‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 291 sur 467 · DÉTERMINATION DE L'ACIDITÉ MU SUC GASTRIQUE · texte numérisé non relu

DÉTERMINATION DE L'ACIDITÉ MU SUC GASTRIQUE

C'esi pour éviter ces émises d'erreur multiples que L'auteur de cet ouvrage emploie la méthode suivante :

Ou prend 5 centimètres cubes de sue gastrique ou du conlcnu stomacal filtré et l'on ajoute, à saturation exacte, en présence de phénolphtaléine de la soude titrée. La quantité qui en est nécessaire mesure l'acidité totale T. On dessèche et calcine légèrement celle liqueur et on détermine l'alcalinité finale des cendres. Elle est due aux sels des acides organiques primitivement libres qui eu se détruisant nul laissé du carbonate de soude. Cette alcalinité, calculée en acide chiorhydrique, donne l'acidité H correspondant aux acides organiques ('). T — B représente l'acidité d'origine minérale de ce suc.

D'autre part on verse trois fois 5 centimètres cubes exactement mesurés de ce même suc gastrique dans trois petites capsules. La première est sursaturée de sonde exemple de chlore, et dans le résidu légèrement calciné on close le chlore lolal (a). La seconde est directement et juste à point saturée de soude, puis calcinée comme la précédente. On y dose encore le chlore résiduel (b). La différence (a — b) de ces deux dosages donne le chlore volatilisé à l'état de sel ammoniac, etc. Enfin la troisième est évaporée telle quelle, rôtie au bain de sable vers 350°, puis le chlore restant c y est encore dosé. La différence (a — c) donne le chlore h l'état volatil (c'est-à-dire HCl-f-sel ammoniac -f- etc.) ; d'autre part (a — c) — (a — b), c'est-à-dire b — c donne le chlore volatilisé à l'état d'acide chiorhydrique. L'acidité minérale totale, T — B ci-dessus, diminuée de l'acidité due à l'acide chiorhydrique (b — c) ou T — B — b-+-c donne l'acidité minérale due aux phosphates et autres sels minéraux acides (2) :

Origine de l'acide chiorhydrique du suc gastrique. —

' Quelle est l'origine de l'acide chiorhydrique du suc normal? 11 paraît Kertain qu'il résulte de la décomposition du chlorure de sodium suivant un mécanisme inconnu qui fait passer proportionnellement de la soude ■ en excès dans le sang. De fait, le chlorure de sodium absorbé durant la

(') On n'a pas à craindre ici le départ des sels ammoniacaux qui ne change rien à l'alcalinité finale; ni les réactions des phosphates et autres sels acides qui sont salures de soude.

[-) Les méthodes de Seemann (Maly's Jahresb. /'. Th. Chem., 1882, p. 248), et celle |e von Mierzynski, ibid., 181)2, p. 278) ont été données pour doser et différencier ces divers Facteurs de l'acidité. Elles sont imparfaites, parce qu'elles ne tiennent pas compte de la volatilité et de la dissociation des sels : noniacaux, ni des doubles décompositions dues aux

lévaporalions des liqueurs acides complexes.

M. P. Laurenl a donné la méthode rapide suivante fondée sur ce fait qu'en présence d'alcool, les acides minéraux seuls décomposeraient le carbonate de chaux. On prend 5 ce. de suc gastrique, on ajoute 50 c. c. d'alcool neutre et absolu et on titre à la liqueur décinormale de soude avec la phtaléine du phénol. Soit n la soude employée. On refait la même opération sur 5 autres centimètres cubes après addition de carbonate de chaux; soit n' la nouvelle quantité de soude nécessaire. On a m-h'=HC1 libre. La valeur n' répond aux acides organiques. L'accord est presque complet avec les résultats fournis par la méthode .le Hayem et Win 1er.

A. Gautier, — Chimie biologique. 33

digeslion augmente l'acidité du sue gastrique; d'autre pari, les urines, acides lors du repos stomacal, deviennent neutres et quelquefois légèremenl alcalines au moment de la digestion démontranl ainsi la tendance \ de l'économie à se débarrasser de l'excès d'alcali mis eu liberté parla sécrétion acide de l'estomac. Le sel marin du sang paraît donc décomposé dans les glandes gastriques suivant l'équation :

NaCl + ]lJ-0 = NaOH + <:ilI;

mais l'agent direct de cette décomposition nous échappe. Maly pense qu'il n'est autre que l'acide lactique; Landwehr admet que la niucine qui baigne les glandes gastriques est dédoublée par un ferment spécial j au moment de l'activité stomacale, d'où résulterait un hydrate de carbone, la gomme animale, qui se décomposerait en donnant de I acide | lactique; celui-ci, en agissant à son tour sur NaCl, formerait de l'acide chlorhydrique et du lactate de soude. En fait, Drechsel parait avoir démontré que le sang s'enrichit en acide lactique pendant la digestion. D'autres auteurs considèrent que le chlorure de sodium du plasma sanguin est dissocié en très minime partie en soude et acide chlorbydrique; ils imaginent que la muqueuse gastrique possède la propriété d'éliminer tout particulièrement du plasma cet acide chlorhydrique libre, qui se reforme au fur et à mesure de son élimination par l'estomac.

Variation, suivant les aliments, des produits sécrétés par l'estomac. — Si l'on fait ingérer à un homme sain du blanc d'œuf coagulé, on ne trouve dans son estomac qu'un seul acide, l'acide • chlorhydrique. Il apparaît au bout de 10 minutes, augmente quelque I temps et décroît ensuite. Le maximum d'acidité est atteint au bout de 30 à 45 minutes et la digestion est terminée après 60 à 90 minutes. . L'acide chlorhydrique reste combiné aux albuminoïdes, et la pepsine i croit et décroit généralement comme lui.

L'ingestion d'empois d'amidon provoque la sécrétion du même suc gastrique ; il apparaît aussi après 10 minutes. Pendant quelque temps la ptyalinc continue à transformer l'amidon, mais son activité disparaît î dès que l'acidité de la liqueur s'élève même à 1 pour 10 000 [Nylen; Boas; Ewald). Avec l'amidon ou le sucre on n'extrait de l'estomac, après 1 heure, que des traces (2 pour 10000) d'acide lactique.

A la suite d'un repas mixte de viande et de pain, ou de pain seulement, on ne trouve durant les premières heures (pie de 1 acide sarcolactique. Au bout d'une heure environ l'acide chlorhydrique apparaît et l'acide lactique tend a disparaître. Après G0 à 90 minutes la quantité, d'acide chlorhydrique est à son maximum; il reste ensuite seul ou presque seul jusqu'à la lin {Ewald). Rosenheim a trouvé que pour un repas de 50 gr. de pain et 150 gr. d'eau, l'estomac contient au bout d'un

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