NATURE DE L'ACIDITÉ DU SUC GASTRIQUE
suc additionné de carbonate de chaux, bouilli et filtré. La différence des deux nombres obtenus représente L'acide dit libre ou du moins neutralisable par le carbonate de chaux (').
La méthode de Rabutcau consiste à transformer l'acide chlorhydrique du suc gastrique en chlorhydrate de quinine, en faisant macérer de l'hydrate de quinine dans le suc gastrique, à extraire par l'alcool amylique le chlorhydrate de quinine formé, et à doser le chlore de ce sel à l'état de chlorure d'argent par liqueur titrée (2).
Mathieu et Rémond (;|), pour déterminer les divers facteurs de l'acidité (gastrique, dosent premièrement l'acidité totale au moyen de soude titrée B1 de phénolphtaléïne ; dans cette acidité, ils distinguent l'acidité due «aux acides organiques, qu'ils séparent par l'éther, et l'acidité due aux i-combinaisons minérales, qu'ils obtiennent par différence. Ils évaporent ..ensuite au bain-marie une quantité nouvelle bien pesée de suc gastrique, cet dans le résidu ils déterminent de nouveau l'acidité minérale par les i mêmes procédés que précédemment. La différence des acidités totales .avant et après évaporation au bain-marie donne l'acidité des produits wolatils. Ces produits volatils comprennent eux-mêmes deux parties : les (Combinaisons organiques et l'acide chlorhydrique. On peut connaître la valeur acidimétrique des combinaisons organiques volatiles en retranichant l'une de l'autre les valeurs obtenues pour l'acidité organique avant et après l'évaporation. Cette valeur connue, le reste représente U'acide chlorhydrique volatilisé, c'est-à-dire libre.
Cette méthode, l'une des moins imparfaites, a toutefois comme la suivante un défaut que nous ferons connaître tout à l'heure.
Jlayem et Winter (4) se sont proposés de doser séparément le chlore l total T; le chlore à Vétat d'acide chlorhydrique H; le chlore faitblement combiné aux corps organiques C.
1° Pour doser T {chlore total), cinq centimètres cubes de liqueur .•sont séchés, calcinés modérément en présence d'une petite quantité de carbonate de soude, puis avec un peu d'acide nitrique et de carbonate :sodiquc en léger excès. On dose le chlore, dans le résidu, grâce à une liqueur titrée de nitrate d'argent en présence du chromatc de potasse;
2° Pour le dosage de H (chlore à Vétat d'acide I1C1 libre), on agit • comme dans le cas précédent, mais après avoir chassé au préalable
(') La méthode de Sjôsvist [Zeilsch. [■ physiolog. Chem., ch. xra, p. 1) qui emploie le carbonate de baryum et dose la baryte restée solublc dans les cendres n'est qu'une variante de la méthode de Jakscli [Maly's Jahresb. /'. th. Ch., 1889, p. 255).
(SJ La mélbodc de Cabn cl von Slering ne diffère de la méthode de Rabutcau que par la substitution de la cinclioninc à la quinine, et du chloroforme à l'alcool amylique [Jahresb. f. th. Chem., 1880, p. 243).
■ Comptes-rendus de la Société de biologie, X.WXII, p. 013 cl 005.
(kj Du chimisnte stomacal, Paris, 1891.
I acide chlorkydrique libre par évaporation complète du liquide au baiiw marie. La différence, des deux dosages 1" et "1" donne le chlore réponi dant à UC1 libre;
3° Pour le dosage de C (chlore combiné faiblement aux matière* pept (miscibles, aux acides amidés et à Vammoniaque, et exprimé en HC1), on agit comme au 2"; mais après évaporation du liquide, on calcine légèrement le résidu pour détruire les matières organiques et dissocies les combinaisons faibles de MCI . Le chlore restant après l'évaporatiofl (2°), diminué du chlore après calcination (3°) représente le chloré faiblement uni aux matières organiques.
4° Le chlore restant après calcination représente le chlore fixe pre$H que entièrement minéral.
Remarquons que dans cette méthode ingénieuse, qui rappelle celle de Schmidt, aussi bien que dans la précédente, on tend à augmenter // aux dépens de C, et à diminuer aussi C des quantités d'acide ehlorhydriquéj qui peuvent se fixer sur les matières minérales ou organiques pendanj la calcination.
Telles sont parmi les très nombreuses méthodes publiées, celles qui sont les plus rccommandables pour doser les divers facteurs de l'acidité du suc gastrique.
En résumé l'acidité libre mesurée par saturation de ce suc en présence des divers indicateurs, varie sensiblement avec chaque indicateur (tournesol, éosine, rouge congo, phénolphtaléine)... Elle varie aussi lorsqu'on prend comme mesure de cette acidité la quantité de quinine ou de cinchonine qui entre en solution dans ce suc pour se redissoudre ensuite dans l'alcool amylique ou dans le chloroforme.
D'ailleurs, cette acidité ainsi déterminée, aussi bien que l'acidité* volatile, n'est pas absolument imputable à de l'acide chlorhydrique libre, mais à toute combinaison instable de cet acide ayant même pouvoir acidifiant par rapport aux alcalis, et agissant comme s'il était libre en présence des divers indicateurs
Dans toutes les méthodes où l'on dose l'acidité volatile par différence après dessiccation du suc gastrique non saturé, on commet une double erreur : d'une part la réaction de l'acide chlorhydrique sur les phosphates alcalins et terreux fixe une partie de cet acide (erreur en moins sur l'appréciation de HC1 libre) ; de l'autre l'action des phosphates acidedu suc gastrique sur les chlorures fixes chasse une partie du chlore de ces chlorures à l'étal d'acide chlorhydrique (erreur en trop sur l'appréciation de ÏTC1 préexistant).
Enfin les sels ammoniacaux, en particulier le chlorure d ammonium du suc gastrique, sont dissociés durant la dessiccation, et le chlore correspondant est aussi perdu et dosé comme acide chlorhydrique libre.