RECHERCHE ET DOSAGE DES ALBUMINOÏDES
Recherche des albumines (Albumines et cjlobnlines) . — 1° Epreuve de Vébullition. — L'urine étant filtrée, si sa réaction est acide, on peut immédiatement la porter à 100°; si sa réaction est neutre ou alcaline, on doit aciduler très légèrement la liqueur par l'acide acé- I tique et faire bouillir. Les urines albumineuscs donnent un coagulum, uni louche, ou une opalescence suivant leur richesse en albumines.
Un procédé plus sur consiste à ajouter à l'urine la moitié de son vol. i d'une solution saturée de sulfate de magnésie; en acidulant par l'acide acét tique, l'albumine se précipite en partie à froid, et mieux encore à 100°.
2° Epreuve par V acide nitrique. — Dans un verre à expérience on verse un peu d'acide nitrique étendu, et par-dessus, en évitant de la mélanger, quelques centimètres cubes de 1 urine à examiner. Si cette urine est albumineuse, il se produit un anneau blanchâtre d'albumine précipitée au niveau de la couche de séparation des deux liquides ('). 3° Epreuve par le ferrocyanure de potassium et l'acide acétique.
lj Los urines très riches en urates peuvent donner dans ces conditions un anneau d'acide urique : mais ce précipité ne se forme plus si l'on répète l'essai après avoir dilué l'urine ' de '2 volumes d'eau .
— Une urine albumiiieuse précipite ou se trouble lorsque, après l'avoii acidulée d'environ 2 pour 100 d'acide acétique, on \ verse goutte k «outte une solution de ferrocyanure de potassium à 5 ou 10 pour 100,
j" Procédé à Vacide picrique. - - Un ! procédé qualitatif csl
celui d'Esbach. Son réactif contienl par litre: Eau !)()(); Acide /ticriawcristallisé 8er.5; Acide acétique, à loin de densité, I (Kl cent, cubes, On ajoute I à 2 cent, cultes de celle liqueur à 2 nu 3 cent, cubes d'urine el l'on chauffe modérément. Cette méthode esl d'une grande sensibilité même à froid : elle indique l'albumine par un trouble là où l'acide nitrique employé avec précaution peut n'en pas déceler.
5° Procédé à Viodomercurate. — On peut encore se servir du réactif de Tanret (32°'', 3 d'induré de potassium,', 13er,5 de sublimé; 200 cent. cub. d'acide acétique cristallisable ; Eau Q. S. pour faire un litre). On en verse un excès dans l'urine : s'il se forme un précipité qui ne se dissout ni par addition d'eau (qui dissoudrait l'acide urique précipité dans les urines riches en urates), ni par addition d'alcool, ni par agitation avec de l'éther, c'esl que l'urine contienl de l'albumine.
Dosage des albumines (*). — 1° Pesées. — Pour l'albumine totale [serine et globuline) le meilleur procédé consiste à ajouter à 50 ou 100 cent, cubes d'urine (suivant sa richesse en albumine), la moitié ou le quart de son volume d'une solution saturée de sulfate de magnésie, d'aciduler par l'acide acétique et de portera l'ébullition. On laisse déposer et l'on recueille sur un filtre sans plis le précipité formé; on le lave successivement à l'eau, à l'alcool el à l'éther. Grâce à ces deux derniers agents, le coagulum se contracte si bien en un caillot unique qu'on peut l'enlever très exactement du papier avec une pince, le placer sur un verre de montre taré, le sécher à 110° et le peser sec.
2° Liqueurs titrées. — On peut aussi recourir aux méthodes moins sûres des liqueurs titrées. La liqueur de Tanret est formée de :
lodure de potassium, 3a«r2. — Sublime, i3,5. — Eau distillée Q. S. pour faire i litre.
On mesure 10 cent. cub. d'urine. On prend d'autre part un compte^ gouttes normal donnant des gouttes de 5 centigrammes ou 20 gouttes au centimètre cube, et l'on verse peu à peu le réactif précédent dans les 10 cent. cub. d'urine acidulés; lorsque le précipité qui se forme ne se redissout plus dans l'urine, on essaye sur une assiette de porcelaine une goutte du mélange avec une. goutte d'une liqueur témoin con-
(M Un procédé approximatif pour juger la quantité d'albumine consisterait, suivant Rûnncberg, à appliquer la formule A =3/8(1) — 1000) — 2,8 où A indique le pouls cherche d al-
bumine, en grammes et. par litre, el D la densité de l'urine exprm* n grammes, ou
le poids par litre. On ne ferait ainsi qu'une erreur de 1/1000= sur la quanUté totale. Nous ne donnons ce procédé que sons les plus expresses réserves.
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sistant en une solution de sublimé au 100°. Si toute l'albumine urinante ;i été précipitée, le témoin donne avec une goutte du mélange un précipité d'iodure rouge de mercure. On déduit alors 3 gouttes <ln nombre de celles qui ont été employées (ces trois poulies correspondent à un excès de liqueur titrante nécessaire pour que la réaction finale devienne sensible) et l'on calcule enfin la quantité d'albumine sachant que chaque goutte du réactif correspond à 0gl',005 d'albumine sèche.
On a souvent recours pour les appréciations rapides ou cliniques au procédé d'Esbach : dans un tube gradué spécial on verse jusqu'à un premier trait l'urine acidulée par l'acide acétique; puis, jusqu'à un second, le réactif d'Esbach (solution aqueuse contenant '2 pour 100 d'acide citrique et 1 pour 100 d'acide picrique) : on mélange bien, et on abandonne au repos pendant 24 h. Une graduation spéciale du tube donne, suivant la hauteur du précipité, la quantité d'albumine approximative.
Dosages séparés de l'albumine et de la globuline. —
b urine est additionnée de sulfate de magnésie en cristaux, jusqu'à saturation à la température du laboratoire : la globuline est précipitée: l'albumine reste en solution. On jette sur un filtre taré, on lave le précipité avec une solution saturée de sulfate de magnésie; on porte le filtre à une température de 110° : la globuline précipitée est ainsi coagulée. On lave alors sur le filtre avec de l'eau distillée pour enlever la totalité du sulfate de magnésie retenu par le précipité; on dessèche le résidu et on le pèse, on obtient ainsi le poids de la globuline. Le filtratum saturé de sulfate de magnésie est acidulé d'acide acétique et porté à l'ébullition : l'albumine se coagule : on jette sur un filtre taré; on lave pour enlever les sels, on dessèche et on pèse. Le poids correspond à l'albumine.
On peut encore saturer l'urine de sulfate d'ammoniaque et porter à 100° : l'albumine et la globuline sont coagulées : on jette sur un filtre taré, on lave pour enlever les sels, on dessèche et pèse; on obtient ainsi le poids des substances albuminoïdes coagulables totales. En retranchant le poids de globuline précédemment trouvé, on a celui de l'albumine.
Recherche des protéoses. — Avant de procéder à la recherche des protéoses si l'urine contient des substances albuminoïdes coagulables, il faut s'en débarrasser en portant à l'ébullition l'urine acidulée par l'acide acétique, et séparant le coagulum par le filtre.
Le fillraturn donne-t-il la réaction du biuret, l'urine peut renfermer des protéoses. four les doser Devoto salure l'urine de sulfate d'ammoniaque, porte à l'ébullition et filtre. Le précipité contient les substances albuminoïdes coagulables et les protéosés. Le liltratum contient les peptones qu'on y mettra en évidence par la réaction du biuret. Le précipité
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resté sur le filtre est lavé avec une solution saturée de sulfate d'ammoniaque el repris par l'eau. Elle dissout les protéoses qu'on mel en évi< dence dans cette liqueur aqueuse : 1" par lu réaction du biuret; 1" par les trois réactions protéosiques (p. 137). Si les protéoses sont un peu abondantes, on les dosera en dialysant leur solution tant qu'il passe de l'acide sulfurique, puis évaporant les liqueurs, séchant el pesant.
Séparation de la mucine. — On la précipite en faisanl bouillir un instant l'urine avec 1/20° de son volume d'acide acétique, puis Lisant se former le dépôt à froid. On décante de temps à autre en remplaçant la partie, claire par de l'eau acidulée, et l'on ajoute finalement de l'alcool avec un peu d'acide acétique qui fait contracter la mucine et permet de la jeter sur un filtre et de la laver finalement à Péther; on la pèse après dessiccation. S'il s'agissait de débarrasser une urine de toute sa mucine, il faudrait la précipiter par le sous-acétate de plomb.
Recherche du sang; de l'hémoglobine. Le procédé le plus simple pour reconnaître le sang dans une urine consiste dans l'emploi du spectroscope (p. 364). D'après Salkowski, l'urine sanguinolente présente les deux bandes caractéristiques de l'oxyhémoglobine, avec ou sans celles de la méthémoglobine. Quant à la bande de l'héma* line elle résulte toujours de l'action des réactifs.
Lorsqu'on chauffe à l'ébullition une urine neutre ou légèrement acide contenant du sang, on obtient un précipité d'albumine et d'bémaline. Si l'on ajoute à chaud de la soude ou de la potasse, le liquide se clarifie, présente une teinte verdàtrc quand on l'examine en couche mince, et dépose un précipité rougeâtre avec teinte verte si on le regarde sous une incidence convenable. Ce précipité séparé par filtration peut servir à essayer la réaction des cristaux d'hémine (p. 371).
Pour distinguer dans l'urine l'hémoglobine, la méthémoglobine et les pigments biliaires qu'elle peut contenir, Neubauer conseille de séparer le pigment biliaire en ajoutant à l'urine un peu d'ammoniaque el de chlorure calcique, et, après filtration, de précipiter la méthémoglobine par le sous-acétate de plomb : l'hémoglobine reste dans la liqueur. On extrait, la méthémoglobine en traitant par le carbonate de sodium le précipité formé par le sous-acétate plombique.