RECHERCHE ET DOSAGE DES MATIÈRES SUCRÉES ET DEXTRINIQUES
On peut trouver dans les urines pathologiques la glycose, la lévulose, la lactose, l'inosite, la dextrine, la gomme :
Glycose. — Les diverses méthodes de dosage de cette substance : réactif cupro-potassique, réaction de Knapp, fermentation alcoolique, réactif au sous-nitrate de bismuth, etc., servent aussi à reconnaître la glycose. Nous ne nous étendrons donc pas sur ces procédés qualitatifs.
(') Thèse de Mlle G. Chopin, Paris, 1889.
DOSAGE DES MATIÈRES SUCRÉES. 655 Quand il Y a très pou de glycose dans une urine ou dans une humeur froins de 3 à3 pour 1000), sa recherche est difficile. Voie, comment Ibelèsa pu démontrer la présence de très faibles proportions de glycose lans les urines normales : 20 litres d'urine sont concentrés au tiers a basse température et précipités par un petit excès d'acétate basique |e plomb. On filtre, on réduit encore de moitié et l'on ajoute un petit excès d'ammoniaque. Le précipité qui se forme, lavé et séché au ham- Uparie, est broyé avec de l'acide sulfurique au dixième. L'excès d'acide sulfurique est précipité par L'acétate neutre de plomb; après filtration, le plomb est enlevé parlPS. Le liquide filtré est distillé à la I rompe sous faible pression tant qu'il contient de l'acide acétique. On peut alors caractériser la glycose dans la liqueur où on l'a ainsi concentrée.
Diverses méthodes permettent de doser la glycose urinaire : 1° le polarimètre ou le saccharimètre, 2° la fermentation, 3° les procédés chimiques.
(a) Polarimètre. — 11 serait trop long ici de décrire les divers saccharimetres. Après avoir décoloré l'urine par du sous-acétate de plomb et filtré (on tient compte de la dilution), on la verse dans le tube de l'appareil et on mesure la déviation. Nous nous bornerons à dire qu'avec les saccharimètres français de Soleil et de Laurent, il suffit, lorsqu'on emploie le tube de 2 décimètres, de multiplier le degré observé par 2,222, pour avoir la quantité de glycose par litre de solution employée. Si le tube à travers lequel on observe est de 1 décimètre, on multipliera le degré par le double de ce coefficient.
Avec les meilleurs instruments, on ne saurait reconnaître ainsi avec certitude moins de 3 grammes de glycose au litre.
Si les urines sont albumineuses en même temps que sucrées, il faut au préalable coaguler l'albumine en les portant à l'ébullition en présence d'un peu d'acide acétique et de chlorure de calcium.
Lorsqu'elles contiennent de l'inosite, la méthode est infidèle à moins L'on n'évapore les urines à siccité et qu'on n'extraie la glycose par de l'alcool a 85° centésimaux qui laisse l'inosite dans le résidu.
(b) Fermentation. — Antwciler et Breidenbend ont proposé pour rendre la fermentation rapide et complète, d'opérer comme il suit : on [joute à 100 cent, cubes d'urine sucrée 2 gr. de sel de Seignette, 2 gr. dépotasse et 5 gr. de levure de bière fraîche. On laisse fermenter a 30°. Au bout de 6 heures tout le sucre a disparu. On distille la liqueur cl on m prend le titre alcoolique. On peut aussi doser par perte l'acide carbonique produit pendant la fermentation en faisant passer les gaz à lia vers un tube à ponce sulfurique ou une fiole B (fig. 85) à demi remplie de cet acide qui arrête les vapeurs d'eau et d'alcool. On doit à la fin
l'aire circuler un courant d'airà travers toui l'appareil pour chasser le «ai carbonique restant. Le poids perdu multiplié pur 2,045 donne celui
de la glycose primitive.
(c) Réactif cupropotassique. La méthode la plus généralement em] ployée pour reconnaître ou doser il sucre consiste dans l'emploi du réactif cupropotassique (Liqueur de Bal reswill, de Fehling, de Fromherzi etc.). On prépare cette liqueur de la Façon suivante : on dissout 200 gr. de sel de Seignette (tartrate sodico-potad sique) dans 200 grammes d'eau et on ajoute 300 gr. de lessive de soude ;ï 24°Bé. On fait d autre part dissoudre 34gr,6 de sulfate de cuivre, purifié par deux cristallisations et séché à l'air ambiant, dans 200 gr. d'eau, et l'on verse peu à peu celte solution dans la première. On ajoute enfin de l'eau distillée jusqu'à obtenir un litre. Un cent, cube de celle liqueJ est réduit et décoloré à l'ébullition par 0gr,005 de glucose (').
L'hydrate jaune d'oxydulc, ou l'oxyde anhydre de couleur rouge cuivre qui se précipite à chaud, permettent de caractériser facilement le sucre dans les liqueurs aqueuses qui en contiennent à peine 1 pour 1 000. Maisi dans les urines il arrive souvent que loxydule formé se précipite mai ou ne donne qu'un liquide trouble, jaune verdàtre et dichroïque. Dans ces cas, la détermination peut être douteuse, même pour des urines contenant 10 gr. de sucre au litre. Il convient de précipiter d'abord cei urines par le sous-acélale de plomb, d'enlever l'excès de plomb par l'acide sulfurique el, après avoir neutralisé la liqueur et filtré, de recourir seulement alors au réactif cupropotassique (s).
Pour faire un dosage, on mesure exactement à la pipette graduée 10 cent. cub. de réactif cupropotassique, que l'on place dans une petite capsule de porcelaine et qu'on étend de 30 cent. cub. d'eau. L'urine à doser, elle-même étendue, en mesurant exactement, de h à 1(1 volumes
(') Ou peut garder séparément les deux dissolutions propres à former le réactif, el ne les mélanger que lorsqu'on veut en faire usage. On évite ainsi L'altération de la liqueur.
(-) On n'enlève pas ainsi la créatiuino, l'une des substances qui maintiennent loxydule en dissolution. Dans les cas exceptionnels, on pourrait traiter le- urines acidifiées par l'acide phosphomolybdique qui précipite la créatininc el la majeure partie des matières extraclives, priver la liqueur d'acide phosphomolybdique parmi lait de chaux, sécher el suivre la méthode «-dessus. La défécation par le sous-acétate est indispensable -i les malades onl été chlornlormes, ont pris du chloral, de la térébenthine, du copahu, de la rhubarbe.