d'am niaque libre et d'azote des gaz perspirés ou
expirés sont nulles ou extrêmement faibles. D'autres ont avancé que la peau dégageait, dans certains cas, une quantité très sensible d'azote.
L'élimination directe de la vapeur d'eau par la | u est difficile a distinguer de l'éVàporation de la sueur. En admettant (pie les choses se passent pour la peau tout entière comme pour celle du bras, Rôhrig, a trouvé que l'homme adulte élimine en 24 heures 200 gr. environ de vapeur d'eau par toute la surface cutanée. Cette exhalation est plus forte en certaines régions, joues, front, aisselle; elle parait plus forte a droite; elle augmente avec la température ambiante, le travail musculaire ou cérébral, la digestion; elle diminue avec l'humidité atmosphérique, la fatigue, durant la nuit. Janscn et Peipper admettent deux maximums, l'un vers midi, l'autre vers 8 beures du soir.
Chez les animaux inférieurs les échanges gazeux se font presque aussi activement par la peau que par les poumons. D'après les expériences de Regnault et Reiset, deux grenouilles intactes qui consommaient par kilo et par heure 0g,',076 d'oxygène, en absorbèrent encore 0sr055 après qu'elles eurent été privées de poumons. Dans un autre cas. on trouva 0er,103 d'oxygène disparu pour des grenouilles avec poumons, et 0gr066 pour celles sans poumons. Les quantités d'acide carbonique exhalées suivaient les mêmes variations. Chez ces animaux la respiralion cutanée est bien près de se confondre avec la pulmonaire; elle la supplée partiellement. Elle la remplace entièrement chez les êtres placés encore plus bas dans l'échelle animale; dénués à la fois de branchies et de poumons, ils ne respirent plus que par la peau.
La digestion transforme les substances alimentaires en matières absorbantes ou assimilables; absorbables, c'est-à-dire pouvant traverser [a muqueuse du tube digestif et pénétrer dans le sang; assimilables, c'est-à-dire directement utilisables par les tissus qui s'en nourrissent.
La digestion proprement dite commence dans la bouche, se continue dans l'estomac et se finit dans l'intestin