ROLE DE L'EAU. TU
semaines à arriver à son état limite stable. Il a aussi observe que, dans certains eus, la lumière bâte ces dissociations. Les phosphates alcalins, celui de soude en particulier, sont presque entièrement dissociés dans les solutions étendues (').
Les plasmas intercellulaircs et intracellulaires de l'animal ou du végétal sont, jusqu'à un certain point, des solutions étendues de sels et de matériaux organiques divers qui se modifient sans cesse suivant les lois qui résultent du pouvoir osmotique de chacune de ces substances, de la quantité relative des principes qui sont au dehors et au dedans de chaque cellule, de la structure des membranes dialysantes, etc. Des associations diverses d'eau, d'acide carbonique, de sels, de matières albuminoïdes. d'amides, de sucres, rie gaz, etc., se produisent ainsi en chaque tissu. En partie dissociées par la dilution, et jusqu'à un certain point dans un état comparable à celui où les mettraient les hautes températures de nos laboratoires, ces substances tendent à réagir, suivant leur nature et leurs proportions que modifient en chaque point les phénomènes osmotiques, et à former des combinaisons nouvelles différentes en chaque cas.
C'est en partie grâce à cette tendance à la dissociation et à l'union de l'eau ambiante aux divers membres dans lesquels la molécule tend ainsi à se dédoubler par dilution, qu'apparaissent dans les cellules animales les dérivés plus ou moins directs des albuminoïdes : protéoses, amides et acides amidés divers dérivés des albuminoïdes; acides gras dus à l'hydratation des graisses; dans les cellules des glandes gastriques, acide chlorhydriquc emprunté sans doute à la dissociation du chlorure de potassium que nous avons dit se charger, en se diluant dans l'eau, d'une grande quantité d'énergie, etc. Nous verrons plus loin que ces dédoublements avec hydratation sont grandement favorisés par l'action de certains ferments solubles.
L'eau est en chaque tissu comprise entre des limites en dehors desquelles la vie est impossible. Les animaux- que l'on sèche lentement tombent en état de vie latente ou plutôt de non fonctionnement. Il en est de même de ceux qui sont placés dans l'eau à 200 ou 300 atmosphères. Dans ce second cas, les tissus absorbent beaucoup d'eau et l'animal meurt rapidement dans un état où tout fonctionnement des tissus est impossible (Regnard). Les muscles et les nerfs surtout s'imprègnent d'eau. Le globule rouge placé dans le plasma sanguin à 700 atmosphères, perd 20 pour 100 de sa capacité respiratoire.
Enfin nous savons que dans l'état de vie, les tissus et les humeurs sont en état d'équilibre osmotique, c'est-à-dire que pour le même
(l) D. liertliclot, Comf1, rend., t. CXIII, p. 851. A. Gautier. — Chimie biologique.
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volume ils contiennent le même nombre de molécules dissoutes dans leurs plasmas. Cette force osmotique qui tend à l'aire passer l'eau des plasmas vers les tissus, el réciproquement, équivaut en poids à 08r,9d de sel marin dissous dans 100 grammes d'eau f1). Lors doue que, dans une ccllule, une molécule est, par le Fait de la dénutrition, transformée en molécules plus petites par oxydation, hydrations ou dédoublements, il l'iiul ou qu'une nouvelle quantité d'eau s'introduise dans la cellule, ou que certains de ces produits de dénutrition passent dans les humeurs extracellulaires et soient dès lors rejelés hors l'économie avec une quantité proportionnelle d'eau. De là naît la nécessité des boissons aqueuses et le sentiment de la soif qui nous en avertit (*).